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Les participants au projet pilote sur le revenu minimum garanti déplorent son annulation

Une dame assise à une table.

Alana Baltzer, une résidente de Hamilton qui a été choisie en avril 2017 pour participer au programme, se dit terrifiée à l’idée de perdre l'argent supplémentaire qu'elle gagne depuis un an.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Corriveau

Radio-Canada

Les réactions sont vives moins d'un jour après que le gouvernement de Doug Ford eut annoncé l'abolition du projet pilote sur le revenu minimum garanti de l'Ontario. L'aide financière supplémentaire que les bénéficiaires recevaient jusqu'à maintenant leur permettait d'envisager un avenir moins pénible.

Un texte d'Isabelle Corriveau

Alana Baltzer, une résidente de Hamilton qui a été choisie pour participer au programme, se dit terrifiée à l’idée de voir son chèque d’aide mensuel de 2000 $ passer à un peu plus de 700 $. La dame, qui est dans la vingtaine, explique qu’elle a retrouvé un semblant de dignité depuis qu’elle participe au projet pilote.

Mme Baltzer dit qu'elle s’est acheté son premier manteau d’hiver neuf cette année, en plus d’avoir pu se procurer des aliments sains qui ont eu un impact positif sur sa santé. Avec l’argent supplémentaire, elle comptait retourner à l'école et enfin quitter l'édifice de logement social où elle vit à Hamilton.

Je suis incroyablement frustrée de cette décision stupide qui n’affecte pas seulement moi, mais des milliers de personnes.

Alana Baltzer, bénéficiaire, projet pilote sur le revenu minimum garanti

Mme Baltzer, qui souffre de problèmes de santé mentale, ne pense plus être en mesure d’accomplir ses projets et considère même devoir se trouver trois ou quatre emplois à temps partiel pour subvenir à ses besoins sans avoir à s'inquiéter du manque d'argent.

La ville de Thunder Bay, dans le Nord-Ouest était une des trois villes retenues par le précédent gouvernement pour verser un revenu aux bénéficiaires de l’aide sociale.

Je me sens trahie.

Sue Pakoski, bénéficiaire, projet pilote sur le revenu minimum garanti

Mme Pakoski affirme qu’avec le projet pilote, elle pouvait enfin respirer et qu’elle avait à peine commencé à retrouver un semblant de dignité, et une marge de manœuvre financière.

Une décision déplorable

Lancé en avril 2017, le projet pilote devait durer trois ans et aider près de 4000 Ontariens.

Selon le directeur du Centre de lutte contre la pauvreté de Hamilton, Tom Cooper, la décision du gouvernement n’est pas la bonne. Il affirme que le projet permet aux participants de retrouver leur dignité, en plus de les inciter à participer davantage à la vie communautaire.

le conseiller municipal Matthew GreenAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Matthew Green, conseiller municipal à Hamilton, en Ontario

Photo : Radio-Canada

Le conseiller municipal Matthew Green n’est pas surpris que le programme ait été aboli et il ne mâche pas ses mots à l’endroit du parti de Doug Ford.

Ils sont idéologiques à un niveau qui dépasse l’entendement. [Cette décision] montre d’une manière supplémentaire le chaos que sème Doug Ford dans nos communautés.

Matthew Green, conseiller municipal à Hamilton

Tom Cooper et Matthew Green pensent tous les deux que ce genre de décision n’aidera pas la communauté à avoir confiance en son nouveau gouvernement.

Un projet à la portée limitée

Selon la ministre des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires de l'Ontario, Lisa MacLeod, le projet pilote sur le revenu minimum garanti n’aiderait pas réellement à long terme les gens qui en bénéficient. Je crois que quand vous encouragez les gens à accepter de l’argent sans condition, ça n’envoie pas le message que veut envoyer notre ministère et notre gouvernement, affirme-t-elle.

La ministre des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires, Lisa MacLeodAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires, Lisa MacLeod, annonce une réforme de l'aide sociale en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Le directeur des études fiscales à l’Institut Fraser, Charles Lammam, estime que les bénéfices du revenu minimum garanti sont restreints.

Les résultats du programme sont plus limités que ce que les gens prétendent, car distribuer de l'argent inconditionnellement à des personnes peut ne pas aider ceux qui luttent contre la pauvreté persistante, car elle ne s'attaque pas à la cause profonde.

Charles Lammam, directeur des études fiscales à l’Institut Fraser

Selon le chercheur, une initiative similaire a déjà été testée durant les années 1990. Celle-ci permettait aux participants de recevoir un montant semblable au revenu des gens qui gagnaient le salaire minimum. Il explique que cela décourageait les participants de se chercher un emploi en plus de ne pas s'attaquer à la source réelle de la pauvreté.

Réactions politiques

Durant la période de questions à Queen’s Park, Andrea Horwath a décrié la décision du gouvernement en disant que l’annulation du programme punissait la population et la poussait encore plus dans la pauvreté.

De son côté, la libérale Nathalie Des Rosiers estime que le projet pilote permettait d'offrir un tremplin aux plus vulnérables. C'est l'hypothèse même du revenu annuel garanti de vouloir vérifier si ça crée des incitatifs à la participation sociale générale, dit-elle.

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