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L’hépatite C encore très peu dépistée au Canada

Un homme présente son bras où un échantillon de sang est pris au bout de son doigt. Une femme, derrière, prépare une fiole pour prendre un échantillon de sang.

Séance de dépistage de l'hépatite C dans les locaux de Sidaction Mauricie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l'occasion de la Journée mondiale contre l'hépatite, les autorités rappellent aux Canadiens de 45 à 75 ans de subir un test de dépistage pour cette maladie. Cette directive en vigueur depuis avril est encore largement ignorée et la majorité des infections ne sont toujours pas dépistées. À l'échelle mondiale, les hépatites tueraient davantage de gens que le VIH.

Un texte de Michel Marsolais

« Ils ont commencé les tests de dépistage en 1989 et c'est là que je l'ai su [que j’avais l’hépatite C]. Mais je savais que ça datait de trois ou quatre ans auparavant », dit Jeanine, qui doit maintenant prendre des antiviraux pour éviter des dommages irréparables à son foie.

L’hépatite C reste souvent silencieuse, et présente donc peu de symptômes. Mais le cancer et la cirrhose guettent ceux qui en sont atteints.

Environ 80 % des porteurs ne sont toujours pas détectés. Ils seraient environ 250 000 au Canada.

« C'est une maladie qu'on a un peu négligée. Au fil des années, les complications du foie, ce qu'on appelle l'hépatique, se développent et les gens en décèdent plus couramment, si on compare avec le VIH », explique Emmanuelle Huchet, médecin à la Clinique médicale urbaine du Quartier latin, à Montréal.

Beaucoup de baby-boomers, qui ne sont pas classés dans les clientèles vulnérables, pourraient avoir contracté la maladie sans le savoir, il y a plusieurs décennies, principalement par injections intraveineuses, lors de relations sexuelles ou en se faisant tatouer.

Une fois suffit pour être contaminé

La maladie se transmet par le sang et ceux qui ont fait usage de drogue sont particulièrement vulnérables.

« Les gens de la rue que je côtoie tous les jours, ils sont tous à risque, tous! C'est parce que comme moi, ils ont déjà fait de l'injection et qu'on n’avait pas été informés qu'il ne fallait pas échanger nos seringues », souligne Jeannine, qui a eu une longue période de consommation, mais qui est maintenant suivie adéquatement.

Mais beaucoup de baby-boomers oublient vite leurs erreurs de jeunesse.

« Les fameux baby-boomers qui se sont mis à risque à une certaine époque n'ont probablement pas mentionné à leur médecin de famille qu'ils avaient utilisé un peu de cocaïne intraveineuse un soir », croit la Dre Huchet.

« Plus on en traite, plus on va réduire le "pool" d'infection, mais pour ça, il faut trouver les patients. On a un traitement efficace, mais il faut trouver les patients qui nous ont échappé au cours des dernières années », ajoute-t-elle.

« Les gens plus jeunes que moi qui pensent qu'ils [n'] ont jamais été à risque sont mal informés. Ces gens-là doivent être dépistés », pense aussi Jeanine.

Déjà obligatoire ailleurs, le dépistage se met lentement en place au Canada.

Plusieurs organismes communautaires sont en campagne pour faire de la sensibilisation.

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