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​Propos haineux envers les Autochtones: la GRC procède à des arrestations

Des graffitis noirs sur une voiture blanche.
Des graffitis sur la voiture de la Manitobaine Destine Spiller sont à l'origine d'une discussion sur Facebook lors de laquelle elle et une Saskatchewanaise, Raycine Chaisson, ont tenu des propos violents envers les Autochtones. Photo: Facebook
Radio-Canada

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) confirme avoir arrêté deux femmes pour profération de menaces et incitation publique à la haine. Ces arrestations surviennent après qu'une publication Facebook a beaucoup fait réagir parce qu'elle comprenait des propos violents à l'égard des Autochtones.

Dans un communiqué, la GRC de Flin Flon, au Manitoba, explique avoir ouvert une enquête après avoir reçu plusieurs appels au sujet de méfaits contre des biens. Elle précise également avoir observé de nombreuses plaintes concernant les mêmes méfaits sur une page Facebook publique concernant Flin Flon. Elle ajoute ​que ces messages en ligne ​« ont rapidement dégénéré en propos haineux et menaçants contre des résidents des communautés des Premières Nations ».

​Une troisième femme ​sera également arrêtée relativement à cette affaire, selon la GRC, qui précise qu'aucune accusation n'a encore été déposée.

Les autorités disent ne pas pouvoir divulguer les noms des suspectes pour le moment. Parmi les deux femmes arrêtées, l'une est âgée de 32 ans et vient de Flin Flon, l'autre est âgée de 25 ans et vient de Denare Beach, en Saskatchewan.

Les trois suspectes coopèrent avec la police, d'après la GRC.

Grand bruit sur les réseaux sociaux

Mardi matin, Radio-Canada a publié des extraits de commentaires sur les réseaux sociaux faits par deux femmes qui s'identifient sur Facebook comme étant ​Destine Spiller et Raycine Chaisson.

Destine Spiller a publié des photos de sa voiture blanche, marquée de graffitis noirs. Elle a affirmé qu'« il était temps de mettre les animaux en cage ou de proclamer la journée "Tirer sur un Indien" ». Ce à quoi Raycine Chaisson a répondu qu'il ​faudrait une « purge de 24 heures » pour se débarrasser des Autochtones.

Un salon de coiffure de Flin Flon a publié un message sur Facebook affirmant qu'une personne ayant proféré ces messages haineux n'était plus employée par l'entreprise.

La direction D'Urban Trendz Hair Studio a d’ailleurs spécifié qu’elle avait une « politique de tolérance zéro lorsqu’il est question de discrimination ou de racisme ».

​Destine Spiller s’est par la suite excusée d’avoir tenu de tels propos. Toujours sur Facebook, elle a écrit qu’elle n’avait pas réfléchi à ce qu’elle disait et qu’elle était furieuse lorsqu’elle avait découvert sa nouvelle voiture vandalisée.

Radio-Canada a tenté de joindre les deux femmes, mais n'a pas été en mesure de leur parler.

Depuis la publication originale des photos de la voiture vandalisée, samedi, des captures d'écran de celle-ci ont été relayées des centaines de fois sur les réseaux sociaux.

L'échange entre la Manitobaine Destine Spiller et quelques amis, dont la Saskatchewanaise Raycine Chaisson, sur sa page Facebook.L'échange entre la Manitobaine Destine Spiller et quelques amis, dont la Saskatchewanaise Raycine Chaisson, sur sa page Facebook. Photo : Facebook

Déception et dénonciation

Au Manitoba, l'activiste et artiste autochtone Jackie Traverse dénonce ces propos.

« Cela incite à la violence envers les Autochtones et c'est si près de l'endroit où Colten Boushie a été tué, et c'est inacceptable », dit-elle. Elle indique avoir contacté la Gendarmerie royale du Canada relativement à cet incident.

« Il y a tellement de gens comme ça, et c'est ce qui est le plus choquant. Les gens parlent de réconciliation dans différents établissements, mais ce ne sont que des mots », déclare la poétesse autochtone Janelle Pewapsconias, en Saskatchewan.

« Je parle en mon propre nom, au nom de mon conseil municipal et au nom de ma communauté : nous n'acceptons pas ce genre de commentaires », tranche pour sa part le maire de Creighton, Bruce Fidler. La municipalité compte 1500 habitants et est située à 3 kilomètres de Flin Flon.

La FSIN demande plus de fermeté à la GRC

La Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) implore la GRC d'appliquer systématiquement les sanctions nécessaires aux auteurs de menaces et d'incitation à la haine contre les membres des Premières Nations en Saskatchewan.

« [Ces deux arrestations] sont ce que nous attendons de la GRC », a déclaré le chef de la FSIN, Bobby Cameron. « Nous ne tolérerons plus ces gestes éhontés et ces déclarations racistes au Canada. »

Avec les informations d'Omayra Issa et d'Ian Froese

Saskatchewan

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