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Qu'est-il arrivé au vol MH370? Les enquêteurs l'ignorent toujours

Un homme qui a perdu un proche dans la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines lit le rapport d'enquête sur les événements.

Un homme qui a perdu un proche dans la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines lit le rapport d'enquête sur les événements.

Photo : Reuters / Stringer

Radio-Canada

À ce jour, rien ne permet d'expliquer la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines en 2014, ont conclu les enquêteurs lundi dans un rapport très attendu. Les familles des victimes, qui se disent déçues, attendent toujours des réponses.

Lors d’un point de presse, l’enquêteur Kok Soo Chon, qui a dirigé l’équipe de recherches, a d’entrée de jeu précisé qu’il ne s’agissait pas d’un « rapport final », mais plutôt d’un rapport se concentrant sur la sécurité.

« Nous avons établi que l’avion a changé sa trajectoire pour revenir en arrière, a-t-il indiqué. [Cette manoeuvre] n’était pas due à une anomalie du système ni au pilotage automatique. Elle a été opérée de façon manuelle. »

Nous ne pouvons pas expliquer avec certitude pourquoi l’avion a dévié de sa trajectoire initiale.

Kok Soo Chon, enquêteur en chef

« L’équipe n’a pas été capable de déterminer la réelle raison de la disparition du vol MH370 », a-t-il conclu.

Le rapport indique aussi que l’Autorité de l’aviation civile du Vietnam avait commis une erreur en omettant de signaler aux autorités chinoises que le vol MH370 n’avait pas établi de contact cinq minutes après l’avoir constaté, comme l’ordonne la procédure.

Il est également ressorti du rapport que les contrôleurs aériens n’ont pas effectué les différentes phases de procédures d’urgence, ce qui aurait retardé le démarrage des recherches. Des dysfonctionnements et un non-respect des procédures et des consignes qui auraient, selon le rapport, provoqué la disparition de l'appareil.

« Nous espérons que ces erreurs ne se reproduiront pas et que des mesures ont été mises en place pour les éviter à l'avenir », a déclaré Grace Nathan, une avocate dont la mère, Anne Daisy, se trouvait à bord du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Une femme pleure et s'essuie les yeux avec un mouchoir. Une femme à ses côtés semble lui offrir son soutien.

Le vol MH370, qui assurait une liaison entre Kuala Lumpur et Pékin, a disparu avec 239 personnes à son bord.

Photo : Reuters / Stringer

Les familles déçues

Des proches de disparus avaient espéré que ce rapport officiel leur apporte de nouvelles informations leur permettant de faire leur deuil, plus de quatre ans après la disparition de l’appareil. Mais lors d'une réunion au ministère malaisien des Transports, au cours de laquelle le document a été présenté aux proches avant sa publication officielle, certains ont critiqué ce rapport.

« C'est tellement décevant, je suis frustrée, il n'y a rien de nouveau », a dit Intan Maizura Othman, dont le mari était à bord du Boeing 777 qui s'était volatilisé peu après son décollage de Kuala Lumpur.

Cette rencontre s'est transformée en une « vive discussion » au cours de laquelle des proches ont exprimé leurs frustrations, a-t-elle ajouté.

« Beaucoup ont posé des questions », a mentionné pour sa part G. Subramaniam, qui a perdu un fils dans l'avion, mais « des réponses insatisfaisantes ont provoqué la colère de nombreux proches ».

Le capitaine lavé de tout soupçon

L’équipe d’enquêteurs, qui réunissait les autorités de sept pays, s’est d’abord concentrée sur les antécédents du pilote, un homme de 53 ans marié et père de trois enfants. Selon Kok Soo Chon, Zaharie Ahmad Shah était un pilote très expérimenté, qui avait plus de 18 000 heures de vol à son actif.

Le capitaine n’avait aucun historique de maladie mentale ni de problème psychiatrique, et les extraits audio qui ont été étudiés par les enquêteurs ne laissent pas croire qu’il souffrait d’anxiété ou de stress lors du vol, a ajouté M. Soo Chon.

À ce stade-ci, l’hypothèse d’une interférence menée illégalement par une tierce partie n’est pas exclue, a-t-il ajouté.

La disparition du vol MH370, qui faisait la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin le 8 mars 2014 avec 239 personnes à bord, est devenue l'une des plus grandes énigmes de l'histoire de l'aviation.

En mai, la Malaisie a mis fin à des recherches sous-marines, à financements privés, de l'épave de l'appareil. Les recherches, qui ont couvert 112 000 kilomètres carrés dans le sud de l'océan Indien pendant trois mois, ont pris fin le 29 mai, sans résultats probants.

Il s'agissait de la deuxième grande opération de recherches après celle menée par l'Australie, la Chine et la Malaisie, qui a porté sur une zone de 120 000 km carrés et qui a pris fin l'an dernier.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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