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Les cadeaux offerts à Justin Trudeau sous surveillance

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, marche devant les drapeaux des membres du G7 lors de la rencontre du Sommet du G7 à La Malbaie, en juin.

Le premier ministre Justin Trudeau a reçu plusieurs cadeaux lors du Sommet du G7, qui se tenait en juin à La Malbaie, au Québec.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau ne pourra sans doute pas garder tous les cadeaux qu'il a reçus lors du sommet du G7, à La Malbaie, en juin, puisque le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mario Dion, entend se montrer plus sévère que sa prédécesseure quant à ce que les titulaires de charges publiques peuvent conserver.

En tant qu’hôtes de la rencontre tenue dans Charlevoix, M. Trudeau et sa femme Sophie Grégoire ont notamment reçu trois bouteilles de vin allemand, des œuvres d’art et une cravate en soie de la prestigieuse marque Hermès, a dévoilé plus tôt ce mois-ci le Commissariat aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

La liste de cadeaux rendue publique par le Commissariat comprend également une photo des dirigeants du Sommet du G7 de 1983, tenu à Williamsburg, en Virginie, offerte par le président américain Donald Trump. Présentée dans un dossier en cuir, on y voit Pierre Elliott Trudeau, premier ministre canadien de l'époque et père de Justin Trudeau, en compagnie des dirigeants Ronald Reagan (États-Unis), François Miterrand (France), Margaret Thatcher (Royaume-Uni) et Helmut Kohl (Allemagne de l'Ouest), entre autres.

En vertu de la Loi sur les conflits d’intérêts, les titulaires de charge publique doivent déclarer tout cadeau dont la valeur est de 200 $ ou plus. Si la valeur du cadeau dépasse 1000 $, il est confisqué au profit de la Couronne.

Or, Mary Dawson, qui était commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique avant l’entrée en poste de M. Dion, en décembre 2017, a permis à des premiers ministres et à d'autres titulaires de charge publique de garder certains cadeaux et de rembourser une partie de leur valeur.

« Je ne serais pas porté à faire la même chose », a déclaré Mario Dion.

Je n’exclus pas la possibilité qu’un jour, il y ait une valeur sentimentale associée à un cadeau, mais je n'en ferai pas une habitude.

Mario Dion, commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique

L’esprit de la Loi sur les conflits d’intérêts laisse une certaine marge de manœuvre au commissaire, a-t-il souligné.

Photo de familles des dirigeants du G7, le 8 juin à La Malbaie, au Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre, Justin Trdueau, était l'hôte du Sommet du Gaz, qui s'est tenu dans la région du Charlevoix, près de Québec, en juin.

Photo : Reuters / Yves Herman

M. Trudeau a gardé un vélo offert par la Chine

Justin Trudeau a conservé plusieurs cadeaux d’une valeur de plus de 1000 $ depuis son entrée en poste en 2015.

Il a notamment gardé une bicyclette intelligente LETV offerte par le premier ministre de Chine, Li Keqiang, lors du Sommet du G20 de septembre 2016.

Il a aussi conservé une gravure en tirage limité de l’artiste inuite Annie Pootoogook. Les montants remboursés par le premier ministre à la Couronne demeurent cependant confidentiels.

Un premier ministre ne devrait tout simplement pas pouvoir garder des cadeaux aussi dispendieux en remboursant une partie de leur valeur, croit le cofondateur de l’organisme Democracy Watch, Duff Conacher.

Les exceptions faites par le bureau du Commissariat dans le passé ont vidé la loi de sa substance, selon lui.

Les cadeaux confisqués par la Couronne sont remis à la Commission de la Capitale nationale, qui en tient l'inventaire.

Certains articles sont désignés « d’intérêt national » à des fins d’archives et de valeur commémorative et peuvent être exposés dans des édifices gouvernementaux, des galeries ou des musées, selon les recommandations de la Commission.

Mais d'autres articles, qui ont une durée de vie plus limitée ou sont d’usage personnel, comme les écharpes, les montres ou les stylos, par exemple, sont parfois mis aux enchères par le gouvernement. Certains sont détruits et d'autres donnés à des organismes de charité.

Les dons de bienfaisance sont une bonne alternative à l’habituel échange de cadeaux lors d’événements diplomatiques, croit Penny Collenette, professeure de droit à l’Université d’Ottawa.

Elle cite en exemple l’ex-premier ministre Jean Chrétien, qui avait fait le don d’une œuvre d’art inuite pour promouvoir la culture autochtone canadienne dans le monde.

« Si un premier ministre choisit quelque chose qui représente notre culture ou que nous voulons mettre en valeur, ça vaut la peine », a expliqué Mme Collenette.

« Si c’est seulement un échange d’objets, c’est une perte de temps », a-t-elle estimé.

Avec les informations de CBC

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