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L'argent, le grand tabou de la vie de couple

Un couple examinant des documents financiers sur une table.
Malgré l'importance des questions à incidence financière, plusieurs couples hésitent à aborder le sujet. Photo: iStock / Wavebreakmedia
Radio-Canada

Un récent sondage Ipsos Reid/Banque Manuvie vient le confirmer : en amour, l'argent est toujours un sujet tabou. À preuve, indique le coup de sonde, 30 % des répondants admettent que leurs dettes causent des problèmes dans leur relation. Un état de fait qui ne surprend guère une experte.

En entrevue à RDI économie, Hélène Belleau, directrice du Centre d'urbanisation culture société de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) et coauteure du livre L'amour et l'argent : Guide de survie en 60 questions, a souligné que les conclusions du sondage « correspondaient tout à fait » aux enquêtes menées dans le cadre des recherches en vue de la rédaction de son livre.

Selon elle, les difficultés à aborder les questions monétaires au sein d'un couple – 12 % des répondants au sondage d'Ipsos Reid reconnaissent ne jamais parler de ce sujet – s'expliquent entre autres par le fait que « l'argent suit une logique qui fonctionne très différemment de [celle de] l'amour ».

Dans une relation amoureuse, le ou la partenaire aurait ainsi préséance sur les intérêts personnels, estime Mme Belleau. « Bien souvent, également, l'argent est mis au service de la relation, du moins au début », poursuit-elle.

De parler d'argent de façon très personnelle, par exemple selon les règles du marché, où l'on devrait défendre ses intérêts personnels, va complètement à l'encontre de la dynamique de couple.

Hélène Belleau, directrice du Centre d'urbanisation culture société de l'INRS
Portrait de Hélène Belleau, coauteure du livre L’amour et l’argent : guide de survie en 60 questions.Hélène Belleau, coauteure du livre L’amour et l’argent : guide de survie en 60 questions. Photo : Radio-Canada

Ne pas avoir peur du long terme

Toujours selon Mme Belleau, les couples aborderont certes les questions financières liées aux activités quotidiennes, comme l'achat de nourriture ou la location d'un logement, mais ne discuteront pas des enjeux financiers à moyen ou long terme.

« Ce sur quoi les couples doivent s'interroger, ce sont les conséquences à court, moyen et long terme des modes de gestion [financière] qu'ils vont utiliser », dit-elle.

Les tâches accomplies au sein d'un couple devraient par ailleurs être prises en compte dans les calculs économiques, estime la chercheuse.

Ne pas agir de la sorte contribuerait à alimenter les tensions entre les partenaires, avance Mme Belleau. L'arrivée des enfants dans une famille viendrait aussi accroître le fossé entre les heures travaillées par chaque parent, ce qui, en retour, aurait potentiellement un impact sur le plan économique.

La réduction du temps de travail des mères viendrait aussi jouer un mauvais tour à la retraite, puisque ces femmes pourraient moins contribuer à leur régime de retraite.

Aux yeux d'Hélène Belleau, la solution est simple. « Je pense que ce qui est important, c'est de prendre conscience de la situation dans laquelle on se trouve, essayer d'en discuter quand c'est possible, mais sinon, faire en sorte d'organiser les finances pour qu'aucun des deux partenaires ne s'appauvrisse. »

Idéalement, les couples devraient signer des contrats pour assurer la bonne marche des dossiers économiques, croit Mme Belleau. Et quelle est la meilleure façon de signer un contrat assurant la santé économique des signataires? « Mariez-vous! », conclut la chercheuse.

Égalité des sexes

Économie