•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Adoption internationale : un couple de Canadiens vit une attente interminable

Une femme et un homme en compagnie de deux enfants.

Lindsay et Zaid Aboud en compagnie d'Abel et Malaika, le jour où un juge ougandais a approuvé la demande d'adoption des parents canadiens.

Photo : Lindsay Aboud

Radio-Canada

Un couple de Canadiens, originaire de Winnipeg, est en train de découvrir à la dure que le processus d'adoption internationale peut parfois être compliqué. Après avoir adopté légalement deux enfants malades en Ouganda plus tôt cette année, Lindsay et Zaid Aboud font face au système administratif canadien.

Un texte de Denis-Michel Thibeault

Lindsay et Zaid Aboud faisaient du travail humanitaire en Ouganda avec l’organisation qu’ils ont fondée, Bridging Villages, quand ils ont rencontré Abel, 2 ans, et Malaika, 4 ans, et se sont attachés à eux.

« Après une sérieuse discussion entre Lindsay et moi, nous avons décidé d’adopter les deux enfants », raconte Zaid Aboud.

Ce dernier, déjà rentré à Winnipeg puisque son visa de travailleur humanitaire était expiré, prépare alors la maison pour recevoir les enfants, tandis que sa femme prend soin d'eux en Ouganda.

Le 6 novembre 2017, le couple entreprend les procédures de citoyenneté canadienne avec Citoyenneté et Immigration Canada et le 9 mai, un juge ougandais légalise les démarches d’adoption. Après deux ans en Ouganda, la nouvelle famille souhaite maintenant rentrer à la maison.

Plusieurs défis

Abel souffre d’hydrocéphalie et doit être vu par un médecin compétent le plus rapidement possible, tandis que Malaika est née avec une déficience grave des membres supérieurs et un prothésiste de Winnipeg attend son arrivée.

En temps normal, lors d'une adoption à l'étranger, les demandes de documents de citoyenneté peuvent prendre plusieurs mois, même un an, avant d’être traitées et c'est seulement lorsque tout est terminé que les parents vont chercher l'enfant.

Pour accélérer le processus pour rentrer plus tôt, le couple fait une demande de visas de visiteurs pour les enfants le 24 mai. Ils déposent les papiers et les passeports des enfants au Haut-commissariat du Canada à Dar es Salaam, en Tanzanie, un pays voisin de l'Ouganda, où toutes les demandes de visas canadiens pour la région sont traitées.

Zaid Aboud soutient qu’au moment du dépôt de la demande, un temps d’attente de 23 jours était affiché sur le site Internet d’Immigration Canada, mais depuis, neuf semaines se sont écoulées et toujours aucun signe des papiers.

Je me sens tellement frustré. J’ai de la misère à comprendre ce qui peut prendre autant de temps pour traiter notre demande.

Zaid Aboud

Outre les problèmes de santé des enfants, d’autres facteurs font en sorte que le temps presse. Le visa de travailleuse humanitaire de Lindsay Aboud expire dans trois semaines; elle pourrait se voir forcée de quitter le pays sans ses enfants puisque leurs passeports sont en Tanzanie.

Selon son mari, la sécurité de la famille est compromise. Il explique « que tous les jours, Lindsay se fait harceler par les habitants locaux et est forcée de déménager à travers le pays chaque semaine ». M. Aboud cite le fait que sa femme est perçue comme enlevant les enfants à leur culture.

Un système sans réponses

Selon Zaid Aboud, à ce point-ci, chaque jour compte, mais il ne sent pas que Citoyenneté et Immigration Canada éprouve le même sentiment.

« Chaque jour, j’appelle le gouvernement et je tombe sur un message de courtoisie puisqu’ils reçoivent un trop grand volume d’appels, explique-t-il. La dernière fois que j’ai parlé à quelqu’un, on m’a répondu qu’on ne pouvait rien faire pour moi parce que ma demande avait été faite à l’étranger. »

Une femme et un homme en compagnie de deux enfants.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abel (à droite) souffre d’hydrocéphalie et doit être vu par un médecin compétent le plus rapidement possible, tandis que Malaika (à gauche) est née avec une déficience grave des membres supérieurs et un prothésiste de Winnipeg attend son arrivée.

Photo : Lindsay Aboud

« Quand j’appelle au Haut-commissariat, personne n’a de réponses à mes questions, c’est extrêmement frustrant », ajoute-t-il.

Rejoint par Radio-Canada, Citoyenneté et Immigration Canada dit ne pas être en mesure de répondre à nos questions pour des raisons de confidentialité. Cependant, au bureau de Robert Falcon-Ouellette, le député de la circonscription fédérale où vit le couple, on nous explique qu’un membre de l’équipe oeuvre à faire avancer le dossier.

Une demande hors-norme

Les règles entourant l’adoption internationale sont de plus en plus strictes pour éviter les cas de trafic d’enfants, explique Linda Minuk, une avocate spécialisée en immigration de Winnipeg.

Selon elle, une demande de visas hors-norme comme celle demandée par Zaid et Lindsay Aboud peut prendre plus de temps puisque le gouvernement veut s’assurer des bonnes intentions des parents.

« S’il y a une seule chose qui n’est pas normale dans votre application, les temps d’attentes peuvent augmenter de manière substantielle. Un employé doit probablement parler avec ses supérieurs afin qu’une décision soit prise », affirme-t-elle.

Elle ajoute que dans ces cas « les temps d’attentes sont rarement ceux que le site Internet indique ».

Cependant pour Zaid Aboud, l’attente a assez duré : « Tout ce que nous voulons c’est d’être ensemble à la maison et vivre notre vie ici et de contribuer à la société. »

Manitoba

Enfance