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Dans les coulisses du nouveau centre d'archives de l'Université de l'Alberta

Une allée du centre d'archives avec des boîtes posées sur chaque étagère.
Plus de 3 millions de documents sont classés et entreposés dans les 4180 mètres carrés de ce nouvel édifice. Photo: Radio-Canada / Axel Tardieu
Radio-Canada

Pour moderniser et sécuriser son patrimoine, l'Université de l'Alberta a investi plus de 20 millions de dollars dans la construction d'un centre d'archives et de collections. Sur ces innombrables étagères se trouvent des centaines de milliers de documents francophones.

Un texte d'Axel Tardieu.

La majorité des manuscrits ont rejoint leur nouvelle demeure, au sud du campus, le 31 mai. Mais il reste encore des heures de travail à la dizaine d'employés sur place pour transférer les anciens documents dans leurs nouvelles boîtes de rangement, plus résistantes.

Au total, ce sont 3,1 millions de documents écrits et près de 10 kilomètres d'étagères de microfilms, de photographies ou de cartes qui sont entreposés dans ce nouveau centre d'archives et de collections.

La construction de ces 4000 mètres carrés a duré deux ans et a coûté plus de 20 millions de dollars à l'Université de l'Alberta. Le but était de remplacer l'ancien bâtiment, devenu trop petit et trop vétuste, après 20 ans d'utilisation... et de location. 

James Franks, archiviste en chef de l'Université de l'Alberta, debout avec un jardin en arrière plan.James Franks, archiviste en chef de l'Université de l'Alberta, se félicite d'avoir répondu aux critères fédéraux de préservation du patrimoine. Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

« Le bail arrivait à terme, ce qui a poussé l'Université à investir dans un nouvel établissement, dont elle est la propriétaire dorénavant, et qui répond aux critères fédéraux de préservation du patrimoine », explique fièrement James Franks, archiviste en chef de l'Université de l'Alberta.

Des livres, des journaux et des trésors

Le nouveau centre a déjà atteint 60 % de sa capacité, mais devrait pouvoir accueillir 5,1 millions de documents au total et plus de 3000 mètres d'étagères supplémentaires au cours des 20 prochaines années.

Entre ses murs, on trouve des thèses universitaires, des livres, des journaux anciens et d'autres trésors. « On est très content d'avoir des plans originaux du campus et des photos historiques qui témoignent de l'évolution de l'Université durant ses 110 ans d'histoire », affirme James Franks.

L'édifice fait entrer le système d'archives de l'Université dans le 21e siècle. « Tous les accès sont sécurisés, on a des vidéos de surveillance et il y a même 15 sondes pour surveiller la température des pièces », explique l'archiviste en chef.

Dans la salle principale, par exemple, la température est régulée entre 15 et 18 degrés Celsius, avec une moyenne de 30 % d'humidité à respecter pour la bonne préservation des documents. Dans la « chambre froide » d'à côté, le thermomètre ne dépasse pas la barre des 10 degrés pour maintenir les cassettes VHS et les autres bobines qui y sont entreposées.

La professeure d'histoire du Campus Saint-Jean Valérie Lapointe-Gagnon se réjouit de ces conditions de préservation optimales. « Les ressources francophones sont encore en majorité entreposées au Campus Saint-Jean », dit-elle. « Les archives francophones ne sont pas encore numérisées alors que nous avons des journaux qui datent du 20e siècle et qui ont besoin d'une certaine température pour être bien préservés. »

Pour la professeure Valérie Lapointe-Gagnon debout avec en fond des arbresPour la professeure Valérie Lapointe-Gagnon, le nouveau centre d'archives assurera la bonne préservation du patrimoine francophone. Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

Il suffirait d'une inondation pour tout perdre dans le lieu actuel du Campus Saint-Jean.

Valérie Lapointe-Gagnon, professeure

Parmi toutes les bibliothèques de l'Université de l'Alberta, on compte au moins 398 000 documents en langue française, dont 163 000 sont au nouveau centre d'archives et de collections.

Quant aux archives francophones du Campus Saint-Jean, l'objectif serait de tout transférer à long terme. « Nous avons une collection héritage avec, notamment, des cassettes des pionniers franco-albertains qui racontent comment ils se sont établis dans la province. Tout va être numérisé et standardisé afin que les chercheurs y aient accès plus facilement », explique la professeure.

Une femme numérise des pages d'un document face à un écran.Le centre d'archives compte avoir à terme cinq postes de numérisation. Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La difficulté, selon Valérie Lapointe-Gagnon, c'est de garantir la pérennité de ces précieux documents. « Est-ce que les générations futures vont pouvoir les consulter? Voir qu'ils vont être préservés dans les meilleures conditions vient apaiser les inquiétudes qu'on peut avoir en tant que chercheur et historien », avoue-t-elle.

Le recrutement d'un archiviste francophone serait, selon elle, une nécessité pour aiguiller au mieux les chercheurs à l'avenir. James Franks, l'archiviste en chef, ne prévoit pas d'en engager pour le moment, mais indique que les compétences linguistiques feront partie des futurs prérequis.

Alberta

Éducation