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Des Casques blancs craignent pour leur vie et celle de leur famille en Syrie

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Tayseer Al Haraki (gauche) fait partie des Casques blancs réfugiés à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Photo : Tayseer Al Haraki

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des secouristes syriens retranchés dans l'enclave d'Idleb, toujours tenue par les factions rebelles, craignent pour leur sécurité et celle de leur famille. Plus tôt cette semaine, le dirigeant syrien a menacé de « liquider » les membres de l'organisation secouriste volontaire des Casques blancs.

Un texte de Miriane Demers-Lemay

« J’ai peur, parce que Bachar Al-Assad ne respecte pas les droits humains », témoigne Tayseer Al Haraki, membre d’une brigade des Casques blancs qui désamorce des bombes non explosées.

Tayseer Al Haraki fait partie des centaines de Casques blancs réfugiés à Idleb, une région au nord-ouest de la Syrie qui constitue l’un des derniers bastions rebelles au pays et l’une des prochaines cibles des forces armées, selon des informations rapportées dans des médias russes.

Les Casques blancs craignent à présent des représailles du régime syrien contre eux et leur famille.

Le groupe de secouristes volontaires est considéré comme une organisation terroriste par le gouvernement de Bachar Al-Assad. De fait, l’organisation secouriste est controversée, même à l’échelle internationale. Ses détracteurs l’accusent d’affiliation avec des groupes djihadistes et de manipulation de vidéos.

De leur côté, les Casques blancs dénoncent, depuis le début de la guerre, les crimes commis par les forces armées syriennes et russes.

Accourant sur les lieux des bombardements, ils estiment avoir sauvé plus de 100 000 vies depuis le début de la guerre. Ils ont fait l’objet d’un documentaire d'Orlando von Einsiedel, primé aux Oscars l’an dernier.

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Des rebelles et des civils syriens ont fui Deraa pour trouver refuge à Hama.

Photo : Reuters / Khalil Ashawi

Des familles vulnérables

Cette semaine, Bachar Al-Assad a affirmé dans la presse russe que « tous les Casques blancs qui refusent les termes de l’amnistie et refusent de donner leurs armes seront liquidés comme tous les autres terroristes ».

« Mais nous ne transportons pas d’armes », répond Tayseer Al Haraki, qui répète que l’organisation est pacifique.

« Nous voulons l’évacuation de nos familles depuis le sud de la Syrie pour la préservation de leur vie », explique-t-il. Il espère qu'une puissance étrangère interviendra et permettra ainsi l'évacuation de sa famille.

Tayseer Al Haraki croit qu’il lui serait possible de sortir illégalement par la frontière turque près d’Idleb, mais il se dit réticent à laisser sa famille derrière. Sa femme et ses deux enfants sont restés dans la province de Deraa, dans le sud du pays.

« Personne ne sait ce qui peut leur arriver s’ils sont arrêtés », dit-il, en ajoutant qu’il craint des représailles allant de l’arrestation aux disparitions forcées, en passant par les agressions sexuelles.

Emprisonné et torturé

Le Syrien se dit encore hanté par les images de son passage de plus de 90 jours au sein de deux prisons à Damas, desquelles il a été relâché le 21 juillet dernier au terme d’une entente qui aurait permis la libération de 1500 prisonniers.

Dans l’une des prisons où il a séjourné, il dit avoir vu des familles et des jeunes enfants, également emprisonnés dans des conditions déplorables.

Pendant son séjour, il affirme avoir été torturé trois fois par jour pendant près d’un mois.

« Ils voulaient me forcer à dire que nous étions armés et que nous combattions le régime, que nous fabriquions des vidéos et que nous avions transporté des armes chimiques », dit-il.

« [La prochaine fois], ce ne sera pas la torture, mais l’élimination. »

— Une citation de  Tayseer Al Haraki, Casque blanc
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Des membres des Casques blancs se retrouvent coincés à Idleb, sous l'avance des forces du régime syrien.

Photo : Reuters / Alaa Faqir

Des dangers bien réels

Ayham Alkaddah, ancien commandant d’une équipe de Casques blancs à Deraa, craint également les représailles du gouvernement à l’égard des secouristes.

« Nous avons risqué nos vies pour sauver des vies, et maintenant nous ne trouvons personne pour nous sauver. »

— Une citation de  Ayham Alkaddah, Casque blanc

Peu surpris par la déclaration de Bachar Al-Assad, il dit que le dirigeant ne fait que révéler publiquement les actions qu’il pose depuis le début de la guerre.

« Notre centre de travail à Daraa a été la cible de dizaines d’attaques aériennes le mois dernier », donne-t-il comme exemple. « Au cours de la dernière attaque, trois collègues sont morts. »

Le 21 juillet, des efforts internationaux ont permis d’évacuer des centaines de Casques blancs vers Israël puis la Jordanie.

Le Canada s’est engagé à recevoir plus de 50 Casques blancs et des membres de leur famille. Ces actions ont été condamnées, lundi, par le gouvernement syrien, qui les a qualifiées « d’opérations criminelles » visant à déstabiliser la Syrie.

Syrie : l'engrenage de la guerre

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