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Aménager les rives pour protéger la rivière Bonaventure

Des canoteurs sur la Bonaventure
La rivière Bonaventure Photo: Radio-Canada / Radio-Canada/Léa Beauchesne

Le projet Opération Rives est enclenché à Bonaventure afin de restaurer la végétation naturelle qui borde la rivière et la protéger des indésirables, notamment une algue brunâtre et visqueuse.

Un texte de Catherine Poisson, d'après les informations de Léa Beauchesne

La Ville de Bonaventure a mandaté le Conseil de l'Eau Gaspésie Sud afin de mener ce projet qui s'échelonnera sur trois ans.

L'objectif est d'accompagner les propriétaires riverains de la rivière Bonaventure à aménager et protéger leur bande riveraine, explique la directrice de l'organisme, Emmanuelle Vallières-Léveillé.

Les propriétaires riverains sont rencontrés individuellement et invités à revégétaliser la rive.

On fait des visites personnalisées de chaque site et on émet des recommandations en fonction des caractéristiques du terrain, précise Mme Vallières-Léveillé.

Une bande riveraine en santé peut filtrer les contaminants et garder l'eau un peu plus fraîche aussi, ce qui est bien pour les saumons.

Emmanuelle Vallières-Léveillé, directrice du Conseil de l'Eau Gaspésie Sud

Selon la directrice, une bande riveraine optimale est garnie d'une végétation naturelle dense et variée qui comprend des arbres, des arbustes et des herbes.

Un schéma montre une rivière bordée d'arbustes et d'arbres.Une bande riveraine en santé est couverte d'une végétation naturelle dense et variée. Photo : Conseil de l'Eau Gaspésie Sud

Les arbres et arbustes sont là plus pour stabiliser notre bord de rivière. Les herbes viennent freiner la migration de particules de sol vers la rivière qui peuvent colmater les frayères à saumon et étouffer les oeufs, précise la biologiste et chargée de projet pour le Conseil de l'Eau Gaspésie Sud, Julie Leblanc.

Jusqu'à maintenant, la directrice de l'organisme estime que le projet est bien accueilli par la population.

Ça se passe super bien, les propriétaires nous réservent un bel accueil et sont très contents qu'on se déplace pour les accompagner, constate Mme Vallières-Léveillé.

Des conséquences visibles

Bien que la qualité de l'eau de la rivière Bonaventure soit encore excellente, les conséquences de l'occupation des rives se font sentir, selon la biologiste.

Avec ce qu'on voit comme phénomène de prolifération d'algues depuis quelques années, ça nous donne un indice que la qualité est affectée, observe-t-elle.

Beaucoup de personnes nous disent que la rivière a changé, que c'est un peu moins beau. Le fond est brunâtre, ce qui n'était pas le cas il y a quelques années.

Julie Leblanc, biologiste et chargée de projet pour le Conseil de l'Eau Gaspésie Sud

La responsable de cette coloration est une algue qui prolifère depuis quelques années dans le fond de la rivière Bonaventure.

C'est une algue qui est visqueuse, assez épaisse, qui enrobe les roches et qui est très glissante. On la voit sur plus de 10 kilomètres et sa plus grande concentration est en secteur habité, souligne Mme Leblanc.

Une substance épaisse recouvre les roches dans le fond de la rivière.Le périphyton, une algue brunâtre, prolifère dans le fond de la rivière Bonaventure. Photo : Conseil de l'Eau Gaspésie Sud

Selon la biologiste, l'occupation des rives par les humains, les installations sanitaires déficientes de plusieurs résidences et les changements climatiques sont tous en partie coupables de ces changements.

Les algues prolifèrent lorsqu'il y a du phosphore et de l'azote dans l'eau, des éléments qui viennent des eaux usées ou des terres agricoles, précise-t-elle.

Un règlement souvent ignoré

Bien que la Ville de Bonaventure dispose d'un règlement encadrant les installations sanitaires, le Conseil de l'Eau Gaspésie Sud constate que bon nombre de ces installations ne s'y conforment pas.

On n'a pas l'inventaire du nombre d'installations non conformes, on va s'attaquer à ça vers la fin du projet, en 2020.

Roch Audet, maire de Bonaventure

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, explique que des constats d'infraction sont remis lorsque des installations non conformes sont signalées à la Ville. Il admet toutefois que la Municipalité n'a pas les ressources pour s'assurer que le règlement soit respecté par tous les résidents.

On n'a pas d'inspecteur municipal, mais les règlements sont là pour être appliqués. On ne souhaite pas en venir à la coercition, mais on s'attend à devoir le faire et à ce moment-là on veut avoir un plan d'action pour donner aux gens tous les outils pour corriger les situations, précise-t-il.

M. Audet souligne également que certaines personnes s'installent sur les rives et y construisent leur résidence sans avoir d'abord obtenu de permis auprès de la Ville, ce qui contribue au problème.

Une séance d'information sera organisée à l'automne pour sensibiliser la population de Bonaventure aux mesures à prendre afin de préserver la rivière.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Protection des écosystèmes