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  • Archives
  • Le Refus global d’une société figée

    Jacquette du manifeste Refus global publié le 9 août 1948.
    Il y a 70 ans, la publication du manifeste « Refus global » annonçait l'entrée du Québec dans la modernité. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Il y a 70 ans, le 9 août 1948, éclate un coup de tonnerre dans le ciel immuablement gris de la société québécoise de l'époque. Nos archives rappellent pourquoi et comment un manifeste signé par une quinzaine d'artistes annonce l'entrée du Québec dans la modernité.

    Une tempête se lève dans la librairie Tranquille

    Le 9 août 1948 apparaît sur les présentoirs de la librairie d’Henri Tranquille, sise rue Sainte-Catherine à Montréal, une brochure de quelques feuillets tirée à 400 exemplaires et signée par une quinzaine d’artistes.

    Illustré par le peintre Jean-Paul Riopelle, cet ouvrage porte le titre Refus global.

    Le contenu est explosif. Dans ses pages se retrouve une dénonciation en règle de l’immobilisme et de l’idéologie conservatrice qui domine la société québécoise.

    Les signataires, menés par le peintre Paul-Émile Borduas, exhortent les Québécois (on parlait de Canadiens français à l’époque), à briser ce carcan.

    Le règne de la peur multiforme est terminé. Dans le fol espoir d’en effacer le souvenir, je les énumère : […] Peur de soi – de son frère – de la pauvreté; peur de l’ordre établi, de la ridicule justice […]; peur bleue – peur rouge – peur blanche : maillons de notre chaîne. […]

    Paul-Émile Borduas, Refus global

    L'extrait du manifeste donne une idée de son ton.

    Un manifeste qui rejette le Québec traditionnel

    Les 400 exemplaires s’envolent dès leur publication chez le libraire Tranquille.

    Plusieurs lecteurs, en découvrant ses lignes, approuvent l’analyse que proposent les pamphlétaires de la situation sclérosée du Québec. Le Refus global dit tout haut ce que l’on pense tout bas mais qu’on n'ose dénoncer.

    Au fil des mois, des dizaines d’articles sont écrits pour appuyer ou critiquer le contenu de la publication.

    En 1978, il y a 30 ans que le Refus global a été publié. L’émission Ce soir animée par Gérard-Marie Boivin présente le 10 novembre 1978, une analyse des origines et de l’impact de sa publication que propose le journaliste Pierre Devroede.

    L’historien de l’art François-Marc Gagnon place le manifeste dans son contexte de la fin des années 1940.

    Borduas est l’auteur de la préface qui porte ce nom-là, le Refus global. Un manifeste qui, au fond, remet beaucoup en question toute l’époque au Québec. C’était le régime Duplessis. C’était une époque où l’Église [catholique] est très présente et très oppressive aussi sur les consciences. C’était donc une dénonciation de tous ces schémas d’oppression.

    François-Marc Gagnon,

    Des entrevues avec des signataires du manifeste Refus global, Marcelle Ferron et Marcel Barbeau, font partie du reportage. Nous y apprenons de la bouche même des principaux acteurs de cette histoire pourquoi ils ont senti le besoin de s’exprimer.

    La publication du Refus global est un événement clé pour comprendre le Québec moderne.

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