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Un neuvième béluga mort sur les rives du Saint-Laurent

L'énigme des bélugas
L'énigme des bélugas Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La carcasse d'un jeune béluga a été trouvée lundi sur les rives de la municipalité de Rivière-Ouelle, au Bas-Saint-Laurent. Il s'agit de la neuvième carcasse trouvée cette année sur le littoral du Saint-Laurent.

Un texte d'Adrianne Gauvin-Sasseville

Le directeur scientifique du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud, indique que l'âge exact du béluga est toujours inconnu.

Robert MichaudRobert Michaud, directeur scientifique du GREMM. Photo : GREMM

Si la carcasse n'est pas en assez bonne condition pour être déplacée, les scientifiques procéderont à un échantillonnage sur place afin d'obtenir plus d'informations sur ce mammifère.

Les nouveau-nés pourrissent rapidement. Ils sont tout-petits, alors ils ne sont pas protégés de la décomposition, précise M. Michaud.

En moyenne, une quinzaine de carcasses sont trouvées tous les ans sur les rives du Saint-Laurent, estime le scientifique.

Jusqu'à présent, deux très jeunes bélugas et quatre femelles en âge de se reproduire ont été trouvés sans vie sur le littoral.

En 2017, 22 carcasses de bélugas ont été trouvées et échantillonnées sur les côtes du Saint-Laurent.

Un autre cas au Saguenay

La carcasse d'une femelle béluga a été repérée dans la rivière Saguenay dimanche. Elle a été transportée à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, située à Saint-Hyacinthe, où une nécropsie sera réalisée mardi.

Selon nous, c’est un animal qui est né probablement plus tôt autour de 1975, mais elle pourrait être plus vieille que ça.

Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM

Cette femelle était suivie depuis 1989 par le GREMM. Il s’agit d’une des femelles ayant été le plus souvent observées par l'équipe de l'organisme à but non lucratif.

Elle avait été observée deux jours avant que sa carcasse ne soit trouvée dans la baie Sainte-Marguerite. Aucun signe apparent de détresse ou de faiblesse n'a été rapporté dans les observations cet été, selon M. Michaud.

Une augmentation des décès

L'une des choses qui seront réalisées dans les prochaines années, c’est de regarder tous les échouages de nouveau-nés et ensuite regarder les femelles qui sont mortes au cours de la même saison, mentionne M. Michaud.

Dans les cas où la carcasse n'est pas identifiable visuellement en raison d'un état de dégradation trop avancé, il est possible de reconnaître les animaux de façon génétique.

Avec l'analyse des profils génétiques, on pourrait identifier les femelles probables comme les mères [des nouveau-nés échoués].

Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM

Cette information permettrait de savoir si la mort des nouveau-nés peut être associée à la mort de leur mère.

Dans les dernières années, les scientifiques ont constaté une augmentation des décès des nouveau-nés et des femelles bélugas lors de la mise bas ou peu après, lorsqu'elles produisent encore du lait. Cette tendance est préoccupante pour les experts, puisqu'elle n'est pas contrebalancée par une hausse des naissances.

Plusieurs hypothèses sont émises pour expliquer cette situation.

Le dérangement par les activités humaines, la mutation de la ressource alimentaire causée par les changements climatiques, ainsi que les contaminants dans les eaux pourraient tous être nuisibles à la gestation des femelles.

Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins étudie les bélugas du Saint-Laurent pour éduquer la population sur la conservation du milieu marin.

Bas-Saint-Laurent

Faune marine