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Des logiciels de reconnaissance faciale utilisés dans des centres commerciaux au Canada

photo d'une aile dans le centre commerciale, où se trouve la carte d'orientation interactive.

Cadillac Fairview, qui détient Polo Park, confirme qu'elle utilise des logiciels de reconnaissance faciale sans le consentement de ses clients.

Photo : CBC Manitoba / Jill Coubrough

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Cadillac Fairview, qui est notamment propriétaire du centre commercial Polo Park, à Winnipeg, utilise des logiciels de reconnaissance faciale dans des centres commerciaux au Canada pour analyser l'achalandage, et ce, sans le consentement de ses clients.

L’entreprise n’a pas confirmé la présence du logiciel au centre commercial Polo Park, mais un porte-parole affirme qu’il est utilisé dans plusieurs centres commerciaux du pays pour « analyser l’achalandage et comprendre les habitudes afin d’assurer une meilleure expérience d’achat ».

Ces propos ont été tenus après qu’un client d’un centre commercial de Calgary est tombé accidentellement sur une fenêtre du logiciel en naviguant sur une carte d’orientation interactive.

D’après le porte-parole de Cadillac Fairview, la reconnaissance faciale permet d’avoir une idée de l’âge et du sexe des consommateurs.

Selon lui, comme ni photo ni vidéo n’est prise, il n'est pas nécessaire de recueillir le consentement des clients.

Une pratique « extrêmement intrusive »

Glenn Tinley, président de Mexia One, une entreprise à Winnipeg qui fournit des systèmes de reconnaissance faciale à diverses industries à l’échelle internationale, pense que, même si le consentement n’est pas nécessaire, un peu de transparence serait la bienvenue.

« Il ne doit pas nécessairement y avoir une grande affiche, mais une signalisation qui l’indique » estime-t-il. « [Sinon] les consommateurs pensent que c'est fait à leur insu ou qu'il y a une arrière-pensée, ce qui n’est pas le cas, la plupart du temps. »

L’ancienne commissaire à la protection de la vie privée en Ontario, Ann Cavoukian, estime, quant à elle, que l’entreprise devrait obtenir l’accord des clients.

C’est extrêmement intrusif, parce que le visage et les données biométriques sont parmi les informations personnelles les plus sensibles

Une citation de : Ann Cavoukian, ancienne commissaire à la protection de la vie privée en Ontario

« Je ne sais pas comment il est utilisé dans ces centres, mais la plupart des logiciels de reconnaissance faciale peuvent être adaptés pour récolter des données supplémentaires », dit-elle.

« Je ne vais pas les croire sur parole quand ils disent qu’ils ne gardent pas (les images) et n’en font rien. Ils capturent certainement l'image du visage et en font une certaine utilisation, et je n’ai aucune idée où tout cela peut aller », ajoute l'experte.

Une technologie de plus en plus utilisée

L’utilisation de ce type de technologie est en hausse, d’après Glenn Tinley. S’il ne peut se prononcer sur l'utilisation que Cadillac Fairview fait du logiciel de reconnaissance faciale, il explique que, généralement, un appareil photo saisit certaines données du visage pour estimer l’âge, le sexe et même les émotions des gens, comme la colère ou la joie.

Glenn Tinley ajoute que le tout est ensuite chargé dans un fichier, qui est utilisé pour extraire les données qui seront fournies plus tard.

Ann Cavoukian encourage les clients inquiets de cette utilisation à s'exprimer. « Si les gens se prononcent contre cela, (les centres commerciaux) vont arrêter », pense-t-elle.

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