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Plus de la moitié des drogues qui circulent à Ottawa contiennent du fentanyl

De la drogue, une seringue et une cuillère.

Différents types de drogues

Photo : iStock / FotoMaximum

CBC
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus de la moitié des drogues apportées et analysées le mois dernier au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, qui abrite un centre d'injection supervisée, contiennent du fentanyl ou du carfentanyl. Des résultats jugés « alarmants » pour le directeur du Centre, Rob Boyd.

Le personnel du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable utilise un spectromètre de masse portatif - pouvant tenir sur un bureau - pour analyser des quantités infimes de drogues avant que les clients ne les ingèrent.

La machine, dont le prix s'élève à 160 000 $, peut détecter avec précision les produits chimiques potentiellement mortels en quelques secondes.

Rappelons que les usagers du centre d'injection supervisée peuvent apporter leurs drogues, sans être l'objet de jugement.

Les employés du centre ont testé plusieurs échantillons de ce qu'ils croyaient être de l'héroïne en juillet. Les 16 échantillons testés contenaient tous une part de fentanyl et 5 d'entre eux ne contenaient que du fentanyl.

Dans d'autres drogues dont on pouvait penser qu'il s'agissait de cocaïne et de méthamphétamine, ils ont aussi retrouvé du fentanyl.

Les résultats de ces analyses inquiètent le directeur du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, Rob Boyd.

« Je crois que la crise des opioïdes ne fait que s'intensifier », assure M. Boyd.

Un homme dans un centre de santé communautaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les résultats de ces analyses inquiètent le directeur du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, Rob Boyd.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills/CBC

Prise de conscience

Il espère qu'en rendant publics chaque mois les résultats d'analyse, les agents de santé et les usagers des centres de santé prendront conscience des risques de surdose.

D'habitude, les personnes qui fument du crack ne pensent pas qu'ils pourraient faire une surdose.

Rob Boyd, directeur du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable

C'est Wondu Gebeyehu, étudiant de 19 ans en chimie de l'Université Carleton, qui a été en grande partie responsable d'analyser les drogues apportées par les usagers du centre.

« C'est choquant de voir la fréquence à laquelle ces dangereux opiacés ont été mis dans ces drogues », réagit-il.

Un étudiant dans une salle d'un centre de santé communautaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Wondu Gebeyehu a analysé les drogues apportées par les usagers du centre.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills/CBC

En parlant avec les personnes dont il teste les drogues, il a constaté que, parfois, la consommation de fentanyl est totalement normalisée.

Certains acceptent les résultats avec un haussement d'épaules, d'autres sont choqués de voir que leur revendeur de longue date leur a fourni quelque chose de potentiellement mortel. D'autres ont trouvé les résultats de ces tests si décevants qu’ils ont demandé à être orientés vers des programmes de réadaptation ou à rencontrer un médecin pour suivre des traitements.

« Souvent, la présence de fentanyl n’empêchera pas une personne de consommer de la drogue qu'elle s'est [procurée] », conclut-il.

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