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Recours collectif contre Skip the Dishes : les livreurs veulent être considérés comme employés

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Plus de 10 000 restaurants sont maintenant partenaires de Skip the dishes dans une quarantaine de villes d'Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une livreuse de Winnipeg qui travaillait pour Skip the Dishes a entamé un recours collectif contre l'entreprise manitobaine. L'action en cours vise non seulement les livreurs du Manitoba, mais aussi ceux des sept autres provinces où l'entreprise a des activités, ce qui exclut le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Dans sa requête, Charleen Pokorki dit avoir été engagée par Skip the Dishes en novembre 2016 et avoir depuis livré de la nourriture. Au moment de son embauche, elle affirme avoir signé une « Entente de consultant (livreur) ».

Elle allègue qu'elle devrait être considérée comme une employée et non comme une entrepreneure pour plusieurs raisons : elle a été embauchée et formée par l'entreprise, elle n'est pas payée par les clients et ne peut solliciter de clients, et, enfin, elle ne peut faire concurrence à Skip the Dishes ou sous-traiter son travail.

Selon la requête de Charleen Pokorki, les règles en matière d'emploi doivent s'appliquer aux personnes qui, comme elle, agissent comme traiteurs pour l'entreprise manitobaine et que tout élément de l'entente qui y est contraire doit être rejeté. Elle reproche à l'entreprise de lui avoir faussement fait croire qu'elle était une entrepreneure indépendante, alors que Skip the Dishes avait l'obligation d'agir de bonne foi avec elle et de s'être ainsi injustement enrichie.

Ce recours collectif demande ainsi au tribunal de déclarer que les livreurs de l'entreprise dans les huit provinces visées sont des employés auxquels s'appliquent les lois de chaque province en matière d'emploi. Les personnes qui sont considérées comme des employés bénéficient, par exemple, de protection en matière de salaire minimum, d'heures supplémentaires et de congés payés.

Ces allégations n'ont pas été prouvées en cour.

Un modèle qui force les restaurateurs à s'adapter

Les services de livraison de nourriture comme Skip the Dishes ont changé la donne dans le milieu de la restauration ces dernières années. Toutefois, certains restaurateurs, comme la chaîne de restaurants, Stella's ont décidé de ne plus faire appel à ce service, entre autres, en raison des frais qui leur sont facturés.

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Les sept restaurants de Salisbury House à Winnipeg, ainsi que quatre restaurants Sals XPress et des restaurants à Steinbach et Norway House, ont été vendus.

Photo : Radio-Canada

D'autres sont satisfaits du service offert par l'entreprise manitobaine, même s'ils reconnaissent l'effet que ce type d'entreprise a sur les restaurants. C'est le cas du propriétaire des restaurants winnipégois Salisbury House et Hermanos, Noel Bernier, qui les compare aux entreprises comme Uber.

« Ce service existait depuis longtemps à Winnipeg, mais il n'avait pas la forme d'un logiciel très bien adapté. Une entreprise comme The Mobile Maitre D' qui livrait la nourriture de restaurant pendant une décennie à Winnipeg. »

— Une citation de  Noel Bernier, propriétaire des restaurants Salisbury House et Hermanos

Selon Noel Bernier, ce modèle d'affaires va croître à l'avenir, et les restaurateurs ne peuvent lutter contre lui, mais devront s'adapter. Il indique que ces changements sont lancés par les clients et non les entreprises, et il rappelle du même coup le proverbe selon lequel Le client a toujours raison.

Sans s'opposer aux raisons avancées par le propriétaire de Stella's pour se retirer de l'application, Noel Bernier dit toutefois que, dans son cas, Skip the Dishes permet de joindre des clients qu'il lui aurait été difficile, voire impossible, de joindre autrement. Il dit ne pas envisager la possibilité de retirer ses établissements du service.

« C'est contre-intuitif de les retirer de quoi que ce soit. Je veux être plus accessible pour mes clients, point final. Je veux leur donner ce qu'ils veulent. »

— Une citation de  Noel Bernier, propriétaire des restaurants Salisbury House et Hermanos

Il note par ailleurs que l'effet des services de livraison n'est pas le même sur les deux chaînes qu'il possède. Les restaurants Hermanos ont vu une faible demande à travers le service en ligne contrairement aux établissements Salisbury House.

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