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Vivre sur un bateau pour fuir les loyers élevés à Toronto

La famille Nuttall Sloane sur leur bateau à la marina des îles de Toronto.
La famille Nuttall-Sloane sur son bateau dans la marina des îles de Toronto. Photo: Radio-Canada / Stéphany Laperrière

Le coût élevé de l'immobilier dans la Ville Reine a incité des Torontois à jeter l'ancre dans le lac Ontario. Si vivre sur un bateau présente des avantages, ce mode de vie inusité ne convient pas à tout le monde.

Un texte de Stéphany Laperrière

Arrivée à la retraite, l'enseignante Donna Creighton n'avait plus les moyens de vivre dans la Ville Reine.

Le coût de la vie à Toronto a augmenté de façon vertigineuse. Je n'étais plus en mesure de payer mon loyer avec mes revenus de pension de retraite.

Donna Creighton
Donna Creighton, assise sur son bateau qui mesure environ 13 mètres. Donna Creighton, assise sur son bateau qui mesure environ 13 mètres. Photo : Radio-Canada / James Morrison-Collalto

Par hasard, elle est tombée sur l'annonce de la vente d'un bateau à la marina Bluffers Park, à l'ouest de la ville.

Aussitôt que je suis arrivée ici, je suis tombée en amour avec l'endroit, poursuit-elle.

Elle a donc choisi d'y élire domicile, même si elle n'avait pas d'expérience dans la navigation. Elle dit dépenser aujourd'hui environ 900 $ par mois pour vivre sur son bateau.

Au cours des cinq dernières années, le prix moyen des loyers à Toronto a augmenté d'environ 30 %, selon la Chambre immobilière de Toronto.

Bateau sur lequel vit Donna Creighton, à la marina Bluffers Park. Bateau sur lequel vit Donna Creighton, dans la marina de Bluffers Park. Photo : Radio-Canada / Stéphany Laperrière

Moins cher

Le coût de la vie à Toronto fait aussi partie des facteurs qui ont incité la famille Nuttall-Sloane à jeter l'ancre dans la marina des îles de Toronto.

Nous ne manquons pas d'espace; en fait, nous avons autant de place que nous en aurions dans un condo au centre-ville.

Cheryl Nuttall

Le bateau de Cheryl Nuttall compte deux chambres, une salle de bain, une cuisine et quelques espaces communs.

Moment en famille chez les Nuttall-Sloane. Gordon prépare un café pendant que Cheryl discute avec leur fils, Strummer, qui joue à des jeux sur une table au centre du bateau. On voit une cuisinette et un divan. Des objets sont accrochés au plafond et posés sur le bord des hublots. Moment en famille chez les Nuttall-Sloane. Photo : Radio-Canada / James Morrison-Collalto

Surtout, pour ces amateurs de voile, il n'y avait pas meilleur endroit où élever leur fils.

Ce que nous pouvons offrir à notre fils en vivant sur un bateau a beaucoup plus de valeur à mes yeux que les expériences qu'il aurait eues en vivant dans un condo, dit Cheryl Nuttall.

Vivre sur un bateau coûte à la famille Nuttall-Sloane environ 2000 $ par mois, incluant les versements hypothécaires, la location du quai, l'électricité et l'assurance.

En comparaison, le loyer moyen d'un appartement à deux chambres au centre-ville est de 2 930 $ par mois, selon les plus récentes données de la Chambre immobilière de Toronto.

Le bateau qui contient deux chambres, une salle de bain, une cuisine et quelques espaces de vie commune. La photo est prise de l'extérieur, vers l'intérieur du bateau. On voit une cinquantaine de livres dans une bibliothèque, un divan avec de nombreux coussins. Cheryl lit quelque chose sur son téléphone. Le bateau qui comprend deux chambres, une salle de bain, une cuisine et quelques espaces communs. Photo : Radio-Canada / James Morrison-Collalto

Peu populaire

Malgré une vie moins chère, paisible et près du centre-ville, ce mode de vie ne gagne pas en popularité.

Seulement 150 familles ont élu domicile dans les marinas du Grand Toronto et ce chiffre est resté stable au fil des ans, même si les prix de l'immobilier ont augmenté.

Il y a souvent des listes d'attente pour un quai, mais nous réussissons toujours à avoir une place dans une marina, dit Gordon Sloane, certains achètent un bateau et essaient d'y vivre, mais réalisent rapidement que ce n'est pas pour eux.

Gordon Sloane prépare un café dans la cuisine du bateau. Gordon Sloane prépare un café dans la cuisine du bateau. Photo : Radio-Canada / James Morrison-Collalto

Il dit passer des journées à faire des réparations et ajoute que les insectes et l'eau se glissent parfois à l'intérieur du bateau.

Ce mode de vie met aussi à l'épreuve l'ingéniosité des résidents des marinas, en particulier l'hiver.

Les bateaux sont isolés à l'aide de toiles de plastique l'hiver. Les bateaux sont isolés à l'aide de toiles de plastique l'hiver. Photo : Malone Mullin/CBC

Nous installons des agitateurs pour éviter que l'eau ne gèle autour du bateau, ce qui pourrait causer des dommages importants, explique Donna Creighton.

Elle ajoute que les bateaux sont isolés à l'aide de toiles de plastique et chauffés avec des radiateurs électriques.

Dépréciation

Il y a un autre facteur à prendre en compte. La valeur du bateau tend à se déprécier au fil des ans, contrairement à un condo, selon Tom Storey, courtier immobilier pour Royal LePage.

Vous devez vous assurer que c'est vraiment le style de vie que vous recherchez, parce qu'un bateau ne fait pas augmenter la valeur de vos actifs

Tom Storey, courtier immobilier pour Royal LePage
Tom Storey, agent immobilier pour Royal LePage. Tom Storey, courtier immobilier pour Royal LePage. Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

La Ville de Toronto n'exige pas d'impôt foncier pour les résidents des marinas et n'a pas l'intention de le faire, selon sa porte-parole Tammy Robbinson.

Elle précise que les bateaux ne sont pas considérés comme des immeubles par la Ville et ne sont donc pas assujettis à l'impôt foncier.

Strummer Nuttall Sloane joue à l'intérieur du bateau, qui mesure une quinzaine de mètres de longueur. Strummer Nuttall Sloane, 9 ans, joue à l'intérieur du bateau, qui mesure une quinzaine de mètres de longueur. Photo : Radio-Canada / James Morrison-Collalto

Mais la décision de vivre sur un bateau ne saurait se limiter à l'argent; pour ceux qui ont fait ce choix, c'est avant tout une question de passion.

Vivre ailleurs est inimaginable pour le jeune matelot Strummer Nuttall Sloane, qui habite sur ce voilier amarré à la marina des îles de Toronto depuis qu'il a quatre ans.

C'est vraiment amusant! J'ai ma chambre, l'air conditionné et la télévision... tout ce qu'il faut pour vivre comme dans une maison

Strummer Nuttall Sloane, jeune matelot de 9 ans

Toronto

Société