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Maladie de Lyme : attention aux cliniques « alternatives », prévient la Santé publique

Une tique mord la peau d'une personne.

Les tiques peuvent se loger sous votre peau lorsqu'elles vous piquent. Si vous en découvrez une sur vous, utilisez une pince à bouts pointus pour l'enlever soigneusement sans l'écraser.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La maladie de Lyme se répand de plus en plus au Québec, particulièrement en Estrie et en Montérégie. Toutefois, son diagnostic et son traitement soulèvent la controverse. Des patients, convaincus d'être atteints de la maladie, estiment ne pas être pris au sérieux par le système de santé québécois et se tournent vers des cliniques parallèles aux États-Unis pour y suivre des traitements. La Santé publique met cependant la population en garde contre les traitements proposés par ces cliniques, qui peuvent être dangereux.

La maladie, dans son stade précoce, est reconnue par tous les médecins. De 3 à 30 jours suivant la piqûre par une tique porteuse du Borrelia burgdorferi, la personne infectée peut développer un érythème caractéristique en forme de cible, de la fièvre, des frissons et des maux de tête. Si elle n’est pas traitée, la maladie peut ensuite entraîner des atteintes au niveau articulaire, cardiaque et neurologique.

« À ce moment-là, au niveau de l’analyse sanguine, on va être capable de trouver une évidence », souligne la Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique en Estrie.

C’est toutefois le diagnostic d’une forme chronique de la maladie qui ne fait pas l’unanimité dans la société. Sur la page web de Santé Canada (Nouvelle fenêtre), il est écrit qu’une personne ayant été traitée peut souffrir du « syndrome post-maladie de Lyme », qui comprend des troubles du sommeil, de la fatigue et des douleurs vagues. La Dre Généreux reconnaît qu’un certain pourcentage de personnes ayant reçu un diagnostic clair peuvent présenter des symptômes diffus à la suite d’un traitement, mais à l’instar de plusieurs de ses collègues, elle se dit mal à l’aise de parler de cas « chroniques ».

« C’est un terme qu’on va donner à des gens qui ont une absence d’infection, qui ne présente pas de signes d'infection d'une infection passée ni [présente]. C’est très délicat de parler d’infection chronique en l’absence de symptômes. »

Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique en Estrie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique en Estrie

Photo : Radio-Canada

Trouver une solution

Devant l’absence de solutions proposées par le système québécois, certaines personnes se tournent vers des cliniques « alternatives », aux États-Unis.

« On veut trouver une raison, et lorsqu’on a fait le tour de différents spécialistes et qu’on ne [la] trouve pas, ça devient tentant de se faire dire que c’est peut-être une infection, il y a peut-être un remède », admet la Dre Généreux.

C'est le cas notamment pour la Magogoise Nadia Labbé, qui a reçu son diagnostic en Allemagne et qui pourrait devoir payer au-delà de 30 000 $ pour y obtenir des traitements à l'automne.

« J'ai consulté l'opinion du Québec, mais aussi du reste du Canada. La majorité s'accorde pour dire que c'est plutôt le Québec qui est trop sévère », déplore-t-elle.

La Dre Mélissa Généreux rappelle toutefois que ce ne sont que des cliniques en dehors du système régulier qui proposent des solutions de rechange, puisque les hôpitaux américains suivent les mêmes lignes diagnostiques et thérapeutiques que celles du Canada. Ces cliniques se basent sur des critères différents, des tests diagnostiques non validés et parfois même sur une simple discussion avec le patient pour émettre un diagnostic de maladie de Lyme chronique.

« Ce qui est encore plus dangereux, c’est que par la suite, on va recommander souvent une prise d’antibiotiques, parfois par voie intraveineuse, pendant plusieurs semaines, plusieurs mois. Pendant ce temps, la personne ne cherche pas le vrai diagnostic de ses symptômes, qui pourrait être autre chose. De plus, prendre des antibiotiques par voie intraveineuse pendant une longue période, cela peut être hyper dangereux », soutient la Dre Généreux.

Il y a des cas de décès qui ont été rapportés aux États-Unis chez des patients qui ont reçu ce traitement-là en raison d’un faux diagnostic de la maladie de Lyme. Les antibiotiques, ce ne sont pas des bonbons.

Une citation de : Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique de l'Estrie

Selon la Dre Généreux, l’antibiorésistance (la résistance aux antibiotiques) va devenir une problématique grave et un grand défi pour le système de santé au cours des prochaines années. Elle rappelle qu’il ne faut prendre des antibiotiques que lorsque c’est recommandé.

Faire confiance au système québécois

La Dre Généreux soutient que le système de santé québécois est fiable et que les gens peuvent y faire confiance.

Elle admet toutefois que la médecine ne peut pas solutionner tous les problèmes.

« Ce n’est pas la faute de la médecine, des médecins ou de la maladie de Lyme. Il y a simplement des cas en médecine qui sont complexes, malheureusement. »

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