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Perry Bellegarde : un second mandat dans la continuité

Le chef de l'APN Perry Bellegarde reçoit des félicitations après sa réélection à Vancouver, le 25 juillet 2018.
Le chef de l'APN Perry Bellegarde reçoit des félicitations après sa réélection à Vancouver, le 25 juillet 2018. Photo: The Canadian Press / DARRYL DYCK
Radio-Canada

Mercredi, le chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN) Perry Bellegarde a été réélu avec plus de 60 % des voix au deuxième tour de scrutin. Malgré la victoire décisive, le chef de l'organisation autochtone la plus importante du pays demeure une figure contestée. Entretien avec le chef national au surlendemain de sa réélection.

Un texte de Laurence Niosi



Vous êtes réélu pour un second mandat. Quels sont vos plans pour les trois prochaines années?

Nous voulons continuer le bon travail sur la Loi sur la protection des langues autochtones, que nous voulons présenter à la Chambre des communes d'ici septembre ou octobre, afin qu'elle soit adoptée avant les prochaines élections fédérales. Par ailleurs, 40 000 enfants des Premières Nations sont pris en charge. Nous voulons améliorer le système dans les réserves, en faisant pression sur le gouvernement canadien pour qu'il n'y ait pas de discrimination. Mais nous avons encore des enfants dans le système provincial, qui doit aussi être amélioré. La compétence des Premières Nations doit être reconnue, et ce sont elles qui doivent élaborer leur loi sur la protection de l'enfance et commencer à ramener leurs enfants chez elles, sur leur territoire. Enfin, l'autre priorité est d’assurer un dialogue sur le nouveau cadre légal pour garantir le droit des Autochtones, un projet que propose le gouvernement. Nous devons faire très attention à la façon dont cela est géré. Nous avons toujours dit qu'il faut dépasser la Loi sur les Indiens, mais nous devons contrôler le processus et l’échéancier.

La ministre des Affaires autochtones Carolyn Bennett a créé la controverse en rencontrant des chefs le jour de l’élection. Ce geste a été perçu comme de l'ingérence d’Ottawa par vos rivaux. Quelle a été votre lecture des événements?

Il y a eu des préoccupations exprimées, mais nous en avons parlé à l'assemblée et il était très clair que les chefs albertains, dans leur salle de caucus, peuvent inviter qui ils veulent. Ils ont donc lancé une invitation à la ministre Bennett, et elle est allée là-bas pour parler de questions qui intéressent les chefs albertains. Ce que je comprends est qu'ils n'ont pas parlé de politique ni des candidats.

Cela arrive souvent qu’un ministre rencontre des chefs le jour de l’élection?

Je me concentrais sur le fait de parler aux chefs, je n'étais pas trop préoccupé par ce qui se passait au caucus après ma présentation.

On vous reproche souvent d’être très proche du premier ministre Trudeau, d’être une extension du gouvernement libéral. Les autres candidats vous l’ont reproché tout au long de la campagne.

C'est une question qui revient toujours. En tant que chef, il faut ouvrir les portes et avoir accès aux décideurs à Ottawa. Il faut donc entretenir de bonnes relations avec le premier ministre du Canada. Nous avons cela. Et nous avons aussi de bonnes relations avec Andrew Scheer du Parti conservateur, Jagmeet Singh du NPD, Elizabeth May… On ne sait jamais qui va être élu et il faut travailler avec la personne en poste, c'est comme ça que le système fonctionne. Mais c’est avant tout notre programme que nous mettons de l'avant, notre plan, notre stratégie fondée sur nos droits et nos traités, et maintenant nous avons un gouvernement qui répond à cela.

Il est régulièrement question de restructurer l’APN, de la rendre plus populaire, ou même d’ouvrir le vote à la population. Y avez-vous pensé?

C’est une question qui revient souvent, celle d’« un citoyen Première Nation, un vote » pour l’élection du chef national. Nous sommes à améliorer la charte de l'Assemblée des Premières Nations, une charte qui est ratifiée et modifiée par les chefs. J’ai dit publiquement que nous chercherons des moyens de rendre l’APN plus efficace, plus pertinente et plus respectueuse de la diversité au Canada. Nous entamerons un dialogue avec les chefs et les conseils de bande sur la façon d’améliorer notre charte. Nous voulons faire cela et organiser une assemblée spéciale des chefs.

Par rapport au pipeline Trans Mountain [contesté par un grand nombre de Premières Nations, appuyé par d'autres], vous avez dit que vous laisseriez le soin aux communautés de prendre leurs propres positions sur le projet, que vous ne serez pas directement médiateur entre les membres. Pourquoi?

Encore une fois, le droit le plus important que nous avons est le droit à l'autodétermination en tant que peuple autochtone. Et c'est le droit de dire « oui » ou de dire « non » à tout développement important sur nos terres. Et c'est ce que je soutiens : nous devons rassembler toutes les parties afin que nous puissions trouver un terrain d'entente entre le respect de l'environnement et la création de croissance économique, d'emplois et de richesse. Il y a un équilibre entre l'environnement et l'économie. Et en incluant les peuples autochtones et leurs savoirs, nous pouvons y arriver.

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