•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des résidents d'Heron Gate, menacés d'expulsion, dénoncent l'état de leurs logements

Des manifestants tiennent une affiche où le slogan «We are Heron Gate» («Nous sommes Heron Gate») est inscrit.
Des centaines de résidents du quartier Heron Gate d'Ottawa sont visés par un avis d'expulsion. Photo: Radio-Canada / Antoine Trépanier
Radio-Canada

À Ottawa, la Coalition des locataires de Heron Gate a entamé une nouvelle offensive pour tenter d'arrêter l'expulsion à laquelle plus d'une centaine de résidents font face. Ils mettent en lumière les problèmes d'entretien qui touchent leurs logements depuis des mois et ils exigent des travaux.

Jeudi, les résidents ont marché jusqu'aux bureaux du promoteur Timbercreek pour déposer des avis de non-conformité, c'est-à-dire des commandes de travaux d'entretien, au propriétaire corporatif de leurs logements.

La Coalition des locataires de Heron Gate affirme avoir documenté, entre mai et juillet, de nombreux problèmes d’entretien sur cette parcelle vouée à être démolie.

Abdullahi Alaia, un résident du quartier, fait état de robinets qui coulent, de trous dans les murs et des problèmes avec la fondation de certains logements.

Nous avons dit au propriétaire que nous avions un peu d'infiltration d'eau, en mai 2017. Il ne l'a jamais arrangée, relate-t-il.

Abdullahi Alaia dans le sous-sol de son logement.Abdullahi Alaia fait état de robinets qui coulent, de trous dans les murs et des problèmes avec la fondation de certains logements. Photo : Radio-Canada

On veut que Timbercreek arrête toutes les expulsions et qu’il fasse les réparations. Ce ne sont pas des maisons vides, ce sont des maisons avec des gens qui y vivent, a fait valoir Josh Hawley, membre de la Coalition.

Ça fait des années [que Timbercreek] ne fait rien.

Josh Hawley, membre de la Coalition des locataires de Heron Gate

George Brown, un avocat impliqué dans le dossier, affirme que la loi permet à la Commission de la location immobilière de refuser une expulsion si le propriétaire a agi avec mauvaise foi. Nous croyons que l’entretien inadéquat de ces édifices constitue un exemple de mauvaise foi de la part de Timbercreek, soutient l'avocat.

Il soutient que le groupe cherche une solution extrajudiciaire, mais qu'il est préparé à aller de l’avant avec une action devant les tribunaux si besoin est.

Le promoteur, de son côté, juge que les logements sont trop chers à entretenir.

Une question de droits humains

Par ailleurs, M. Brown affirme même songer à contester l'expulsion en vertu du Code des droits de la personne de l'Ontario. On veut regarder cette situation d'un autre point de vue que la relation propriétaire-locataire, mais aussi sur le plan des droits de la personne. Et ça, c'est significatif, dit-il.

Par courriel, Timbercreek répond aller au-delà des exigences de la loi en fournissant de l'aide durant le déménagement. Récemment, l'entreprise dit avoir augmenté les indemnités de déménagement de 1500 $ à 2000 $ pour tous les résidents touchés, y compris ceux qui ont déjà déménagé.

Geroge Brown répond aux questions des journalistes. Derrière, un homme tient un affiche avec le message « We are Heron Gate » (Nous sommes Heron Gate).L'avocat Geroge Brown (en avant-plan) et Josh Hawley (en arrière-plan). Photo : Radio-Canada

Date butoir : 30 septembre

Au total, des centaines de locataires à Heron Gate ont reçu des avis d'expulsion. Ils devront trouver un autre logement d'ici le 30 septembre.

Timbercreek s'engage d'ailleurs à trouver de nouveaux logements pour toutes les familles touchées par l'expulsion d'ici cette date.

Avec les informations d’Antoine Trépanier

Ottawa-Gatineau

Affaires municipales