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Taxe sur le carbone moins élevée : réactions partagées de l’industrie pétrolière

Des puits de pétrole en Alberta en silhouette sur fond de ciel bleu.

Certains représentants de l'industrie pétrolière affirment que le pétrole canadien est de moins en moins compétitif par rapport au pétrole américain.

Photo : La Presse canadienne / Larry MacDougal

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La volonté d'Ottawa de diminuer sa taxe sur le carbone ne reçoit pas un accueil unanime en Alberta. Le ministère fédéral de l'Environnement a confirmé qu'une part moins importante des émissions des grands pollueurs sera taxée. Certains représentants de l'industrie pétrolière et gazière saluent la décision d'Ottawa, mais d'autres dénoncent un manque de clarté de la part du gouvernement fédéral.

Un texte de François Joly

Pour le président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan, le changement de cap d’Ottawa est une source de mécontentement. « Ils choisissent certaines industries et leur offrent un traitement préférentiel », déplore-t-il.

Il dénonce le fait que certaines industries, comme celles de l’acier, du ciment et des engrais, ne paieront la taxe que sur 10 % de leurs émissions comparativement à 20 % pour les autres secteurs de l’économie.

Il rappelle que le pétrole est le premier produit d’exportation au Canada. « Le gouvernement fédéral n’a pas bien expliqué pourquoi il donnait cet avantage à certains, mais pas à d’autres », ajoute-t-il.

Tim McMillan en entrevue dans les bureaux de son association. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan, affirme que les nouveaux plafonds imposeront des coûts importants aux entreprises albertaines.

Photo : Radio-Canada

C’est toutefois le régime de taxation provincial qui va continuer de s’appliquer en Alberta, puisqu’il est reconnu comme suffisamment exigeant par le gouvernement fédéral.

Le président de l'Association canadienne des services pétroliers, Tom Whalen, croit donc que l'Alberta devrait emboîter le pas au gouvernement fédéral en réduisant sa propre taxe sur le carbone. « Je pense que ce serait une bonne idée que l’Alberta suive l’exemple du gouvernement fédéral », explique-t-il.

Il salue la décision d’Ottawa, notamment en raison de la fuite des investissements vers les États-Unis que connaît l’industrie pétrolière et gazière.

L’exemple albertain

La ministre albertaine de l’Environnement, Shannon Philipps, voit plutôt dans la décision d’Ottawa une reconnaissance des efforts déployés par le gouvernement de l’Alberta. « Aujourd’hui, nous voyons que le gouvernement fédéral va suivre le gouvernement de l’Alberta parce que nous avons fait le travail », affirme-t-elle.

Elle rappelle que le gouvernement Trudeau a choisi d’adopter un système de tarification pour les grands émetteurs basé sur l’intensité des émissions. Un mécanisme similaire existe déjà en Alberta.

Elle ajoute que le seuil de 30 %, d'abord évoqué par le gouvernement Trudeau, n'était pas définitif, mais plutôt sujet à des consultations auprès de différentes industries.

Gary Leach, le président de l'Association des producteurs et explorateurs du Canada, qui regroupe de plus petits joueurs de l'industrie pétrolière, rappelle quant à lui que des élections provinciales auront lieu en Alberta dans moins d’un an : « Jason Kenney a promis d’éliminer la taxe sur le carbone. » Si c’était le cas, c’est la réglementation fédérale qui entrerait en vigueur en Alberta.

Il faut toutefois noter qu’un système de tarification pour les grands émetteurs existait déjà avant l’arrivée au pouvoir du NPD. Le chef de l’opposition s’est aussi engagé à maintenir un système semblable, même s’il souhaite supprimer la taxe qui s’applique au reste de l’économie albertaine.

Plusieurs représentants de l'industrie pétrolière affirment que le pétrole canadien est de moins en moins compétitif comparativement au pétrole américain.

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