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Mort en détention à Fort McMurray : une mère veut des réponses

Un homme blond, tatoué, torse nu et portant des lunettes de soleil est accroupi près d'un chien, dans un champ, et regarde la caméra.
Rodney Brown est mort en mai 2017 alors qu'il était détenu par la GRC de Wood Buffalo. Photo: Elsie Brown
Radio-Canada

Plus d'un an après la mort par surdose de Rodney Brown, alors qu'il était détenu par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), sa mère cherche toujours à savoir si les gendarmes en ont fait assez pour tenter de le sauver.

« [Cela est] extrêmement, extrêmement stressant. Parce que je pense qu’il devrait être encore en vie », dit Elsie Brown. « Toute la vie de ma famille a changé. »

Mme Brown, qui vit au Labrador, dit n’avoir reçu que très peu d’information sur les circonstances de la mort de son fils de 32 ans, survenue en mai 2017, au détachement de la GRC de Wood Buffalo.

Rodney Brown avait été arrêté le 11 mai 2017 pour trafic de cocaïne et placé en détention dans l’attente de son audience de libération sous caution.

Un rapport d’autopsie indique que le lendemain de son arrestation, le détenu respirait avec difficulté. Quelques heures plus tard, « du mucus vert » sortait de son nez. M. Brown a expliqué aux gendarmes qu’il était toxicomane. On l’a alors fouillé, mais trouvé aucune drogue sur lui.

Le détenu a ensuite été examiné par le personnel médical, mais n’a pas été transféré à l’hôpital.

Urgence médicale

Le lendemain, M. Brown a demandé à passer un appel téléphonique et a été emmené dans une pièce sécurisée, selon l’Équipe d’intervention de l’Alberta en cas d’incidents graves (ASIRT).

Quatre minutes plus tard, un gendarme a entendu un grand bruit et a trouvé le détenu au sol, en état de détresse médicale. Ce dernier a alors été transporté à l’hôpital, où sa mort a été confirmée.

L’autopsie a permis de retrouver un niveau important de cocaïne dans son corps, ainsi que des traces de fentanyl. Des fragments de sac plastique ont également été retrouvés dans son estomac.

L’examen a aussi révélé que M. Brown souffrait de problèmes cardiaques liés à une tension artérielle élevée et à la consommation répétée de stimulants.

Son corps ne montrait aucun signe de blessure ou de traumatisme.

Selon Mme Brown, le rapport montre que la surdose de son fils aurait pu être évitée si les gendarmes avaient utilisé de la naloxone, par exemple.

Son fils aurait dû être transporté à l’hôpital dès les premiers signes de problèmes médicaux, pense-t-elle.

La mère de famille dit ne pas savoir à quel point son fils consommait de la drogue ou s’il était impliqué dans le trafic de stupéfiants. Mais même s’il avait un passé répréhensible, dit-elle, la GRC a le devoir de protéger tous ceux dont elle a la charge.

« Cela doit être su. On l’a laissé mourir là sans lui donner quoi que ce soit pour l’aider », affirme-t-elle. « Et ça me ronge. »

La province prévoit de mener une enquête à son tour, une fois que l’ASIRT aura terminé la sienne. Cette dernière doit encore être revue par le directeur.

D'après les informations de David Thurton.

Alberta

Justice et faits divers