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Éducation : des programmes privés canadiens qui ont la cote partout dans le monde

Des élèves dans une classe.
Les programmes d'études sur le Canada ont la cote en Asie, ainsi qu'ailleurs dans le monde. Photo: Getty Images / ferrantraite
Radio-Canada

Dans un mois, des millions de jeunes Canadiens retourneront sur les bancs d'école. Ce que l'on sait moins, c'est qu'à des milliers de kilomètres d'ici, en Chine, au Qatar ou en Égypte, des dizaines de milliers d'élèves plongeront le nez dans des livres d'histoire et de géographie canadienne. Plus de 110 écoles privées canadiennes à l'international proposent à des élèves de suivre un programme canadien d'études primaires, secondaires et collégiales afin d'obtenir un diplôme délivré par une province du pays.

Un texte de Nancy Caouette

Ces écoles, qui se financent à même les frais de scolarité payés par leurs élèves, sont certifiées et supervisées par des représentants du ministère de l'Éducation de sept provinces. Seuls le Québec, la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et les territoires canadiens ne sont affiliés à aucune école à l'étranger.

La majorité de ces institutions d'enseignement, qui existent depuis 1997, offrent le cursus scolaire complet de la province, ce qui signifie que les élèves utilisent les mêmes livres que les jeunes Canadiens et ils obtiennent le même diplôme à la fin de leur parcours scolaire. D'autres institutions offrent un programme hybride composé de cours du cursus canadien et du cursus du pays où elles sont situées.

Les cours sont offerts en majorité par des enseignants canadiens ou occidentaux certifiés par la province canadienne à laquelle l'école est affiliée.

La rétention des enseignants est un défi important pour ces écoles. Un enseignant québécois, Vincent Lagrange, raconte que la direction de l'école internationale canadienne de la Colombie-Britannique du Caire, en Égypte, où il travaillera dès septembre, lui a proposé de financer ses études de maîtrise et de lui offrir des primes annuelles afin de le retenir le plus longtemps possible.

« On n'a pas à se préoccuper de la paperasse, explique-t-il. Ils s'occupent du visa de travail, ils nous trouvent notre appartement, s'assurent qu'il y a quelque chose dans le garde-manger et dans le frigo à notre arrivée. En plus, il y a un convoi qui nous accompagne à l'école le matin et nous raccompagne à la maison le soir. Je me sens comme un roi », décrit-il, en ajoutant que ce séjour au Caire constitue l'accomplissement de son « rêve professionnel ».

Des diplômes canadiens « faits en Chine »

Près de trois écoles internationales canadiennes sur quatre se trouvent en Chine. Le but premier des élèves : obtenir un diplôme d'études en anglais qui leur ouvrira les portes des universités canadiennes, mais aussi celles des institutions américaines et européennes.

Jean-Raphaël To-Landry enseigne l'éducation physique à l'École internationale Maple Leaf de Tianjan, qui offre le programme de la Colombie-Britannique. Il raconte que plusieurs élèves passent plus de 10 heures par jour à l'école, non seulement pour suivre le programme scolaire, mais aussi pour recevoir des cours de rattrapage en anglais et pour assister aux séances d'études obligatoires.

« Les élèves y mettent beaucoup d'efforts. Certaines familles sont plus riches, d'autres moins, il y a de tout. Mais il y en a beaucoup qui poussent vraiment leurs enfants à avoir des bonnes notes pour accéder à des études supérieures à l'étranger et obtenir un travail qui rapportera de l'argent à la maison. La pression est souvent assez forte sur les élèves », témoigne-t-il.

Des écoles critiquées pour leur manque de transparence

Chaque province définit le processus de certification et du suivi dans les écoles internationales afin de s'assurer que la qualité de l'enseignement. Certaines de ces institutions privées d'enseignement se sont fait reprocher leur manque de transparence au cours des dernières années.

Plusieurs enseignants des écoles canadiennes à l'étranger se sont plaints dans des médias canadiens des inspections trop laxistes de la part du ministère de l'Éducation des provinces.

Le ministère de l'Éducation de l'Ontario a imposé en 2005 un moratoire sur l'ouverture de nouvelles écoles internationales accréditées par la province en raison notamment d'allégations de corruption et de paiements de pots-de-vin par les élèves afin d'obtenir de meilleures notes dans une des 20 écoles qu'il accrédite.

Les ministères de l'Éducation de l'Ontario, du Manitoba et de la Colombie-Britannique ont refusé nos demandes d'entrevue sur la question, se contentant de fournir des données générales sur les écoles internationales offrant leur cursus.

Steven LePoidevin, un enseignant canadien de mathématiques à la retraite, a enseigné durant six ans dans des écoles internationales Maple Leaf en Chine. Il estime qu'il faut être prudent lorsque l'on aborde la question de l'inspection des programmes scolaires canadiens à l'étranger.

« Je ne peux parler que des écoles que je connais. Les écoles internationales Maple Leaf appliquent avec rigueur les programmes d'études canadiens. Elles sont certifiées par le ministère de l'Éducation de la Colombie-Britannique et inspectées chaque année par des représentants du ministère. Ces écoles sont d'ailleurs inscrites en Bourse. Pour être sur les marchés boursiers, elles doivent satisfaire à un nombre très élevé d'exigences très strictes », soutient-il.

Il affirme par ailleurs que les années passées en Chine ont été les plus enrichissantes de sa carrière.

Selon un rapport de la Fondation Asie Pacifique du Canada, près de 56 000 élèves étudiaient en 2011 un cursus ou un programme scolaire canadien à l'étranger, soit deux fois plus d'élèves que ceux qui étaient inscrits la même année dans les écoles de l'Île-du-Prince-Édouard.

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