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Des travailleurs de rang pour soutenir la santé psychologique des agriculteurs

Une femme et un homme observent des vaches dans un pré.

Des agriculteurs

Photo : Getty Images / Matthew Singer

Radio-Canada

L'Union des producteurs agricoles (UPA) de l'Estrie et de la Mauricie sont à la recherche de travailleurs de rang pour venir en aide aux agriculteurs.

Un peu à la manière du travailleur de rue, le travailleur de rang ira vers les agriculteurs pour apporter du soutien, détecter les premiers signes d’une détresse psychologique et référer aux bonnes ressources.

Le projet-pilote devrait être de trois ans, soit le temps nécessaire pour permettre au travailleur de rang de bien se familiariser avec le milieu et de développer une confiance auprès des agriculteurs, afin qu’ils soient à l'aise de se confier à lui.

L'embauche de deux travailleurs de rang (un en Estrie, un en Mauricie) devrait se faire au cours des prochaines semaines pour une entrée en fonction à l’automne.

La santé mentale est une préoccupation

Depuis quelques années, l’UPA met les bouchées doubles pour soutenir les agriculteurs. Le taux de suicide, dans cette profession, est deux fois plus élevé qu’au niveau de la population générale. L’isolement et le stress associé au travail font en sorte que plusieurs d’entre eux vivent de la détresse psychologique, et ne savent pas vers qui se tourner, quand ils n’osent tout simplement pas demander de l’aide par crainte d’être jugés.

« On sait que le stress est là, que ce soit au niveau financier, au niveau des transferts de ferme, que ce soit un deuil », soutient Lynne Martel, vice-présidente de l’UPA Estrie.

« Ce n'est pas évident à gérer, opine la productrice laitière Karine Moreau. Des agriculteurs, ce sont des gens fiers et forts tout le temps... on a tout le temps cette impression-là, donc lorsqu'il y a quelque chose qui ne va pas bien en dedans, c'est plus dur de l'extérioriser et d'aller chercher de l'aide. »

Elle explique toutefois que si certains d’entre eux consultent leur médecin, ce dernier n’est pas toujours en mesure de comprendre l’ampleur de la problématique. Impossible, par exemple, de suggérer de prendre quelques jours de congé lorsque la personne vit une période de surmenage.

« Cela a l’air un peu anodin, mais un deuil sur une ferme… en entreprise, tu as un congé de trois, quatre jours, mais quand tu as ta ferme, tu ne peux pas prendre un congé comme ça. »

Cela va peut-être être facilitant pour les travailleurs, cela va peut-être éviter des catastrophes.

Lynne Martel, vice-présidente de l'UPA Estrie

Lynne Martel rappelle d’ailleurs que le concept existe ailleurs, dans la province, et qu’il a fait ses preuves.

Estrie

Agro-industrie