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Une boisson non alcoolisée à base de cannabis bientôt produite par une entreprise de Gatineau

Photo: getty images/istockphoto / Creative-Family

Le brasseur torontois Molson Coors Canada et le producteur de cannabis gatinois HEXO, anciennement Hydropothicaire, ont annoncé mercredi la formation d'une coentreprise qui tentera de produire des boissons non alcoolisées à base de cannabis.

La vente de produits comestibles dérivés du cannabis, qui sera légale en 2019, a favorisé la création de cette coentreprise, a indiqué Molson Coors Canada dans un communiqué.

Bien que nous demeurions une entreprise de bière, nous sommes ravis de créer une entreprise distincte avec un partenaire de confiance, a déclaré Frederic Landtmeters, président-directeur général de Molson Coors Canada.

Il existe des boissons infusées au cannabis dans certains marchés illégaux aux États-Unis, a fait savoir Sébastien St-Louis, le président-directeur général et cofondateur d'HEXO, mais rien n'a été tenté qui égalise le niveau de qualité que nous recherchons avec ce partenariat.

M. St-Louis a affirmé à CBC que l'entreprise tenterait d'aller au-delà des boissons relaxantes. Il pense notamment aux boissons protéinées et aux boissons diètes. Nous avons l'intention d'offrir à nos clients des expériences autour du bien-être.

La coentreprise sera structurée comme une entreprise en démarrage autonome possédant son propre conseil d'administration et son équipe de direction indépendante.

Molson Coors Canada en détiendra 57,5 %, tandis que HEXO détiendra le reste.

La conclusion de la transaction, qui devrait avoir lieu avant le 30 septembre prochain, est assujettie à certaines conditions.

Ne pas répéter les erreurs américaines

Line Beauchesne, professeure titulaire au département de criminologie de l'Université d'Ottawa, n'est pas surprise par ce projet. Ça prend un certain temps pour développer la structure industrielle et l'étiquetage, alors c’est assez normal qu’on commence maintenant, croit-elle.

Santé Canada n’a pas fini de faire toute la réglementation. On doit s’assurer qu’on ait des modes de consommation et des façons de gérer le produit qui sont sécuritaires pour les consommateurs. Santé Canada, aux dernières nouvelles n’avait pas terminé d’établir cette réglementation-là, a averti la professeure.

Elle fait un parallèle avec les États-Unis, où certains États qui ont légalisé le cannabis n'avaient pas établi de cadre réglementaire précis, ce qui a mené à des accidents, selon elle. Elle voit d'un bon oeil que Santé Canada prenne le temps d'établir des règles que les entreprises seront tenues de respecter.

Mme Beauchesne estime toutefois que la population devrait être mieux informée sur ces produits. Ce qui manque et que [le gouvernement va] devoir accélérer, je pense, c’est vraiment l’information à la population et la prévention.

On n'a pas beaucoup fait pour expliquer de façon informée et nuancée ce qui en est. On commence, mais je trouve qu’on devrait y aller plus à fond que ça.

Line Beauchesne, professeure titulaire au département de criminologie de l'Université d'Ottawa

La prévention au coeur des priorités

La docteure Camille Paquette, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive au Centre intégré de Santé et de Services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, avertit le public qu'il y a des différences entre les modes de consommation du cannabis. Lorsque la substance est fumée, l'effet se fait ressentir rapidement, entre cinq et dix minutes après l'inhalation. Lorsqu'on l'ingère par la voie digestive, l'effet peut prendre jusqu'à deux heures avant d'être perceptible.

Il faut donc, selon elle, faire attention à la quantité de cannabis que l'on consomme et à la concentration en tétrahydrocannabinol (THC) du produit que l'on ingère. « L’idée est d’en consommer en pas trop grande quantité, d’essayer de consommer des produits qui ont une concentration en THC pas trop élevée et de ne pas consommer trop souvent », dit-elle.

Elle ajoute au passage que quelqu'un qui a consommé du cannabis ne doit pas conduire dans les heures qui suivent.

Avec les informations de Dominique Degré, Pascal Charlebois et Roxane Léouzon

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

Économie