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Des communautés anishnabes en marche vers la prise en charge des services sociaux

La cheffe de Lac-Simon, Adrienne Jérôme

La cheffe de Lac-Simon, Adrienne Jérôme

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Des communautés anishnabes de l'Abitibi-Témiscamingue ont entamé des démarches afin de prendre le contrôle de certains services sociaux, dont la protection de la jeunesse. Des discussions sont en cours avec le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) et un poste de coordonnateur a été ouvert.

Avec les informations de Thomas Deshaies

De plus en plus de communautés souhaitent administrer elles-mêmes leurs services sociaux pour que ceux-ci soient mieux adaptés culturellement aux besoins de leurs membres. De nombreux témoins ont déploré lors des audiences de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics que des enfants soient placés dans des familles allochtones et « assimilées » culturellement.

La cheffe de Lac-Simon, Adrienne Jérôme, a entamé des démarches, dont l'embauche d'un coordonnateur, en collaboration avec les communautés de Pikogan, Kitcisakik et Long point. « Le coordonnateur va voir les besoins de chaque communauté pour déterminer comment vont se faire les services sociaux dans les communautés, explique-t-elle. On y va souvent par le mode holistique. »

Le chef de Pikogan, David Kistabish, explique que cette démarche répond à la volonté populaire. « C'est une demande qui vient de la communauté, qui est discutée dans plusieurs assemblées. On veut effectivement prendre ce virage », souligne-t-il.

Un appui de la DPJ

Le directeur de la Direction de la protection de la jeunesse pour l'Abitibi-Témiscamingue, Philippe Gagné, soutient la démarche des communautés anishnabes. « J'ai toujours manifesté mon ouverture à cet effet, mentionne-t-il. Qu'il y ait un coordonnateur, je reçois cela comme une très bonne nouvelle. Ça s'inscrit dans une démarche sérieuse d'étape menant à un transfert des responsabilités des services de protection de jeunesse dans la communauté. »

Philippe Gagné explique cependant que le transfert des pouvoirs pourrait se faire de manière progressive, comme cela a été le cas avec les Attikameks en janvier dernier.

L'article 37.5 sur la Loi de la protection de la jeunesse permet à une communauté ou un regroupement de communautés d'être responsables de l'offre de services de la protection de la jeunesse sur son territoire après une négociation avec le gouvernement.

Pour l'instant, la DPJ participe notamment à des sessions de travail avec le conseil de Lac-Simon pour s'adapter aux besoins de ses membres. « Comment offrir les services de manière à ce que ce soit plus rassurant pour eux, d'avoir des balises plus acceptables », explique M. Gagné.

D'autres communautés envisagent de se joindre au mouvement

L'agent d'information pour le Conseil tribal de la nation algonquine anishnabeg, Georges Lafontaine, affirme que plusieurs autres communautés pourraient se joindre à la démarche. « On veut inciter les communautés à se greffer à ce projet qui est déjà en marche pour vraiment créer une organisation qui regroupe l'ensemble de la nation algonquine », explique-t-il.

Il estime que cette collaboration permettra de répondre adéquatement à l'ampleur de la tâche. « Les jeunes des communautés, on les plaçait dans des familles non autochtones, ce qui faisait qu'au fil du temps ces jeunes perdaient leur culture, leur lien avec leurs traditions, et en regroupant nos communautés ensemble, ce qui fait un bassin beaucoup plus grand de familles qui puissent accueillir ces jeunes et donc maintenir le lien avec la culture la langue et la tradition », souligne-t-il.

Le gouvernement et les communautés ont compris qu'il faut une approche différente, qui ne soit pas celle des étrangers, mais celle des communautés envers leurs problèmes. Le potentiel de succès est beaucoup plus important.

Georges Lafontaine, agent d'information, Conseil tribal de la nation algonquine anishnabeg

Services sociaux Minokin

Ce ne serait pas la première fois que les anishinabes administrent certains services sociaux. De 1996 à 2002, les Services sociaux Minokin, dispensaient des services dans trois communautés, soit celle de Lac-Simon, de Pikogan et de Kitcisakik. La structure avait été démantelée, faute de financement approprié, selon les élus autochtones de l'époque.

Cette démarche pourrait prendre plusieurs mois, voire un an, mais les communautés anishinabes sont véritablement en marche vers une prise en charge des services sociaux.

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