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Bruyant, le festival Heavy Montréal? Oui, mais pas tant que ça sur la Rive-Sud

Des fans de métal surfent sur la foule au festival Heavy Montréal.

Selon les capteurs installés sur le site et en banlieue, le festival a été bruyant, mais pas excessivement.

Photo : evenko/Patrick Beaudry

Radio-Canada

Si des capteurs installés près de la scène centrale du festival Heavy Montréal ont capté un niveau sonore de 90 décibels, de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent, à Saint-Lambert, on a plutôt enregistré un niveau de 54 décibels, soit environ la même intensité qu'une conversation normale.

D'après un texte de Roberto Rocha, de CBC News

Il s'agissait des premières données colligées dans le cadre d'un effort collaboratif entre la Société du parc Jean-Drapeau et les villes de Montréal et de Saint-Lambert pour évaluer l'ampleur de la pollution sonore générée par les festivals estivaux qui atteint les banlieues de la Rive-Sud.

Geneviève Boyer, une porte-parole de la Société du parc Jean-Drapeau, a confirmé à CBC qu'à la fin de l'été, ces données seront analysées par des experts qui auront pour tâche de trouver des solutions.

Carte représentant les trois endroits où ont été placés des capteurs de son pendant le festival Heavy Montréal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les trois endroits où ont été placés des capteurs de son pendant le festival Heavy Montréal.

Photo : Radio-Canada

Depuis des années, des résidents de Saint-Lambert se plaignent que les festivals de musique tels qu'Osheaga et Île Soniq nuisent à leur qualité de vie.

« Bien souvent, nous ne pouvons pas profiter de l'extérieur, puisqu'il y a du bruit. Ce ne sont pas vraiment des sons, c'est du bruit », explique François Girard, un résident de Saint-Lambert.

CBC a obtenu une copie des données captées pendant la fin de semaine, à des intervalles de 15 minutes, pour déterminer le niveau sonore perceptible par le capteur installé sur l'avenue Merton. Le graphique ci-dessous compare les niveaux enregistrés sur la scène et dans la rue en question.

Le capteur installé sur le site du festival se trouvait près de la scène Heavy Black Label, l'une des quatre scènes. Des concerts donnés plus loin ne résonnaient pas autant, ce qui explique l'amplitude de la courbe rouge.

Plusieurs facteurs peuvent avoir un impact sur la façon dont le son se propage, comme des barrières physiques, la vitesse et la direction du vent, l'humidité, ou encore la température. Mais pendant les heures du festival, le bruit détecté à Saint-Lambert était d'environ 25 décibels inférieur à celui enregistré sur scène et dépassait rarement les 55 décibels.

Par comparaison, le bruit ambiant moyen sur l'île de Montréal est de 58 décibels, selon une étude de 2015 ayant comparé les niveaux de bruit et les statuts socioéconomiques.

Le bruit entendu à Saint-Lambert a dépassé les niveaux moyens dans cette région, les fins de semaine. Mais selon le site Internet présentant les niveaux sonores actuels et passés, le son, de jour et durant la semaine, peut atteindre 60 décibels, ce qui est aussi fort qu'un éclat de rire ou qu'un restaurant achalandé.

Un bref orage survenu samedi vers 20 h a produit un son plus puissant en banlieue que le rockeur Marilyn Manson, qui jouait à ce moment-là.

Mais le son le plus fort capté à Saint-Lambert a été émis au même moment que le plus bruyant du festival, soit pendant la prestation de Rob Zombie.

À prendre avec un grain de sel, selon un expert

Il faut prendre ces données avec circonspection, croit Romain Dumoulin, acousticien à l’Université McGill et ancien inspecteur du contrôle du bruit à la Ville de Montréal.

Romain Dumoulin souligne que la technique utilisée pour évaluer le niveau sonore (pondération A) a ses limites, notamment parce qu’elle donne peu d’importance aux basses fréquences. Pourtant, selon l’expert, les basses fréquences provenant des haut-parleurs d’un concert sont nombreuses et elles peuvent être incommodantes.

« Je suis plutôt sceptique quant à la publication de ces données. Elles peuvent être utiles aux acousticiens, mais ça ne fait qu’ajouter à la confusion », affirme Romain Dumoulin.

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