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Traitement-choc réussi contre les algues bleu-vert du lac Bromont

Le lac Bromont

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

On entend moins parler des algues bleu-vert depuis quelques années, mais elles sont loin d'avoir disparu et font encore des ravages. Pour les contrer, plusieurs lacs fréquentés ont recours aux grands moyens. C'est le cas du lac Bromont, où on expérimente une nouvelle solution.

Un texte de Michel Marsolais

« Ça fait 50 ans qu'il y a des efflorescences d'algues bleues au lac Bromont. En 2006, lorsqu'on a commencé à fermer la plage municipale, il y a eu toute une prise de conscience sur l'importance des problématiques des cyanobactéries au Québec. Ça a sonné l'alarme », explique Anne Joncas, présidente d’Action conservation du bassin versant du lac Bromont.

La prolifération des cyanobactéries est causée par le phosphore, largement utilisé en agriculture, mais aussi par certains riverains, pour l'entretien de leur pelouse. La chaleur et la faible oxygénation de l’eau peuvent aussi contribuer à une éclosion d’algues bleu-vert.

Plusieurs municipalités tentent de bloquer le phosphore qui atteint le lac par ruissellement grâce à des marais filtrants, des bandes riveraines ou des seuils de rétention dans les fossés de route.

Au lac Bromont, le cas était encore plus grave : le phosphore s'était accumulé au fond de l'eau.

« On avait une problématique d'accumulation de phosphore dans le fond du lac qui était tellement importante que la situation était irréversible », explique Anne Joncas.

La Ville de Bromont a dépensé 615 000 dollars pour un traitement expérimental, utilisé pour la première fois au Québec : 175 tonnes d'un produit appelé le Phoslock ont été déversées dans le lac sous la supervision de Philippe Juneau, professeur au département de sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Le Phoslock est une argile liée à du lanthane, un métal. La propriété de ce complexe est de fixer le phosphore. On l'a appliqué juste avant l'hiver, au mois de novembre, et voyez : la plage a été ouverte tout l'été. On se croise les doigts, mais ça semble avoir bien fonctionné jusqu'à présent.

Philippe Juneau, professeur au département de sciences biologiques de l'UQAM

Les cyanobactéries font moins la manchette depuis quelques années, mais c’est en partie parce que le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a changé sa façon de répertorier les cas. Il est aujourd’hui plus difficile d’avoir une vue d’ensemble du problème.

« Auparavant, aussitôt qu'il y avait un lac avec une prolifération de cyanobactéries, le ministère se déplaçait pour échantillonner. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Et si le ministère ne se déplace pas, les gens ont l’impression que c’est moins grave. Si les gens voient des cyanobactéries, il faut qu’ils le disent », explique Philippe Juneau.

Le Phoslock n'est pas la solution miracle pour tous les lacs, puisque chaque cas est particulier. Cela dit, pour les 200 plans d'eau qui l'ont utilisé dans le monde, l'efficacité du traitement dure plusieurs années.

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