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La liberté d'expression a ses limites, soutient un expert

Une statue représentant des combattants de la Première Guerre mondiale se trouve sur le terre-plein devant un bâtiment en brique rouge avec une enseigne où il est écrit « Belgian Club ».

Le Club belge de Saint-Boniface à Winnipeg s'est excusé d'avoir été l'hôte d'une rencontre de membres d'un parti nationaliste non officiel.

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

Radio-Canada

La présence du Parti nationaliste canadien, un groupe associé à des idées d'extrême droite, au Club belge de Winnipeg, samedi dernier, soulève des questions sur la présence et résurgence de ce genre de groupes au Canada et sur la liberté d'expression, estime un spécialiste des questions de nationalisme et d'extrémisme.

Bernie Farber, le président du Canadian Anti-Hate Network et consultant sur les questions de droits de la personne et de justice sociale, soutient que le groupe peut être considéré comme étant « la droite alternative ». Il n'y a pas si longtemps, dit-il, ces groupes étaient identifiés comme des suprémacistes blancs, nationalistes ou nazis.

« Le Parti nationaliste canadien cadre dans cette définition », ajoute M. Farber.

Selon lui, les membres de ces groupes ont l’habitude de camoufler leurs vraies activités, et les rencontres en personne sont la pointe de l’iceberg. « Ce n’est rien comparé à ce qui se passe sur Internet », affirme-t-il.

Il explique que ces groupes « vont se décrire comme un parti politique ou prétendre que leurs actions sont pour le bien du pays, mais ce sont tous des mots de codes afin d’éviter de se faire identifier comme un groupe de la droite alternative ».

« La liberté d’expression a ses limites. Selon le Code criminel du Canada, nous avons des lois dans ce pays qui interdisent les propos haineux contre un groupe identifiable, soutient le président du Canadian Anti-Hate Network. La majorité de ces groupes savent comment frôler la ligne de ce qu’est un propos haineux, sans jamais la traverser. »

Des propos en ligne

Bernie Farber raconte que les pires propos sont ceux qui sont tenus sur Internet. Il dit que, bien que le nombre de personnes qui se déplace en personne pour les rencontres soit minime, la quantité de personnes qui interagissent sur les forums sur Internet est inquiétante.

« Le nombre n’est pas le vrai problème, puisqu'on n’avons pas besoin d’une masse pour causer des problèmes », explique-t-il en faisant référence à l’attaque contre une mosquée de Québec en janvier 2017 et à l’attaque au camion-bélier de Toronto, en avril dernier.

Perquisition policière dans la nuit du 30 janvier 2017 après l'attentat au Centre culturel islamique de Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Perquisition policière dans la nuit du 30 janvier 2017 en lien avec l'attentat au Centre culturel islamique de Québec.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Il soutient que les deux jeunes hommes responsables de ces attaques meurtrières avaient été radicalisés sur Internet.

Sans savoir exactement combien de personnes constituaient le groupe qui s'est rencontré au Club belge samedi soir, il explique que, selon son expérience, ceux qui se déplacent pour participer à ces rencontres sont des personnes plus âgées, tandis que les plus jeunes se radicalisent sur Internet.

Une bataille cachée

Bernie Farber est conscient de la difficulté pour les autorités de surveiller toutes les activités en ligne. Il raconte que, dans les années 1990 et au début des années 2000, il y avait très peu de ces groupes et ceux qui existaient étaient tous surveillés par les policiers et avaient même été réduits au silence.

Cependant, il s’inquiète de la résurgence de ces groupes au Canada, grâce à Internet qui facilite les échanges.

« Nous avons fait l’erreur de croire qu’ils avaient disparu et comme les autorités se sont concentrés sur la surveillance d’autres formes d’extrémisme, comme le groupe armé État islamique. Nous avons pendant trop longtemps, comme société, ignoré leur retour. Cette fois-ci, ils utilisent Internet pour parler à leur base », dit M. Farber.

Il admet que l’éducation et l’application des lois canadiennes en matière de liberté d’expression sont les outils que possède la population pour réduire ces groupes de la « droite alternative » à néant.

Manitoba

Politique