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Un chef de Bromont veut cuisiner une espèce envahissante, Québec refuse

Les écrevisses à taches rouges sont présentes dans le lac Brome depuis 2011.

Les écrevisses à taches rouges sont présentes dans le lac Brome depuis 2011.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a un an, un restaurateur de Bromont a eu un projet fou : cuisiner l'écrevisse à taches rouges, une espèce envahissante, afin de réduire son infestation dans le lac Brome. Mais le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Québec ne partage pas le même enthousiasme. Inquiet des impacts environnementaux et économiques, le Ministère a mis un frein au projet.

Un texte de Marion Bérubé

L’écrevisse à taches rouges est une espèce exotique envahissante originaire des États-Unis. L’espèce a fait son apparition dans le lac Brome en 2011. Depuis, des millions de spécimens sont présents dans l'étendue d'eau.

C’est ce qui a poussé Arnaud Rohr, propriétaire du restaurant la Pérouse à Bromont, à approcher l’organisme Renaissance lac Brome avec un projet en tête : cuisiner cette écrevisse pour en contrôler la population grandissante.

« On a commencé à faire des recherches pour voir si c'était possible. On a fait des tests de cuisson. On a travaillé très fort depuis deux ans sur le projet », explique le chef.

Soupes, sauces, bisques d’écrevisses… un monde de possibilité s’ouvre pour les curieux, prêts à découvrir ce nouveau délice culinaire.

« On a fait une demande de permis commercial pour avoir la possibilité d'aller chercher les écrevisses et de les vendre au restaurant », ajoute-t-il.

Depuis un an, le cuisinier et Renaissance lac Brome ont pris tous les moyens pour mettre en œuvre leur projet. Une biologiste a réalisé un inventaire des écrevisses au lac Brome pour évaluer le potentiel de l’initiative, des pêcheurs ont été engagés et le matériel a été acheté.

Le but du jeu, c'est de limiter la prolifération de cette espèce nuisible.

Arnaud Kohr, chef au restaurant
Arnaud Rhor est le chef du restaurant la Pérousse à BromontAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Arnaud Rhor est le chef du restaurant la Pérousse à Bromont

Photo : Radio-Canada

Un frein au projet

Pour mener à terme le projet, Arnaud Rohr avait besoin de l’aval de deux ministères québécois : celui de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, mais aussi celui des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP)

Le premier a donné son feu vert, mais le second Ministère l'a mis en veilleuse en avril dernier.

Un biologiste du MFFP a finalement refusé d’octroyer le permis de pêche commerciale donnant la permission à Arnaud Rohr de pêcher l’écrevisse à taches rouges afin de la cuisiner.

Le Ministère invoque d’abord le manque d’information sur l’espèce. Il ajoute que « cette pêcherie pourrait également provoquer l’effet inverse en induisant une réponse compensatoire des écrevisses, augmentant ainsi la taille de la population. »

Il craint aussi que la commercialisation crée « un attrait renouvelé pour ces espèces ou l’émergence d’un engouement pour l’élevage ou l’importation illégale » et pourrait « être de nouvelles causes d’introduction de cette espèce dans de nouveaux sites », peut-on lire dans une lettre envoyée au chef Arnaud Rohr.

En bref, le Minstère s'inquiète que d'autres restaurateurs s’inspirent du modèle du restaurant la Pérouse pour cuisiner l’écrevisse.

« Notre objectif, c'est de garder les écrevisses dans la région et d'en faire un attrait touristique très important, assure toutefois Arnaud Rohr. On ne comprend pas cette décision, les arguments du refus sont contestables. Je demande de les rencontrer pour en discuter. Je veux collaborer avec eux. »

Le MFFP a chargé Renaissance lac Brome d’en savoir plus « avant de donner son aval au projet de pêche commerciale ».

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