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Trouver des marchés pour la camerise : un défi à relever

Des camerises produites à l'île d'Orléans
Des camerises produites à l'île d'Orléans Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Bien qu'elle soit produite de façon commerciale au Québec depuis un peu plus de 10 ans, la camerise demeure peu connue du grand public. Alors que la production augmente d'année en année, le développement de marchés pour l'écouler demeure un défi.

Un texte d’Alexandre Duval

Le président de Camerise Québec, Manuel Gosselin, estime qu’environ 400 000 livres de camerises seront produites cet été dans le Belle Province. C’est environ deux fois plus qu’en 2017, explique-t-il.

Pourtant, 95 % de la population ignorerait encore l’existence de ce petit fruit bleu de forme allongée, selon lui.

Il y a 10 ans, c’était un mot de vocabulaire qui n’existait même pas, camerise. Alors on part vraiment de loin!

Manuel Gosselin, président de Camerise Québec

M. Gosselin ne va pas jusqu’à dire que la situation est critique. « La camerise trouve toujours son consommateur en bout de ligne, soutient-il […] mais il faut adapter un peu notre mise en marché pour pouvoir atteindre le plus de consommateurs possible. »

Éviter de congeler

Ce qui est le plus payant pour les producteurs, selon M. Gosselin, est de vendre directement aux consommateurs, au comptoir ou en autocueillette.

Les supermarchés sont aussi dans la mire des producteurs de camerise, même si le petit fruit doit être mis au frais pour éviter qu’il ne se dégrade trop rapidement. Encore là, la réputation de la camerise reste à établir.

« Ça peut être aussi banal que l’épicier ne sait pas c’est quoi de la camerise, alors il ne va pas nécessairement en acheter pour en mettre sur ses tablettes », explique M. Gosselin.

Manuel Gosselin, président de Camerise QuébecManuel Gosselin, président de Camerise Québec Photo : Radio-Canada

Cette méconnaissance fait en sorte qu’une bonne partie des camerises produites par quelque 200 producteurs québécois se retrouve congelée, selon M. Gosselin.

Or, le marché des fruits congelés est celui qui offre les moins bonnes marges de profit aux producteurs et qui ouvre la porte à la plus féroce concurrence des producteurs internationaux.

M. Gosselin estime que près de la moitié des camerises produites l’an dernier au Québec ont pris le chemin du congélateur.

Être ambassadeur

« Chaque producteur a un peu le devoir d’être un ambassadeur dans sa propre région. Je pense que c’est la première des choses », soutient le président de Camerise Québec.

Ce qui va aussi aider beaucoup l’industrie, c’est quand les grandes compagnies vont s’intéresser au fruit, quand ça va être un peu plus connu dans les produits de tous les jours.

Manuel Gosselin, président de Camerise Québec

Noël Asselin, propriétaire de la Camerise de l’Île, à Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans, rigole lorsqu’il s’imagine devenir millionnaire avec son entreprise de production de camerises.

Noël Asselin, propriétaire de la Camerise de l'ÎleNoël Asselin, propriétaire de la Camerise de l'Île Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand

Son réel objectif est plutôt d’arriver à couvrir l’ensemble de ses frais. « Plus tard, ce que je voudrais, c'est que ce soit aussi populaire que la fraise ou la framboise », rêve-t-il, lui qui produit quelques 800 kilogrammes annuellement.

Ce serait intéressant, à ce moment-là, parce qu'on pourrait écouler nos fruits plus rapidement.

Noël Asselin, propriétaire de la Camerise de l'Île

Bien qu’il ait eu une « grosse commande » d’un supermarché Métro de Montréal, cette année, M. Asselin affirme que « les épiciers n’en prennent pas énormément vu que ce n’est pas encore trop connu. »

Question de temps

Il croit toutefois que ce n’est qu’une question de temps, le pouvoir antioxydant de la camerise étant un gros avantage, selon lui.

« La tendance des fruits santé, des aliments santé, c'est très intéressant. Je pense qu'elle va faire sa place à cause de ça. Aussi, c'est bon au goût », dit M. Asselin.

Un autre marché qui pourrait s'avérer lucratif, selon lui, est le monde de la microbrasserie, qui utilise parfois des petits fruits dans l’élaboration des recettes de bières.

Le président de Camerise Québec, Manuel Gosselin, est aussi convaincu que son petit fruit favori prendra du galon dans les prochaines années.

« Quand je vois les jeunes en bas âge qui n’ont pas de préjugés, qui entrent dans les champs et qui sortent la face bleue, je me dis il y a beaucoup d’espoir! Ce sont tous des clients potentiels pour les prochaines années! », s’enthousiasme M. Gosselin.

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