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  • Aux origines du régime public québécois de soins dentaires

    Une enfant d'âge préscolaire, la bouche grande ouverte, dont les dents sont examinées avec un instrument de dentiste.
    Visite d'une fillette chez le dentiste, en 1977 Photo: Radio-Canada / Magazine Le 60, 1er février 1977

    Devant l'absence d'une entente avec le gouvernement du Québec, des milliers de dentistes se sont retirés jeudi du régime public de soins dentaires. Depuis quand et pourquoi existe ce programme couvrant les frais dentaires pour les enfants et les assistés sociaux? La réponse dans nos archives.

    C’est le 13 juin 1969 que le gouvernement Bourassa crée la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), posant les bases d’un système de santé public.

    Rapidement, Québec décide d’élargir son régime universel d’assurance maladie à divers programmes.

    À partir de 1970, les examens optométriques sont couverts par la RAMQ. Le remboursement des soins dentaires pour les enfants suit en 1974, puis s’étend aux prestataires de l’aide sociale en 1979.

    Le 1er février 1977, près de trois ans après l’instauration de ce programme, le magazine Le 60 fait le point.

    L’animateur André Payette affirme en introduction que promettre un meilleur accès aux soins dentaires est alors « électoralement rentable et politiquement avantageux ».

    Le programme démarré en 1974 couvre les enfants jusqu’à 9 ans. En campagne électorale, le Parti québécois a promis de l’étendre aux jeunes de moins de 18 ans.

    Mais encore faut-il que les Québécois introduisent la visite annuelle chez le dentiste dans leurs habitudes de vie.

    Si moins de 30 % des enfants fréquentent le dentiste, c'est que les parents n'y croient pas suffisamment. Plusieurs ignorent même encore que l'assurance maladie couvre les services dentaires de base de leurs enfants.

    Michel Pelland

    Comme le constatent les journalistes Michel Pelland et Hélène Saint-Martin dans ce reportage, un grand travail d’éducation reste à faire. La fréquentation des dentistes a augmenté d’à peine 5 % depuis l’instauration de la gratuité des soins dentaires pour les enfants.

    « Nos enfants canadiens-français ne prennent pas assez soin de leurs dents », affirme le Dr Demirdjian en 1977. L’association des chirurgiens-dentistes du Québec (ACDQ) souhaite développer une approche préventive, plutôt que de recevoir les patients quand ils souffrent.

    Le travail de prévention prend lentement forme. Des classes de maternelle reçoivent par exemple la visite d’hygiénistes dentaires qui font la promotion d’une bonne santé dentaire.

    L’amenuisement d’un programme d’accessibilité aux soins dentaires

    Graduellement, le régime dentaire du Québec sera élargi pour atteindre les enfants de moins de 15 ans en 1980.

    Le gouvernement entre par la suite dans une période de contraintes budgétaires. La santé dentaire devient une cible facile pour les coupes.

    À partir de 1982, Québec n’assure plus les soins dentaires pour les enfants de 13 à 15 ans. En 1992, la couverture s’arrête désormais aux enfants de 10 ans et moins.

    Ce resserrement touche aussi les services optométriques. Depuis 1993, la gratuité des examens de la vue est limitée aux personnes de moins de 18 ans ou de plus de 65 ans ainsi qu’aux assistés sociaux.

    Le 16 juin dernier, les optométristes sont arrivés à une entente avec le gouvernement pour maintenir leur participation au régime public. Une négociation qui a tourné au conflit entre le gouvernement Couillard et l'Association des optométristes du Québec (AOQ).

    C’est maintenant au tour de l’Association des chirurgiens-dentistes du Québec de négocier avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

    Ce retrait du régime public, qui pourrait entrer en vigueur d’ici quelques semaines, priverait quelque 620 000 personnes de soins dentaires gratuits.

    Mais comme dans le cas des optométristes, un arrêté ministériel de Québec pourrait changer la donne.

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