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Une œuvre d’Ernest Hemingway publiée pour la première fois

Assis, Ernest Hemingway sourit. Derière, on distingue un homme noir vêtu d'un chapeau.

Ernest Hemingway en 1954

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Radio-Canada

Les admirateurs d'Ernest Hemingway ont de quoi se réjouir. Un magazine vient de publier un récit inédit de l'immense auteur américain. A Room on the Garden Side se déroule à la libération de Paris, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Paris, les années de guerre, l’amour des livres et du vin, ou encore les cicatrices laissées par les combats : ces thèmes qui parsèment A Room on the Garden Side se retrouvent également dans de plusieurs autres livres d’Ernest Hemingway.

Néanmoins, la brève histoire écrite en 1956 était peu connue jusqu’à aujourd’hui par les spécialistes du romancier américain. Elle a enfin accès à la lumière grâce à The Strand Magazine. Le trimestriel littéraire a déjà publié des œuvres méconnues d’autres grands noms de la littérature (Raymond Chandler et John Steinbeck).

« L’amour profond d’Hemingway pour sa ville préférée alors qu’elle sort de l’occupation nazie est pleinement exposé, tout comme les caractéristiques de sa prose », estime Andrew F. Gulli, éditeur du magazine, dans un texte publié dans le même numéro.

La vie après la noirceur fasciste

Kirk Curnutt, membre du conseil d’administration de la Hemingway Society, y écrit pour sa part que l’histoire permet à son auteur de « se demander si l’héritage de la culture parisienne peut se remettre de la sombre tache du fascisme ». Dans The Strand Magazine, Hemingway évoque notamment quelques-uns des grands noms de la littérature française (Proust, Hugo, Dumas et Baudelaire).

Les conflits armés ont représenté une grande muse pour celui qui a été conducteur d’ambulance pendant la Première Guerre mondiale. Il s’est servi de cette expérience pour écrire L’adieu aux armes (A Farewell to Arms, publié en 1929). Pour qui sonne le glas (For Whom the Bell Tolls, 1940) se déroule pour sa part pendant la guerre d’Espagne, à laquelle il a assisté.

Quatre hommes sont sur un petit chemin, près d'une voiture et d'un cheval. Trois d'entre eux regardent quelque chose qui semble se situer dans une montagne.

Ernest Hemingway (au centre, avec une moustache) en Espagne (probablement en 1937) durant la guerre civile qui ravage le pays.

Photo : Getty Images / London Express

Soldat et correspondant pendant la Seconde Guerre mondiale, Ernest Hemingway était également présent à Paris en août 1944, quand la capitale française a été libérée du joug nazi. L’événement a été décrit par le romancier dans différents reportages publiés dans le magazine Collier’s.

A Room on the Garden Side se déroule au Ritz – Hemingway aimait dire qu’il avait libéré le bar du prestigieux hôtel. Le narrateur, Robert, ressemble au romancier (ils ont le même surnom : Papa). Lui et son entourage boivent du vin, citent Baudelaire et débattent du « sale métier qu’est la guerre ».

« Je l’ai faite pour sauver la vie des gens qui n’ont pas été engagés pour combattre, explique Robert. Il y a ça et aussi le fait que j’ai appris à aimer une division d’infanterie et que j’ai souhaité servir de la manière la plus utile possible. J’ai également aimé la France et l’Espagne autant que mon propre pays. »

De nombreux écrits non publiés avant sa mort

Hemingway a laissé de nombreuses oeuvres non publiées au moment de son suicide, en 1961. Son célèbre Paris est une fête (A Moveable Feast) est d’ailleurs sorti trois ans après sa mort. Le jardin d'Éden (The Garden of Eden) et The Dangerous Summer font aussi partie de ses livres posthumes.

L’écrivain avait imaginé d’autres histoires autour de la guerre durant les 10 dernières années de sa vie. En août 1956, il affirmait à l’éditeur Charles Scribner Jr. en avoir terminé cinq : A Room on the Garden Side, The Cross Roads, Indian Country and the White Army, The Monument and The Bubble Reputation. Jusqu’à présent, seule The Cross Roads avait eu une certaine notoriété.

« J’imagine que [les histoires] sont un peu choquantes, puisqu’elles traitent de troupes inhabituelles, de combats et de gens qui tuent d'autres gens, indiquait Hemingway à Scribner. Quoi qu’il en soit, vous pouvez toujours les publier après ma mort. »

Avec les informations de Associated Press

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