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Hydro-Québec proposera la modulation de tarifs en périodes de pointe

Un compteur électrique

Photo : Radio-Canada / Danny Gosselin

Radio-Canada

Hydro-Québec, qui a demandé à la Régie de l'énergie la permission d'augmenter de 0,8 % les tarifs de ses clients résidentiels et de la majorité des clients d'affaires à compter du 1er avril 2019, entend leur offrir la possibilité de moduler ces tarifs lors des périodes de pointe.

Un texte de Bernard Barbeau

La société d’État compte en fait offrir à compter de décembre 2019 deux options de « tarification dynamique », des tarifs qui varieront en fonction des besoins de son réseau, pour faire face aux pointes hivernales.

« Ces options de tarification dynamique permettront aux participants de réduire leur facture s’ils modifient leurs habitudes de consommation », indique un communiqué.

« C’est essentiel pour nous d’offrir aux clients résidentiels un incitatif qui va leur permettre de mieux gérer leur consommation et, ultimement, de générer des possibilités d’économie sur leur facture », a expliqué en conférence de presse Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution.

« Il y a un objectif, également, pour Hydro-Québec qui est de pouvoir mieux gérer notre demande en puissance pendant les périodes de pointe en hiver, a-t-il ajouté. Ces périodes de pointe là, ce qu’on appelle "les heures critiques", représentent environ 100 heures par hiver. »

Il y a vraiment ici avec ces options une solution gagnant-gagnant, a estimé M. Filion

Hydro présente ainsi les deux options :

Crédit en pointe critique

  • Crédit de 50 ¢/kWh effacé à la demande d’Hydro-Québec
  • Aucun risque pour le client
  • Aucun changement de tarif


Tarif de pointe critique

  • Prix élevé en pointe : 50 ¢/kWh consommé jusqu’à concurrence de 3 % des heures en période d’hiver
  • Prix faible le reste du temps : réduction d’environ 2 ¢/kWh par rapport au tarif D en période d’hiver

Les demandes d’effacement d’Hydro-Québec viseront un maximum de 100 heures par hiver, ce qui correspond au nombre d'« heures critiques ».

La société estime que ses clients qui choisiraient l'une ou l'autre de ces options pourraient faire des économies allant jusqu'à 150 $ par hiver. Mais ce seront ceux qui seront équipés en conséquence, souligne Jean-Thomas Bernard, professeur invité au département de science économique de l’Université d’Ottawa, en entrevue à ICI RDI.

Ça prend des clients résidentiels qui ont des systèmes d’appoint, donc ceux qui ont un poêle à bois suffisant.

Jean-Thomas Bernard, de l’Université d’Ottawa

Si ce système de tarification variable doit être proposé sur une base volontaire, on pourrait imaginer qu’il soit un jour imposé à tous.

« Ce n’est pas impensable qu’à plus long terme, on fasse comme l’Ontario [où la modulation se fait une base quotidienne]. Au Québec, on aurait une base annuelle. C’est-à-dire que l’hiver, ce serait beaucoup plus cher pour quelques périodes, avance M. Bernard. Évidemment, il faudra essayer de trouver des alternatives, parce que le chauffage, en hiver, on en a besoin! »

Entrevue avec Jean-Thomas Bernard, de l’Université d’Ottawa

Une hausse en deçà de l'inflation

La société d’État souligne dans son communiqué que l'augmentation de 0,8 % qu'elle souhaite imposer est inférieure au taux d’inflation prévu pour l’année 2019, qui est de 1,8 %.

Elle note que, « pour la quatrième année de suite, [elle] respecte son engagement en demandant à la Régie de l’énergie une hausse tarifaire sous l’inflation ». Elle avait pris cet engagement dans son plan stratégique 2016-2020.

Ce que ça représente pour un petit logement – un logement de cinq et demi – on parle d’un changement de 23 ¢ sur la facture par mois; pour une petite maison, de 69 ¢ par mois; pour une maison moyenne, de 1,60 $ par mois; et finalement pour une grande maison, de 2,44 $ par mois.

Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution
Plan moyen de M. Filion.

Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution, a présenté les propositions d'Hydro-Québec en conférence de presse.

Photo : Radio-Canada

Hydro avait aussi souhaité majorer ses tarifs de 1,1 % l'an passé, mais la Régie ne lui avait accordé qu'une hausse de 0,3 %.

L'électricité demeure bien moins chère et plus prévisible au Québec que dans la majorité des marchés du Canada et des États-Unis, a rappelé M. Filion.

Il a aussi noté qu'au cours des 20 dernières années, le coût de l'électricité a augmenté de 26 % au Québec, alors que l'indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 40 %, et que les hausses ont été de 62 % pour un panier d'épicerie, de 82 % pour l'essence à la pompe et de 114 % pour l'assurance-habitation.

Selon Hydro, l'augmentation demandée s’explique principalement par :

  • la hausse de certains coûts de distribution : +0,1 %;
  • l’impact des investissements dans le réseau transport à haute tension et des activités de maintenance, qui permettront d’assurer un service fiable et sécuritaire : +1,2 %;
  • l’augmentation des coûts d’achat d’électricité : +2,2 %.

Elle ajoute que deux principaux éléments lui permettent de limiter à 0,8 % la hausse demandée :

  • la croissance de la demande d’électricité découlant notamment d’une stratégie d’augmentation des ventes : −2,4 %;
  • l’effet des températures des derniers hivers : −0,3 %.

Hydro-Québec se dit en mesure de retourner ainsi à sa clientèle un montant de 46 millions de dollars provenant des écarts de rendement de 2017.

Hydro a aussi demandé à la Régie de faire passer la première tranche de consommation de 36 à 40 kilowattheures (kWh). Les clients auront ainsi droit à 4 kWh de plus par jour au prix le plus bas, ce qui contribuera à l’allégement de leur facture.

Elle maintiendra ses programmes de soutien aux ménages à faible revenu, qui visent à soutenir le paiement des factures et de la dette de certains clients qui ont conclu une entente de paiement et à leur offrir des programmes d'efficacité énergétique les aidant à réduire leur consommation.

Au cours des prochains mois, la Régie de l'énergie et d’autres intervenants examineront les propositions d’Hydro-Québec, notamment lors d’audiences publiques. Au terme de l’exercice, en mars 2019, la société d’État obtiendra ou non la permission d’aller de l’avant le mois suivant.

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