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Doug Ford ampute le conseil municipal de Toronto; le maire et les conseillers divisés

Le premier ministre ontarien Doug Ford Photo: La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Radio-Canada

Le maire de Toronto, John Tory, réclame un référendum avant toute réduction du nombre de conseillers municipaux dans la Ville Reine, dénonçant le plan « unilatéral » et « sans une once de consultation » du premier ministre Doug Ford.

M. Ford veut amputer immédiatement le nombre de sièges au conseil municipal pour les faire passer de 47 à 25, critiquant les heures de débats inutiles à l'Hôtel de Ville, qui bloquent notamment l'expansion du réseau de transport en commun, selon lui.

Les conservateurs font miroiter des économies de 25,5 millions de dollars sur quatre ans.

Toutefois, cette annonce survient vendredi, le jour de clôture initialement prévu pour les mises en candidature et alors que certains candidats ont déjà amorcé leur campagne en prévision des élections d'octobre.

Personne ne m'a jamais dit : "Doug, on a besoin de plus de politiciens."

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

M. Ford ajoute que la carte électorale à 25 arrondissements qu'il met de l'avant dans son projet de loi reflète les frontières des circonscriptions fédérales existantes.

Il se défend de n'avoir jamais parlé de la question durant la récente campagne provinciale; il affirme qu'il a consulté des milliers de personnes à ce sujet, sans donner de détails.

Alors que M. Ford était conseiller municipal et que son frère Rob Ford était maire, les deux hommes avaient tenté en vain de sabrer la taille du conseil municipal.

Les candidats aux élections municipales à Toronto auront maintenant jusqu'au 14 septembre, plutôt que ce vendredi, pour officialiser leur candidature, a déclaré le gouvernement provincial.

Gouverne comme un « roi »

Andrea Horwath, chef du NPDAndrea Horwath, chef du NPD Photo : Radio-Canada

La chef de l'opposition provinciale, la néo-démocrate Andrea Horwath, affirme que M. Ford agit comme un roi, qui gouverne par édits.

Les libéraux ajoutent que le chef conservateur sème le chaos. L’annonce bizarre du gouvernement Ford de s’ingérer dans les élections municipales en Ontario est gravement préoccupante, soutient un communiqué du parti.

Le maire Tory qualifie le plan du nouveau premier ministre d'irrespectueux, soulignant que la population n'a jamais été consultée, ce qui va à l'encontre des promesses de Doug Ford de gouverner pour le peuple.

C'est un changement qu'on nous enfonce dans la gorge.

John Tory, maire de Toronto
Un homme portant un complet gris et une chemise blanche devant un microphoneLe maire de Toronto, John Tory Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

M. Tory accuse aussi Doug Ford de changer les règles du jeu en plein milieu de la partie, alors que la campagne municipale est en cours et que des centaines de candidats ont déjà dépensé de l'argent pour faire leur promotion.

Le maire ne s'oppose pas a priori à une réduction du nombre de conseillers, mais affirme que toute réforme devrait être approuvée au préalable par le public. Il suggère d'ajouter une question à ce sujet sur les bulletins de vote en octobre.

« République de bananes »

Pour sa part, le politologue Peter Graefe de l'Université McMaster de Hamilton remet en question les économies promises par M. Ford, soulignant que les nouveaux conseillers devraient vraisemblablement embaucher plus de personnel pour servir de plus grands arrondissements.

Il y a un aspect république de bananes quand on s’ingère dans les élections locales.

Peter Graefe, politologue

Divisions à l'intérieur de la Ville

La question divise les conseillers municipaux.

La conseillère du centre-ville Krystin Wong-Tam accuse Doug Ford de faire fi d'années de consultations qui avaient mené à la modification de la carte électorale pour le scrutin d'octobre. Trois sièges avaient été ajoutés afin de mieux refléter la croissance de la population, particulièrement au centre-ville.

Son collègue Justin Di Ciano rétorque que ce processus était bancal. Le neveu de Doug Ford, le conseiller Michael Ford, affirme que la question a été étudiée ad nauseam et qu'il était temps de passer à l'action.

Jim Karygiannis, un autre conseiller de la périphérie de la ville, ajoute ceci : Le système actuel accorde une plus grande représentation au centre-ville de Toronto qu'à la périphérie, ce qui signifie que la volonté des résidents du centre-ville passera avant celle des Torontois de la périphérie.

Le portrait d'un hommeLe conseiller municipal Jim Karygiannis Photo : Radio-Canada / Mark Bochsler/CBC News

Pour sa part, le conseiller Mike Layton, le fils de l'ancien chef néo-démocrate Jack Layton, accuse le maire Tory d'avoir conclu une entente secrète avec Doug Ford. Toronto a besoin d'un meilleur leader, dit-il. Selon M. Tory, M. Ford lui avait mentionné il y a quelques jours qu'il avait l'intention de réformer la carte électorale municipale, mais sans lui révéler qu'il allait agir aussi rapidement et unilatéralement.

Pas de présidents régionaux à certains endroits en banlieue

Le premier ministre Doug Ford annule aussi l'élection de présidents régionaux à York, Peel, Niagara et Muskoka, affirmant qu'il veut rétablir le système qui était en vigueur avant 2016. La chef du NPD ontarien, Andrea Horwath, se demande quant à elle si M. Ford ne cherche pas à se débarrasser d'opposants. L'ex-ministre libéral Steven Del Duca briguait la présidence dans la région de York, alors que l'ex-chef conservateur Patrick Brown, qui a croisé le fer avec Doug Ford, tentait un retour en politique comme président de la municipalité régionale de Peel.

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