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Confrontés à la cyberintimidation, les jeunes demeurent passifs

Un garçon consulte son téléphone.
Pas moins de 25 % des élèves du primaire et du secondaire affirment avoir été victimes de cyberintimidation. Photo: iStock
Radio-Canada

Les jeunes de tout âge présentent une certaine forme de désengagement moral lorsqu'ils sont témoins d'une intimidation sur les médias sociaux.

Les résultats des travaux de la chercheuse en psychologie Karissa Leduc et de ses collègues de l’Université McGill montrent que les jeunes du primaire et du secondaire justifient ce comportement passif en arguant que les règles morales ne s’appliquent pas au contexte particulier d’Internet.

Le saviez-vous?

Jusqu’à 30 % des enfants admettent avoir déjà exercé la cyberintimidationsur d’autres jeunes, tandis que 25 % des élèves signalent en avoir été victimes sur les plateformes électroniques.

Dans leur étude, des chercheurs au Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling ont interrogé 100 élèves du primaire et du secondaire âgés de 8 à 16 ans pour connaître leur avis sur le rôle du témoin en cas de cyberintimidation.

Les participants étaient invités à lire quatre récits décrivant des épisodes de cyberintimidation. Dans chaque récit, un témoin restait neutre, s’abstenant d’intervenir.

L’équipe de recherche a ensuite demandé aux participants de justifier le comportement de l’intimidateur dans deux des récits, et celui du témoin dans les deux autres.

Leurs conclusions montrent que, selon les participants, les témoins auraient dû prendre la défense de leur ami, mais pensent que celui-ci ne l’aurait probablement pas fait dans le cas inverse.

Pour cette raison, selon eux, la neutralité du témoin était totalement justifiée.

En outre, dans certains cas, des répondants ont approuvé le comportement de l’intimidateur en affirmant que, d’un point de vue moral, c’était la chose à faire. Selon eux, l’intimidateur s’était mal conduit, mais pour de bonnes raisons.

À la suite de ces réponses, les chercheurs ont déduit que les jeunes participants de l’étude ne seraient pas portés à intervenir s’ils étaient témoins de cyberintimidation.

Plus ils sont âgés, plus les jeunes ont tendance à mettre en cause les circonstances de l’événement plutôt que le témoin dans le récit. Ils trouvent des excuses pour justifier l’attitude neutre du témoin.

Karissa Leduc

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Computers in Human Behavior (Nouvelle fenêtre).

Psychologie

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