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Des Torontois s'inquiètent de la réduction de la taille du conseil municipal

Conseil de Ville de Toronto

Le conseil municipal de Toronto deviendra celui au pays où chaque élu représentera le plus grand nombre de citoyens.

Photo : Radio-Canada / Camille Feireisen

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après l'annonce du gouvernement de Doug Ford de réduire de moitié la taille du conseil municipal de Toronto, des résidents de la Ville Reine partagent leurs inquiétudes.

Selon le premier ministre, cette coupe dans les postes de conseillers va permettre des économies d'environ 25 millions de dollars sur quatre ans.

Toronto deviendra toutefois la ville où chaque conseiller représentera le plus grand nombre de citoyens au pays. Soit 109 000 résidents en moyenne par conseiller, répartis entre 25 arrondissements. Plutôt que les 61 000 Torontois pour 47 arrondissements actuellement.

Roxanne Dubois habite l'est du centre-ville. Selon elle, cette nouvelle loi va automatique diminuer l'accès aux élus en poste, notamment en raison de la diversité des communautés qui résident dans la métropole.

Roxanne Dubois, Torontoise, en entrevue, elle est dehors dans une rue de Toronto, elle a les cheveux châtains clairs bouclés, les yeux bleus et des taches de rousseur, elle sourit à la caméraAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Roxanne Dubois, Torontoise

Photo : Radio-Canada

« C'est une grande ville, on a toutes sortes de réalités qui sont représentées. Si on réduit le nombre d'élus, ces réalités-là seront moins entendues et je crains qu'elles ne soient même effacées. »

— Une citation de  Roxanne Dubois, Torontoise

Même son de cloche du côté d'une autre Torontoise, Janet Rudd. Il n'y avait pas vraiment une session de consultation avec le public, regrette-t-elle.

Le maire, John Tory, a abondé dans le même sens vendredi, le jour de l'annonce de M. Ford. La consultation est essentielle afin de bien servir les Torontois, croit-il.

Pour Laura Tulk, une résidente du quartier des Beaches, il s'agit d'un geste vindicatif de la part du gouvernement progressiste-conservateur envers une ville qui n'a pas voté pour Doug Ford aux dernières élections municipales.

Elle se demande néanmoins comment M. Ford compte économiser des millions de dollars, puisque les conseillers seront désormais moins nombreux avec de plus grosses responsabilités. Selon elle, ils auront donc probablement besoin de plus d'employés pour tout gérer.

« Je ne peux pas concevoir comment cela permettra d'économiser de l'argent, étant donné qu'avec moins de conseillers, les élus restants auront besoin de plus de personnel pour fournir à leurs électeurs les services attendus et nécessaires. »

— Une citation de  Laura Tulk, Torontoise
Laura Tulk, une résidente du quartier des Beaches en entrevue avec Radio-Canada, elle a les cheveux châtains clairs, les yeux marrons clairs, elle porte une chemise blanche et des lunettes de soleil sur la têteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laura Tulk, une résidente du quartier des Beaches

Photo : Radio-Canada

Peu de recours pour Toronto

L'avocate Audrey Mayrand rappelle que cela n'est toutefois pas la première fois que cela se produit. D'autres gouvernements avaient déjà procédé de la sorte par le passé.

Il y a des cycles comme ça, où on passe à des municipalités de plus en plus grandes et là on essaie de les réduire. Au Québec, le gouvernement Bouchard avait fait la même chose, il avait réduit de beaucoup le nombre de municipalités. Le gouvernement Harris avait aussi fait des mouvements semblables. Reste à savoir si c'est la bonne idée en ce moment de le faire, souligne-t-elle.

Mais selon elle, la Ville a les mains liées. Selon la Constitution canadienne, les municipalités sont en effet des créatures de la province et l'Assemblée législative de l'Ontario a donc tout à fait le droit d'en créer, d'en abolir et même de les gérer.

En revanche, la tradition veut que les citoyens soient consultés avant tout changement majeur.

Audrey Mayrand, avocate en entrevue avec Radio-Canada dans la salle de nouvelles de Radio-Canada à Ottawa, elle porte des lunettes violettes, a les cheveux bruns foncés attachésAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Audrey Mayrand, avocate

Photo : Radio-Canada

« Les municipalités, en tant que telles, s'il y avait une décision de changer la loi, n'auraient pas grand recours. Les recours sont plutôt politiques, comme de convaincre les élus d'agir autrement. »

— Une citation de  Audrey Mayrand, avocate

Le premier ministre, Doug Ford, n'était pas disponible samedi pour répondre à la demande d'entrevue de Radio-Canada.

D'après le reportage de Philippe de Montigny

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