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Pénurie de foin dans les Prairies en raison du temps chaud et sec

Radio-Canada

Le temps chaud et sec des dernières semaines a nui aux récoltes d'herbes et de fourragères dans les Prairies, d'après le gouvernement du Manitoba. De nombreux agriculteurs de la province n'ont ainsi récolté que la moitié, voire le tiers, du foin normalement produit à pareille date.

Un texte de Patricia Bitu Tshikudi

En 20 ans de métier, Pierre Mivelaz, propriétaire d'une ferme laitière à Saint-Adolphe, dans le sud du Manitoba, n'a jamais vu un été aussi sec : « Il y a un de mes collègues qui m'a dit que normalement, il a 2500 balles de foin, en ce moment, il en a seulement 250. »

S'il s'en tire avec juste assez de foin pour nourrir ses bêtes, c'est grâce à des réserves emmagasinées l'année dernière.

« J'ai tout semé ce printemps, la première récolte n'était vraiment pas bonne, dit-il. Et puis, j'ai fait la deuxième récolte, c'était sec, la récolte était trois fois moins que la normale. »

Selon John McGregor, un représentant de l'Association Manitoba Forage and Grassland, c’est le temps chaud et sec qui est à blâmer. Le manque de précipitations nuit aux récoltes de foin dans une bonne partie des Prairies ainsi que dans plusieurs régions du nord des États-Unis, dont le Dakota du Nord.

Il estime que les fermiers les plus chanceux s'en tireront dans le meilleur des cas, avec le tiers, voire la moitié, de leurs récoltes normales.

C’est le cas d’Alain Philippot, qui gère une ferme laitière à Saint-Claude, dans l'ouest du Manitoba.

On est à 40 % de production d'une année normale.

Alain Philippot, fermier

Le foin se faisant rare, les fermiers seront forcés à trouver d'autres sources d'aliments comme le maïs ou le blé pour nourrir leur bétail, explique-t-il.

Acheter au prix fort

Or acheter du foin pourrait s'avérer très coûteux, étant donné la pénurie. « En janvier, février et mars, avant la sécheresse, le foin qui se vendait entre 5 et 6 cents [la livre], aujourd'hui on parle de 12 cents », dit Pierre Mivelaz.

Les producteurs qui n'ont pas assez de nourriture pour nourrir leurs bêtes « pourraient être forcés de vendre leurs veaux plus tôt que prévu, pour éviter de devoir les nourrir », ajoute John McGregor.

Début juillet, la province du Manitoba a publié un communiqué destiné aux producteurs agricoles touchés par les conditions sèches, leur rappelant que les producteurs de bétail ont accès à des programmes et à des services de gestion des pénuries de fourrage.

Si les fermiers gardent bon espoir de renverser la vapeur avec l'arrivée de temps un peu plus clément, les prévisions d'Environnement Canada suggèrent un scénario toujours aussi chaud et sec à court terme.

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