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Un cardinal américain démissionne après des allégations d'abus sexuels

Un vieil homme portant l'habit d'un cardinal dans un corridor.
Le cardinal Theodore McCarrick, accusé d'avoir sexuel agressé au moins un enfant et plusieurs adultes, a remis sa démission au pape. Photo: Reuters / Alessandro Bianchi
Radio-Canada

Dans un geste considéré comme sans précédent, le pape François a accepté la démission du cardinal américain Theodore McCarrick à la suite d'allégations d'abus sexuels, y compris un cas impliquant un garçon de 11 ans.

Le Vatican a annoncé samedi que le souverain pontife avait ordonné à l'ex-prélat de mener une « vie de prière et de pénitence » avant la tenue d'un procès par l'Église.

S'éloignant de la marche à suivre habituelle dans ce genre de dossier, le pape a décidé d'agir rapidement après que le cardinal, archevêque de Washington, eut offert sa démission, et ce avant même que les accusations eussent fait l'objet d'une enquête par des responsables de l'Église.

Le cardinal McCarrick était précédemment l'un des ecclésiastiques les plus haut placés et les plus connus aux États-Unis, et était largement impliqué dans la réponse de l'Église aux allégations concernant des abus par des prêtres en territoire américain.

Le pape a reçu l'offre de démission vendredi soir, après une série d'allégations voulant que le cardinal eût sexuellement agressé des garçons pendant des années, en plus d'avoir posé des gestes à caractères sexuels à l'endroit de séminaristes adultes.

Le souverain pontife a alors ordonné que le cardinal soit « suspendu de l'exercice de tout ministère public, en plus d'avoir l'obligation de demeurer dans une résidence qui lui sera désignée, pour une vie de prière et de pénitence jusqu'à ce que les accusations portées contre lui soient examinées lors d'un procès », a indiqué le Vatican.

Cette affaire représente un test pour la récente détermination affichée par le pape François pour combattre ce qu'il a qualifié de « culture de la dissimulation » d'abus similaires au sein de la hiérarchie catholique.

Le cardinal McCarrick avait déjà cessé la pratique publique de son ministère depuis le 20 juin, en attente d'une enquête sur les allégations voulant qu'il eût agressé un adolescent il y a plus de 40 ans, à New York.

Le prélat a nié les allégations.

« Libérer » les victimes

Une autre victime présumée, James, affirme que le cardinal lui a montré ses parties intimes lorsqu'il avait 11 ans, et qu'il a poursuivi avec lui une relation basée sur des abus sexuels pendant plus de 20 ans. Le cardinal McCarrick n'a pas répondu publiquement à ces allégations.

En entretien avec l'Associated Press, James a déclaré samedi qu'il espérait que l'acceptation de la démission du cardinal par le pape aiderait à « libérer » d'autres victimes.

La vérité triomphe toujours. Heureusement, tout le monde, aujourd'hui, comprend davantage le mal commis par des prêtres, et nous pouvons commencer à guérir.

James, victime présumée du cardinal McCarrick

Les allégations concernant les gestes du prélat auprès d'adultes auraient supposément été signalées au Vatican il y a plusieurs années, avant même que l'homme ne soit nommé au prestigieux poste d'archevêque de la capitale américaine en 2000 par Jean-Paul II.

Deux diocèses situés au New Jersey ont indiqué avoir réglé deux des trois plaintes du genre déposées contre le cardinal McCarrick.

Samedi, toujours, le Vatican n'a pas donné de détails sur l'endroit où l'ecclésiastique sera assigné à résidence, ni sur la date du début du procès, ou même encore sur les accusations portées contre le prélat.

La vitesse de réaction du Saint-Siège a été saluée par plusieurs observateurs. « Le Vatican n'agit pratiquement jamais aussi promptement », souligne ainsi Terence McKiernan, de l'organisation BishopAccountability.org, qui effectue le suivi des cas d'abus sexuels commis par le clergé.

Le pape semble avoir « compris la gravité de la situation et les risques pour le statut de l'Église catholique », ajoute-t-il.

M. McKiernan se demande par ailleurs si l'enquête de l'Église allait révéler l'identité de ceux qui, au sein de la hiérarchie, étaient au courant des allégations contre le cardinal, et si le Vatican les punirait eux aussi.

Avec les informations de Associated Press

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