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Montréal perd encore trop d'eau, mais la situation s'améliore

une borne à incendie avec une fuite d'eau

Le taux de perte d'eau potable est passé de 40 % en 2001 à 31 % en 2017.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Radio-Canada

Montréal perd moins d'eau potable qu'au début du siècle. En réalisant de nombreux travaux pour réhabiliter son réseau sous-terrain au cours des dernières années, la métropole a diminué la consommation d'eau de 24 % depuis 2001, selon le plus récent bilan présenté par l'administration de Valérie Plante. Mais ce chiffre demeure élevé par rapport aux objectifs fixés par Québec.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

Comme l'avait déjà dévoilé Radio-Canada en mai, la proportion d'eau potable perdue dans les sols de la métropole est passée de 40 % en 2001 à 31 % en 2017.

Cependant, ce taux a légèrement augmenté l'an passé par rapport aux quatre années précédentes (voir tableau ci-dessous).

Cette stagnation avait d'ailleurs récemment été critiquée par la vérificatrice générale (VG) de la Ville de Montréal : dans son rapport annuel déposé en juin, Michèle Galipeau avait déploré un taux « encore élevé », alors que Québec espérait atteindre une réduction du taux de pertes à 20 % du volume d’eau distribué.

La production d'eau potable a quant à elle baissé de 3,5 % en un an, passant de 588 à 567 millions de mètres cubes entre 2016 et 2017, ce dont se réjouit la Ville de Montréal. Il s'agit de la deuxième plus importante réduction annuelle au cours des 15 dernières années, souligne la métropole dans son rapport.

« La stratégie montréalaise de l’eau commence réellement à prendre son envol et à porter fruit. On peut collectivement se réjouir », a expliqué mercredi Sylvain Ouellet, responsable de ce dossier au sein du comité exécutif.

Rappelant qu'« il y a encore 10 ans l’état du réseau d’aqueducs était vraiment catastrophique », le conseiller municipal a félicité « les gestes courageux » posés par les précédentes administrations, avec notamment la création de la taxe de l'eau, en vigueur depuis 2004.

Aujourd'hui, on voit les efforts continus qui ont été faits. On a remplacé des gros tuyaux vétustes qui fuyaient et la détection des fuites est beaucoup plus systématique.

Sylvain Ouellet, conseiller municipal

L'équipe de Valérie Plante avait aussi décidé, au début de l'année, d'augmenter de 1,1 % cette taxe afin de poursuivre les travaux d'infrastructure.

La Ville veut s'attaquer aux climatiseurs à eau

Le prochain « gros chantier à attaquer », selon Sylvain Ouellet, sera celui des appareils de climatisation qui utilisent de l'eau potable.

Depuis 2013, il est interdit d'installer de tels appareils à Montréal. De plus, les équipements existants devaient être remplacés au plus tard le 1er janvier 2018 par des installations conformes à la réglementation municipale.

« On a trouvé des tours d'habitation qui climatisaient à l'eau, a affirmé le vice-président du comité exécutif. Ça fait en sorte que chaque citoyen dans ces tours consomme 10 fois plus que la moyenne montréalaise. On veut remplacer ces climatiseurs au plus vite. »

Outre ces chantiers, la Ville compte également poursuivre une campagne de sensibilisation. Selon la métropole, les citoyens seraient désormais davantage concernés par cet enjeu.

« Il est devenu de plus en plus rare de voir quelqu'un arroser son asphalte. C’est une sensibilisation qui a pris du temps. Ça a permis d’économiser des millions de dollars en électricité et produits chimiques pour produire cette eau-là », a indiqué Sylvain Ouellet.

Ces efforts ont notamment permis à la Ville de Montréal d'annoncer, en début d'année, la fermeture d'ici 10 ans de deux usines de production d'eau potable considérées comme vétustes, à Lachine et Dorval.

Celles-ci fournissaient environ 5 % de la production d'eau potable pour toute l'île de Montréal.

Grand Montréal

Politique municipale