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Trump veut rencontrer le président iranien Rohani

Donald Trump

Donald Trump dit être prêt à rencontrer les dirigeants iraniens, au premier chef le président Hassan Rohani.

Photo : Reuters / Leah Millis

Agence France-Presse

Après avoir rencontré Kim Jong-un au terme d'une escalade verbale sans précédent avec la Corée du Nord, Donald Trump se dit désormais prêt à voir les dirigeants iraniens quand ils le désireront.

« Je ne sais pas s'ils y sont prêts », a dit lundi le président des États-Unis répondant à une question sur une éventuelle rencontre avec son homologue iranien Hassan Rohani.

J'imagine qu'ils voudront me rencontrer, je suis prêt à les rencontrer quand ils veulent.

Donald Trump, président des États-Unis

Selon lui, c'est « bon pour eux, bon pour nous, bon pour le monde entier », surtout « si nous pouvons trouver une solution sérieuse, pas un gâchis de papier comme l'autre accord ».

Un retour à l’accord sur le nucléaire

Un conseiller du président Rohani a déclaré mardi que tous pourparlers avec les États-Unis devaient commencer par une réduction des hostilités et un retour à l'accord sur le nucléaire.

« Le respect de la grande nation iranienne, la réduction des hostilités, le retour des États-Unis dans l'accord nucléaire... Cela ouvrira le chemin chaotique du moment », a écrit Hamid Aboutalebi sur Twitter.

M. Aboutalebi a rappelé que l'Iran avait montré son ouverture au dialogue par le passé, en particulier avec l'appel téléphonique entre Rohani et Barack Obama en 2013.

Ce dialogue était « basé sur l'idée de mesures de confiance et l'accord sur le nucléaire était une réalisation de cet effort », a écrit M. Aboutalebi.

M. Trump a annoncé en mai le retrait des États-Unis de l'accord international censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, qu'il juge trop laxiste.

Il a rétabli toutes les sanctions levées après sa signature en 2015, avec un sévère contrecoup pour de nombreuses entreprises européennes, sommées de quitter l'Iran sous peine d'être frappées par des mesures punitives américaines.

Des conditions à un nouvel accord

Washington a dressé une liste de 12 conditions draconiennes pour un nouvel accord avec l'Iran.

Donald Trump a en revanche assuré ne pas poser de conditions à une rencontre qui serait la première entre des présidents américain et iranien depuis la révolution islamique de 1979.

Mais son secrétaire d'État Mike Pompeo a ensuite précisé sur la chaîne CNBC qu'une réunion au sommet pourrait avoir lieu « si les Iraniens démontrent qu'ils sont prêts à des changements fondamentaux dans leur manière de traiter leur peuple, modifient leur comportement malveillant » au Moyen-Orient et se montrent ouverts à un accord sur le nucléaire « qui empêche vraiment la prolifération ».

Les États-Unis sont prêts à prendre des actions pour supprimer les sanctions, rétablir des relations diplomatiques et commerciales totales, permettre à l'Iran d'avoir une technologie avancée et soutenir la réintégration de l'économie iranienne dans le système économique international.

Garrett Marquis, Conseil de sécurité nationale

« Cependant, cet assouplissement n'est possible que s'il y a des évolutions tangibles, prouvées et durables dans les politiques de Téhéran. Jusque-là, le fardeau des sanctions ne sera que de plus en plus lourd si le régime ne change pas de voie », a ajouté le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Garrett Marquis.

Le président iranien Hassan Rohani.

Le président iranien Hassan Rohani.

Photo : Associated Press

L'ouverture américaine survient au moment où le ton a monté ces derniers jours.

Le président Rohani a d'abord prévenu qu'un conflit avec l'Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

« NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE PEU AU COURS DE L'HISTOIRE EN ONT CONNU AUPARAVANT », lui a directement répondu Donald Trump dans un tweet en majuscules.

« SOYEZ PRUDENT! », a ensuite rétorqué, sur le même mode, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Une répétition du scénario vécu avec la Corée du Nord

Le registre de l'avertissement américain rappelle celui employé il y a un an contre les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, à laquelle Donald Trump promettait « le feu et la colère » et une « destruction totale » en cas d'agression.

En parallèle de la campagne de « pression maximale », mélange d'isolement diplomatique et de sanctions draconiennes, mise en place par Washington, les échanges d'invectives avec Kim Jong-un étaient allés en crescendo pendant que Pyongyang multipliait les essais balistiques et nucléaires.

Jusqu'au spectaculaire rapprochement de 2018 et au sommet du 12 juin à Singapour, à l'issue duquel le président américain n'a pas tari d'éloges à l'égard du dirigeant nord-coréen.

Pense-t-il pouvoir reproduire ce scénario avec la République islamique? Téhéran a en tout cas remplacé Pyongyang comme ennemi numéro un de Washington, et la « pression maximale », qui a disparu du lexique de Donald Trump au sujet de la Corée du Nord, est désormais évoquée pour faire plier l'Iran.

Pour l'instant, le reste de la communauté internationale, qui avait suivi les États-Unis en imposant de lourdes sanctions contre le régime nord-coréen l'an dernier, refuse d'en faire autant face aux autorités iraniennes. Les alliés européens, en particulier, tentent envers et contre tout de sauver l'accord sur le nucléaire iranien.

Dans ce contexte, Donald Trump va-t-il finalement rencontrer Hassan Rohani? Une occasion pourrait se présenter à l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, fin septembre, à New York.

Reste à savoir si le président iranien est demandeur. Selon son entourage, le président américain avait demandé à huit reprises une telle réunion en marge du rendez-vous de l'ONU l'an dernier. En vain.

La monnaie iranienne dégringole

La monnaie nationale iranienne, le rial, a encore brutalement chuté mardi face au dollar américain, perdant 18 % de sa valeur en deux jours, avant la réimposition, le 6 août, des sanctions américaines contre l'Iran. Depuis le début de l'année, le rial a perdu près des deux tiers de sa valeur.

Mardi, il fallait 119 000 rials pour obtenir 1 $ US sur le marché parallèle, soit une baisse de 18 % de la devise par rapport à dimanche où 1 $ s'échangeait contre 100 000 rials. Le 1er janvier 2018, il suffisait de 42 900 rials pour obtenir 1 $.

Dans ce contexte de crise monétaire aiguë, le président Rohani, un modéré, a remplacé la semaine dernière le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Valiollah Seif, par Abdolnasser Hemati.

La Banque a estimé lundi que la volatilité de la devise nationale était due à « la conspiration des ennemis » et promis de nouvelles mesures « dans les jours qui viennent » pour contrer cette chute.

Le gouvernement avait tenté d'enrayer la baisse du rial en avril en établissant un taux officiel fixe de 42 000 rials pour 1 $ tout en menaçant d'agir contre les cambistes officiant sur le marché noir. Mais les banques refusant de vendre leurs dollars à ce taux artificiellement bas, les autorités ont dû assouplir leur position, laissant davantage de flexibilité pour certains importateurs.

La fébrilité de la monnaie nationale est liée au retrait unilatéral des États-Unis de l'accord international visant à éviter que l'Iran ne se dote de l'arme atomique.

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