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Sauvetage à l'Île-du-Prince-Édouard : « la bonne décision, au bon moment »

Les frères Daniel et Alexandre Anctil ont sauvé de la noyade deux petites filles et leur gardienne sur une plage de l'Île-du-Prince-Édouard.

Les frères Daniel et Alexandre Anctil ont sauvé de la noyade deux petites filles et leur gardienne sur une plage de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Daniel Anctil

Radio-Canada

Alexandre et Daniel Anctil profitent d'une belle journée de vacances en famille sur une plage de l'Île-du-Prince-Édouard lorsqu'un de ces frères remarque que quelque chose cloche à un peu plus d'une centaine de mètres du rivage.

Un texte de François Pierre Dufault

Deux petites filles et leur gardienne se trouvent sur des matelas gonflables, mais elles ne s'amusent plus, le courant est en train de les emporter.

Alexandre Anctil est en train de construire un château de sable avec son garçon quand il aperçoit ce groupe en détresse. Il comprend que si personne n'intervient rapidement, le courant risque de les emporter encore plus loin. Hors de portée.

Il n'y a pas de sauveteur sur cette plage près de Malpeque, dans le centre de l'île.

Alexandre, 36 ans, s'élance alors vers la mer. Il nage jusqu'à une barre de sable située à environ une centaine de mètres du rivage. C'est à ce moment que Daniel, 37 ans, s'aperçoit à son tour de la gravité de la situation et décide d'aller rejoindre son frère.

Vents et courants

Il y avait un matelas gonflable rose sur lequel il n'y avait personne. Il y avait deux petites filles sur un matelas. Et une femme sur un troisième matelas, raconte Daniel Anctil, joint chez lui à Trois-Rivières, au Québec. On pouvait voir le matelas rose virevolter dans le vent.

La veille, les frères Anctil ont nagé sans problème jusqu'à la barre de sable. Mais en ce 25 juillet, il y a des rafales de vent à plus de 50 km/h et les courants sont plus forts.

Les matelas à la dérive sont déjà à 200 mètres du rivage.

Daniel rejoint Alexandre sur la barre de sable. La nage est difficile. Le courant est fort. Mais les deux frères parviennent à rattraper les matelas sur lesquels se trouvent les deux petites filles et leur gardienne. Il faut maintenant regagner le rivage.

Pousser des matelas gonflables à contre-courant sur la côte nord de l'Île-du-Prince-Édouard n'est pas facile. Mais les frères Anctil sont de bons nageurs. Ils y parviennent.

À leur retour, les gens sur la plage applaudissent.

Il s'en est fallu de peu.

On avait complètement perdu de vue le matelas rose.

Daniel Anctil

Épuisés, les frères Anctil ne prennent pas tout de suite la pleine mesure de leur geste de bravoure. Ce n'est que plus tard, lorsque le sauvetage est raconté par des témoins sur les réseaux sociaux, qu'ils se rendent compte qu'ils ont pris la bonne décision, au bon moment, explique Daniel.

Une décision qui a sauvé trois vies.

Avez-vous déjà vu quelque chose d'extraordinaire se produire ? Ça m'est arrivé la semaine dernière, s'exclame Steve Ashford, un résident de la Nouvelle-Écosse qui raconte sur sa page Facebook ce sauvetage dont il a été témoin.

Daniel Anctil dit que plusieurs personnes, y compris la mère des deux petites filles qu'il a sauvées, l'ont contacté pour le remercier de son geste.

Comme une seconde nature

Ce n'est pas la première fois que le policier de Trois-Rivières prend part à des sauvetages. Mais c'est la première qu'il le fait en compagnie de son frère Alexandre, qui est programmeur analyste pour Revenu Québec.

Les deux frères nagent depuis qu'ils ont environ 10 ans. Ils ont déjà fait de la nage compétitive. C'est comme une seconde nature, explique Daniel.

La famille Anctil a aussi passé plusieurs étés en vacances dans les Maritimes et sur la côte est américaine.

Après l'expérience qu'il a vécue, Daniel Anctil met en garde contre l'utilisation de jouets gonflables dans des eaux agitées comme peuvent l'être parfois celles de la côte nord de l'Île-du-Prince-Édouard. Ces jouets peuvent êtredangereux, selon lui. Ça va pour une piscine ou un lac tranquille, mais pas dans la mer, insiste-t-il.

Île-du-Prince-Édouard

Justice et faits divers