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Les jeunes francophones déplorent le manque de services en santé mentale dans leur langue

Un jeune adulte recroquevillé sur lui-même, seul devant un grand mur grisâtre.
Plus de la moitié des jeunes francophones vivant hors du Québec disent ne pas avoir accès à des soins en santé mentale satisfaisants dans leur langue. Photo: Radio-Canada

Un peu plus de la moitié des jeunes francophones vivant en situation minoritaire au Canada ne sont pas satisfaits des soins en santé mentale qu'ils ont reçus, selon une récente étude d'une chercheuse de l'Université d'Ottawa.

À titre de comparaison, le taux d'insatisfaction est de 36 % parmi les jeunes Québécois francophones.

Plus de 57 % des participants de l'étude intitulée Santé mentale et maladies mentales des jeunes francophones de 15 à 24 ans venaient de l'Ontario.

Les résultats de l'étude

L'auteure de l'étude est Louise Bouchard, professeure en anthropologie et sociologie à l'Université d'Ottawa. Elle voulait dresser un portrait de la situation pour les jeunes francophones en milieu minoritaire au pays. Elle souligne que plus la prévention est faite tôt, meilleure sera la vie des jeunes.

Louise Bouchard, professeure à l'Université d'Ottawa et chercheuse à l'Institut du savoir MontfortLouise Bouchard, professeure à l'Université d'Ottawa et chercheuse à l'Institut du savoir Montfort Photo : Radio-Canada / Alexandra Angers

Moins on a un accès rapide à des soins, pire le problème peut devenir, donc c’est assez important d’avoir les ressources au bon moment, et nous on rajoute : dans la langue de la minorité.

Louise Bouchard, professeure à l'Université d'Ottawa

Selon la chercheure, le monde compétitif actuel génère beaucoup de stress, ce qui a des conséquences importantes sur le développement humain.

La transition vers l’université

Marie-Pierre Héroux est la coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien, la RÉFO.

La coprésidente de la RÉFO, Marie-Pierre Héroux. La représentante de l'Université Laurentienne au RÉFO, Marie-Pierre Héroux, aimerait que son université offre plus de services en santé mentale en français. Photo : Radio-Canada / Carl Sincennes

Elle dit que le manque de ressources en santé mentale en français est quelque chose dont se plaignent beaucoup les étudiants. Dans les institutions postsecondaires en français et bilingues, les temps d’attente pour recevoir des services en santé mentale sont extrêmement longs, dit-elle.

J’ai une amie à qui c’est arrivé et elle a dû aller chercher de l’aide hors campus, mais le problème avec ces services, c’est que souvent ils ne sont pas couverts par l’assurance qu’on a à notre université ou notre collège… alors encore là, ça n’aide pas l’étudiant.

Marie-Pierre Héroux, coprésidente de la RÉFO

De surcroît, parler de sa santé mentale est un sujet qui est très personnel. Même en étant bilingue, je ne me vois pas me confier ou parler à quelqu’un dans une autre langue que le français, dit-elle.

De plus, Mme Héroux ajoute que les francophones sont obligés de déménager beaucoup plus que les anglophones, et que cela ajoute aux difficultés psychologiques des étudiants.

C’est aussi une question de droit et de justice; les étudiants anglophones ont la chance de recevoir des services en anglais, pourquoi est-ce que nous on ne peut pas? On est quand même une des deux langues officielles.

Marie-Pierre Héroux, coprésidente de la RÉFO

Une situation très triste

Gilles LeVasseur, professeur de gestion et de droit à l’Université d’Ottawa, note qu’un individu retourne toujours à sa langue maternelle lorsqu’il est en situation de crise.

C’est donc d’autant plus important qu’on donne aux gens cette capacité-là de pouvoir communiquer en français, dit-il.

Gilles LeVasseur est professeur de droit et de gestion à l'Université d'Ottawa.Gilles LeVasseur est professeur de droit et de gestion à l'Université d'Ottawa. Photo : Radio-Canada

C’est très triste, qu’ils doivent passer au travers de tant de souffrance pour avoir droit aux services de base.

Gilles LeVasseur, professeur de gestion et droit à l'Université d'Ottawa

Selon lui, la solution à court terme est de créer des services par Skype ou Facetime.

Par contre, il ajoute que ces services ne sont pas élaborés en Ontario français, tandis qu’en Ontario anglais, ils sont bien implantés.

La réaction du gouvernement de l'Ontario

À la suite de la publication de ce texte, une porte-parole pour Mme Mulroney, Jessica Trepanier, a tenu à nous envoyer les commentaires de la ministre déléguée.

Voici ces commentaires:

Caroline Mulroney, la ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, a répondu que son gouvernement s'est engagé à faire en sorte que tous les Ontariennes et Ontariens aient accès aux services de santé mentale dont ils ont besoin. C'est pourquoi nous faisons un investissement historique de 3,8 milliard de dollars dans les services de santé mentale, de toxicomanie et de soutien au logement, dit-elle dans un communiqué envoyé par courriel à Radio-Canada.

Je travaille aussi en étroite collaboration avec mes collègues du Conseil des ministres, y compris la ministre de la Santé et des Soins de longue durée, pour veiller à ce que la communauté francophone ait une voix à la table pour défendre ses besoins.

Caroline Mulroney, ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario

Windsor

Santé physique et mentale