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  • Archives
  • Alexandre Soljenitsyne, le plus célèbre des dissidents russes

    Alexandre Soljenitsyne écrivant à son bureau

    L'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne

    Photo : Radio-Canada / Photo tirée d'un reportage au Téléjournal du 3 août 2008

    Radio-Canada

    Il y a 10 ans s'éteignait à Moscou l'écrivain Alexandre Soljenitsyne. Prix Nobel de littérature en 1970, il avait révélé au monde la terrible réalité des camps de travaux forcés soviétiques. De nos archives, portrait d'une figure russe forcée à l'exil.

    Le parcours d’Alexandre Soljenitsyne est celui d’un combattant ayant traversé les multiples mouvements sociaux et politiques de l’URSS.

    Vaillant officier soviétique durant la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté sur le front en février 1945, trois mois avant la fin du conflit.

    La censure militaire a trouvé dans sa correspondance privée une critique de la politique de Staline.

    Il sera emprisonné et condamné à huit ans de travaux forcés par le NKDV, police politique de l’Union des républiques socialistes soviétiques.

    Après ce long séjour dans un goulag sibérien et un exil de trois ans en Asie centrale, Alexandre Soljenitsyne pourra revenir en Russie.

    Tout ce qu’il a vu et vécu durant ces années, le fervent de littérature voudra à présent l’écrire.

    Format 30, 2 novembre 1970

    Le 2 novembre 1970, l’émission Format 30 s’intéresse à l’écrivain russe, à qui l’on vient de décerner le prix Nobel de littérature.

    L’animateur Wilfrid Lemoyne s’entretient avec le professeur Jean Drouilly du Centre d’études slaves de l’Université de Montréal.

    Ce dernier récapitule le cheminement littéraire d’Alexandre Soljenitsyne qui l’a conduit à cette reconnaissance internationale.

    En 1962, en pleine période de déstalinisation, Alexandre Soljenitsyne publie un premier roman, Une journée d'Ivan Denissovitch. Il y raconte les conditions de vie dans un camp de travail soviétique.

    Ses deux grands romans subséquents, Le pavillon des cancéreux et Le premier cercle ne paraîtront qu’à l’étranger. En URSS, on lui refuse désormais toute publication.

    Le professeur Jean Drouilly confie qu’Alexandre Soljenitsyne vit à présent dans des conditions difficiles, reclus dans une petite ville au sud de Moscou. Il est considéré comme un écrivain antisoviétique et a été radié de l’Union des écrivains russes.

    L’animateur Wilfrid Lemoyne se demande s’il ira cueillir son prix Nobel à Stockholm.

    Par crainte d’être déchu de sa citoyenneté à son retour, Alexandre Soljenitsyne acceptera le prix au nom de la littérature russe, mais ne se rendra pas en Suède.

    L’exil de la mère patrie

    C’est finalement à la suite de la publication en Occident de son œuvre phare, L’Archipel du Goulag, qu’Alexandre Soljenitsyne sera forcé à l’exil.

    L’écrivain est arrêté par le KGB en 1974. Le gouvernement soviétique le dépouille de sa citoyenneté et l’expulse de l’URSS.

    Il devra attendre vingt années avant de pouvoir retourner dans son pays.

    Téléjournal, 27 mai 1994

    Le 27 mai 1994, la journaliste Paule Robitaille, postée à Moscou, suit pour le Téléjournal le retour du célèbre écrivain en Russie. Des milliers de personnes lui réservent un accueil chaleureux.

    « J’ai toujours su que le communisme s’effondrerait, mais j’avais peur des conséquences et du prix à payer », déclare le dissident russe devant une foule rassemblée à Vladivostok.

    Le réformiste Mikhaïl Gorbatchev a rendu possible ce retour en lui redonnant sa citoyenneté quelques années plus tôt.

    Avant d'arriver à Vladivostok, Soljenitsyne fait une escale à Magadan, en Sibérie, site des pires camps de travail de l’ère stalinienne. Il rend ainsi hommage à tous les prisonniers qui, tout comme lui, ont connu le goulag.

    Le dissident russe découvre aussi peu à peu un pays transformé, dont la transition vers le capitalisme ne se fait pas sans heurts. Alexandre Soljenitsyne promet cependant de ne plus se mêler de politique.

    N’empêche, son retour en Russie suscite la controverse. « Pour certains, c’est un symbole moral. Pour d’autres, il revient trop tard », observe la journaliste Paule Robitaille.

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