•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ottawa soutient que le « triage » des demandeurs d'asile devrait être en place d'ici le 30 septembre

Des demandeurs d'asile aux Services frontaliers du Canada à Lacolle

Plus de 10 000 demandeurs d'asile ont été appréhendés par la Gendarmerie royale du Canada dans les six premiers mois de 2018.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

La Presse canadienne

Le système de triage promis depuis avril par Ottawa pour réorienter rapidement les demandeurs d'asile qui traversent la frontière de façon irrégulière, surtout au Québec, devrait finalement être en place d'ici le 30 septembre, soutient le gouvernement fédéral.

Ottawa explique qu'il doit travailler directement avec des municipalités de l'Ontario et déterminer la capacité de logement disponible avant de pouvoir amorcer son programme de triage, destiné à atténuer la pression sur les refuges et le logement temporaire à Montréal et à Toronto.

Le gouvernement fédéral avait annoncé ce système de triage en avril, à la suite de préoccupations soulevées par le Québec au sujet d'un afflux de demandeurs d'asile qui surpeuplaient les refuges à Montréal.

Depuis ce temps, Toronto a également vu une vague de réfugiés converger vers ses refuges pour itinérants et ses résidences d'étudiants. Le gouvernement du Québec et la Ville de Toronto ont tous deux demandé l'aide du gouvernement fédéral.

Ottawa a promis de mettre en place un système de triage, qui doit permettre d'identifier sur-le-champ les demandeurs d'asile prêts à s'installer ailleurs qu'à Montréal ou à Toronto en attendant l'examen de leur dossier.

En mai, Ottawa soutenait qu'il était retardé en raison des élections provinciales du printemps en Ontario. Aujourd'hui, le gouvernement de Justin Trudeau soutient que le nouveau gouvernement de Doug Ford ne collabore pas, et qu'il doit donc se tourner directement vers les municipalités pour trouver des solutions de logement.

Pendant ce temps, Ottawa paie les notes des hôtels pour loger environ 500 demandeurs d'asile dans des banlieues de Toronto, puisque les résidences d'étudiants doivent être libérées avant le 9 août. Le contrat avec ces hôtels s'étend jusqu'au 30 septembre, et c'est là que les autorités fédérales espèrent pouvoir mettre en place leur système de triage, cinq mois après son annonce initiale.

Plus tôt ce mois-ci, le maire de Toronto, John Tory, a demandé à des maires d'autres grandes villes de l'Ontario de repérer des lieux ou des installations susceptibles d'être transformés en logements temporaires.

Tensions à Markham

Tout le monde n'est pas prêt à accueillir des réfugiés. Lors d'une manifestation le week-end dernier à Markham, en banlieue de Toronto, des opposants ont dénoncé tout projet de loger des « illégaux » dans leur communauté. Les manifestants en sont même venus aux poings avec des contre-manifestants.

La porte-parole néo-démocrate en matière d'immigration à Ottawa, Jenny Kwan, croit que la réaction contre les migrants irréguliers est le résultat de tensions causées par un manque de planification et de leadership du gouvernement fédéral.

« Le fait d'appeler les demandeurs d'asile des "illégaux" envenime vraiment la situation, crée des sentiments négatifs et déshumanise les demandeurs d'asile », a-t-elle dit, notant que le premier ministre Trudeau et le ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, avaient tous deux défini parfois la migration irrégulière comme « illégale ».

Ottawa a dépensé 270 M$ pour les demandeurs d'asile

Le gouvernement fédéral a dépensé plus de 270 millions de dollars depuis un an et demi pour la gestion des demandeurs d'asile qui traversent la frontière canado-américaine de façon irrégulière.

Ces chiffres ont été soumis au Directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, qui les avait requis au début de juillet; ils ont été remis récemment aux membres du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration des Communes.

Quatre agences fédérales participent à la gestion de cette migration : la Gendarmerie royale du Canada, les ministères de l'Immigration et de la Sécurité publique, ainsi que la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.

Ces agences ont colligé les sommes qu'elles avaient dépensées chaque mois depuis le début de 2017, lorsque l'afflux de demandeurs d'asile a commencé à augmenter à la frontière canado-américaine, surtout au Québec, près de Saint-Bernard-de-Lacolle.

Des chiffres incomplets

La porte-parole conservatrice en matière d'immigration, Michelle Rempel, demandait depuis longtemps au gouvernement de dévoiler les coûts de cette migration irrégulière.

Elle affirme toutefois que les chiffres fournis par le gouvernement sont incomplets, puisqu'ils ne tiennent pas compte des coûts prévus pour les éventuelles expulsions, le logement des demandeurs, les transferts aux provinces et les services sociaux.

Nouvelles tactiques

Les documents soumis par le gouvernement fédéral au Directeur parlementaire du budget révèlent par ailleurs que des employés de l'Agence des services frontaliers du Canada ont découvert une nouvelle tactique utilisée par les migrants : certains demandeurs d'asile entrés de façon irrégulière au Canada se présentent ensuite comme des « parents » pour des membres de leur famille qui souhaitent entrer au Canada.

Cela permet à leur conjoint et à leurs enfants de demander asile à un poste frontalier officiel sans être refoulés automatiquement en vertu de l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs.

Politique fédérale

Politique