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Exclusif

L'amphithéâtre de Trois-Rivières a coûté 2,1 millions de dollars aux contribuables en 2017

Amphithéâtre, on voit la scène de côté

Amphithéâtre Cogeco à Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'exploitation de l'amphithéâtre de Trois-Rivières a coûté 2,1 millions de dollars aux contribuables trifluviens en 2017, selon des documents obtenus par Radio-Canada. Ce montant comprend des frais de gestion de 1,7 million de dollars versés à la Corporation des événements de Trois-Rivières pour y tenir des spectacles et des dépenses relatives à la bâtisse comme l'électricité, le nettoyage et le déneigement à la hauteur de 430 000 $.

Un texte d'Amélie Desmarais

La corporation conserve la totalité des revenus générés par la vente de billets soit près de 6,2 millions de dollars en 2017. La Ville de Trois-Rivières, elle, se charge de rembourser la dette liée à la construction de l'amphithéâtre, ce qui représente un montant de presque 864 000 $ pour 2017.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, affirme que l'amphithéâtre est l'installation culturelle la plus rentable de la Ville et que de nombreux organismes culturels obtiennent une proportion beaucoup plus importante de financement public.

« Moi je ne m'attends pas à ce que ça s'autofinance au niveau des revenus versus les dépenses » explique la conseillère du district Des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, qui souligne que, selon elle, c'est le prix à payer pour la visibilité qu'offre l'amphithéâtre et ses spectacles à la Ville.

« Si une entreprise voulait cette visibilité-là, il faudrait payer beaucoup plus que 2 millions selon moi », estime la conseillère municipale.

Surplus?

Après plus de trois ans d'exploitation, la salle de spectacle extérieure est loin de la rentabilité ou même de l'autofinancement évoqué au début.

L'éditorialiste au quotidien Le Nouvelliste, Martin Francoeur, se souvient qu'en 2010, il avait même été question de générer un léger surplus au cours de la première année d'opérations.

« En 2015, on a dit pour la première année, on va donner une subvention non récurrente de 1 million pour les opérations et, finalement, cette subvention est devenue récurrence, souligne-t-il. La Corporation des événements de Trois-Rivières ne pourrait plus s'en passer aujourd'hui. »

Le directeur général de la Corporation des évévements de Trois-Rivières, Steve Dubé, affirme qu'il serait possible au cours des prochaines années de trouver davantage de contributions du secteur privé, comme c'est le cas chaque année, et d'offrir des spectacles en juin, ce qui n'a pas été possible au cours des quatre premières saisons en raison de travaux dans l'enceinte. Il précise toutefois qu'il ne serait pas possible de fonctionner sans une subvention de la Ville.

« Ça prend une contribution de la Ville pour soutenir nos opérations comme l'ensemble des équipements culturels à Trois-Rivières ou au Québec », plaide-t-il.

Gens sur la scène qui font de l'acrobatieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Cirque du soleil a présenté un numéro de son spectacle Juste une p'tite nuite, à 48h de la première, à l'amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Le chercheur à l'Institut économique de Montréal et professeur à l'école des Hautes études commerciales, Germain Belzile, affirme qu'il n'était pas réaliste de croire qu'un amphithéâtre saisonnier puisse être rentable.

« Il est assez rare que les projets soient aussi roses que ce qu'on avait planifié au départ », explique-t-il. Selon lui, les amphithéâtres publics ne sont presque jamais rentables et ce même si plus de 50 % des spectateurs proviennent de l'extérieur comme c'est le cas pour les spectacles à l'amphithéâtre.

« Une étude des retombées économiques qui serait vraiment faite sérieusement ne tiendrait compte que de ce qui vient de l'extérieur et là ça prendrait des gros montants pour justifier 2 ou 3 millions de dollars par année de déficit, parce qu'après tout, il ne faut pas oublier que c'est une infrastructure saisonnière. »

Sans remettre en question les retombées positives de l'exploitation de l'amphithéâtre, plusieurs conseillers comme Pierre-Luc Fortin souhaiteraient que la Ville réduise sa contribution à la Corporation des événements de Trois-Rivières dans le futur. « On veut que ce soit le plus rentable possible », lance le conseiller du district des Estacades.

Un groupe de travail composé d'élus évalue présentement la contribution de la Ville aux différents événements et organismes culturels en prévision du budget. Un effort supplémentaire pourrait leur être demandé l'an prochain.

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