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Les employés de Cameco sous le choc des licenciements, selon un syndicaliste

Le reportage de Marianne Meunier
Radio-Canada

Les employés licenciés par le producteur d'uranium Cameco en Saskatchewan disent avoir été surpris de la décision de l'entreprise de prolonger indéfiniment la suspension temporaire de la production.

« On nous a dit encore hier [mercredi] que nous allions retourner à nos postes en novembre 2018 », s'étonne le président de la section locale 8914 du Syndicat des Métallos, Denis O'Hara, qui représente les employés de Cameco. M. O'Hara a lui aussi perdu son emploi.

Cameco a annoncé mercredi que 550 employés des sites miniers de Key Lake et McArthur River ont été licenciés, en plus de 150 autres au siège social à Saskatoon.

Certains employés avaient déjà été mis à pied temporairement en novembre lorsque la compagnie avait suspendu sa production à ses deux sites en raison d'un surplus d'uranium sur le marché.

La suspension devait originalement durer 10 mois, mais le président et directeur général de Cameco, Tim Gitzel, explique que le marché de l'uranium est encore plus mauvais qu'avant.

Tim Gitzel dit que le marché s'est détérioré depuis le désastre nucléaire de Fukushima en 2011.

Les Japonais ont fermé rapidement 54 réacteurs, ce qui correspondait à environ 20 % du marché mondial. Ça a eu un énorme impact.

Tim Gitzel, président et directeur général, Cameco

« Incrédulité et déception »

Denis O'Hara affirme que jamais Cameco n'a prononcé un mot sur le fait que l'arrêt temporaire de la production pourrait devenir permanent.

Il dit que le moral des employés actuels et passés est bas et que les gens connaissent « beaucoup d'émotions » qui incluent « l'état de choc, l'incrédulité et la déception ».

Selon lui, plusieurs personnes croyaient qu'ils seraient de retour au travail cet hiver.

L'année dernière, quand les mises à pied temporaires ont commencé, Cameco a indiqué aux employés qu'ils allaient être payés à 75 % de leur salaire de base et conserver leurs avantages sociaux durant cette période.

Maintenant qu'ils ont été licenciés, les employés ont maintenant le choix d'être mis pendant 36 mois sur liste d'appel ou encore de mettre officiellement un terme à leurs emplois et de recevoir une indemnité de départ, que Denis O'Hara ne considère pas très élevée.

Un impact dans le Nord

Le maire de La Ronge, une petite communauté hébergeant de nombreux employés de Cameco, est inquiet de l'impact sur sa ville.

« Ce sont des gens qui ont fait de bons salaires et se sont installés dans le Nord », dit Ron Woytowich, en ajoutant qu'il n'y a pas d'emplois équivalents à ceux de Cameco. Il croit que bon nombre d'entre eux vont quitter la communauté.

C'est un moteur économique massif dans nos communautés et ça va nous atteindre.

Ron Woytowich, maire de La Ronge

Il ajoute qu'il y aura un coût économique énorme si les gens quittent La Ronge et les autres petites communautés du Nord.

Avec les informations de CBC

Saskatchewan

Relations de travail