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Facebook dévoile de nouvelles tentatives de manipulation avant les élections de mi-mandat

Facebook récupère des informations même lorsque ses utilisateurs n'y sont plus connectés.

Photo : Getty Images / Justin Tallis

Radio-Canada

Facebook a découvert une nouvelle campagne de manipulation politique sur sa plateforme à l'aube des élections législatives américaines de mi-mandat. Le géant des réseaux sociaux soutient avoir supprimé, mardi, les 32 pages et comptes Facebook et Instagram impliqués dans la tentative de manipulation.

La direction du réseau social précise avoir découvert la première page Facebook problématique il y a deux semaines. L’enquête a ensuite permis de découvrir 7 autres pages et 17 comptes Facebook de même que 7 comptes Instagram violant sa politique d’utilisation.

Les comptes, qui ont été créés entre mars 2017 et mai dernier, ont publié 10 000 messages sur le site. Ces 32 entités problématiques ont payé 11 000 $ en argent canadien et américain pour commanditer quelque 150 contenus et ainsi leur assurer une plus grande visibilité.

Les pages Facebook les plus fréquentées étaient « Aztlan Warriors », « Black Elevation », « Mindful Being » et « Resisters ». Plus de 290 000 utilisateurs étaient abonnés à l’une de ces pages. Le reste des pages et comptes fermés n’étaient que peu fréquentés – entre 0 et 10 visites – alors que les comptes Instagram n’avaient aucun abonné.

Facebook justifie la fermeture des comptes en invoquant sa politique d’interdiction de la fausse représentation. Cette politique stipule qu’il est interdit de créer de faux profils et de « créer un profil en prétendant être une autre personne ou entité. Elle précise également qu’il est interdit de mener des « activités inauthentiques » et de « tromper les gens quant à l’origine du contenu ».

L’ombre de la Russie plane sur Facebook

Tout en affirmant ignorer l’identité des auteurs de cette « action inauthentique coordonnée », Facebook avance qu’il existe des liens entre certains des comptes supprimés et des comptes de l’Internet Research Agency (IRA) – une organisation liée à la Russie. L’IRA avait interféré, notamment par le biais de comptes Facebook, dans la campagne présidentielle de 2016, selon Facebook.

L'entreprise avait révélé, en octobre dernier, qu'environ « 10 millions de personnes aux États-Unis » avaient visionné des contenus commandités par près de 500 comptes activés depuis la Russie avant l'élection présidentielle de 2016.

Facebook souligne également qu’une partie des activités menées par les administrateurs des comptes supprimés aujourd’hui est similaire à ce que l’IRA a fait dans le cadre de la dernière présidentielle américaine.

La direction du géant américain précise que son enquête se poursuit, mais qu’elle a décidé de frapper dès maintenant pour court-circuiter des manifestations – prévues pour la semaine prochaine – organisées par ces mauvais sujets.

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Une guerre technologique

Les utilisateurs malicieux raffinent toutefois leurs procédés, ajoute la direction de Facebook, et ils sont ainsi plus difficiles à identifier. Les comptes utilisés par l’IRA en 2016 utilisaient parfois des adresses IP russes, précise-t-elle, alors que ceux découverts au cours des derniers jours ne commettaient pas cette erreur.

Ces mauvais acteurs ont pris plus précautions pour couvrir leurs traces, notamment en raison des mesures que nous avons prises pour prévenir les abus au cours de la dernière année.

Le communiqué de Facebook

De plus, les délinquants de Facebook utilisent désormais des VPN – un système permettant d’utiliser un ordinateur à distance – et des services de téléphonie par Internet pour dissimuler leurs traces. Ils utilisent également les services de tierces personnes pour diffuser des publicités en leur nom.

« Nous faisons face à des adversaires déterminés, bien financés, qui n'abandonneront jamais et changent tout le temps de tactique, ajoute le communiqué de Facebook. C'est une course aux armes, et nous aussi nous avons constamment besoin de nous améliorer. »

Facebook poursuit son investigation en plus de partager ses découvertes avec les forces de l’ordre américaines, le Congrès, d’autres entreprises technologiques et un institut de recherche numérique (l’Atlantic Council’s Digital Forensic Research Lab).

Avec les informations de Agence France-Presse

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