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La Gaspésie a été abandonnée par tous les gouvernements, selon Matthias Rioux

L'ancien député de Matane et ministre du Parti québécois, Matthias Rioux, a réalisé sa soutenance de thèse de doctorat le 1er mai à l'Université Laval.
L'ancien député de Matane et ministre du Parti québécois Matthias Rioux a réalisé sa soutenance de thèse de doctorat le 1er mai à l'Université Laval. Photo: Radio-Canada / Bernard Huard
Radio-Canada

La Gaspésie a été abandonnée par tous les gouvernements. C'est le constat que fait l'ex-ministre péquiste Matthias Rioux à la suite de la rédaction de sa thèse de doctorat sur le développement socio-économique de la Gaspésie.

Un texte de Martin Toulgoat

De passage dans la région, l’ancien homme politique et animateur de 85 ans a tenu à présenter, aux côtés du député sortant de Gaspé, Gaétan Lelièvre, les grandes lignes de sa thèse de doctorat intitulée : La Gaspésie dans tous ses États : grandeurs et misères du développement régional au Québec.

Je suis Gaspésien, je suis un gars de Rivière-à-Claude, le village le plus dévitalisé du Québec. N'allez pas croire que je m’en fais une gloire.

Matthias Rioux, ex-ministre péquiste et député de Matane

L’agonie de son patelin l’attriste et le frustre.

De voir mon village péricliter, devenir presque inexistant si les choses continuent de la sorte, ça m’interpelle, ça m’attriste, et il y a des jours, ça me révolte, se désole-t-il.

Selon M. Rioux, qui a notamment été ministre du Travail, les gouvernements qui ont dirigé la province au cours des 50 dernières années ont développé la Gaspésie selon un modèle urbain et non rural, c'est-à-dire en tentant de créer des pôles d'économie. Un modèle qui ne colle pas à la peau de la Haute-Gaspésie, juge l'ex-politicien.

Chemin piétonnier en bois longeant la plage, et une série de résidences.La municipalité de Sainte-Anne-des-Monts en Haute-Gaspésie. Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

Les nombreuses entrevues et recherches réalisées pour la rédaction de sa thèse de doctorat lui ont permis de constater que ce modèle de développement a été un échec, notamment avec la chute d’usines comme Papiers Gaspésia à Chandler ou les mines et la fonderie de cuivre de Murdochville.

Une décentralisation qui n'est jamais venue

Les gouvernements du Québec, quels qu’ils soient, n’ont jamais osé poser un geste voulu, pendant des décennies, par les Gaspésiens : la décentralisation, explique l’enseignant de formation. Les Gaspésiens n’ont jamais demandé plus d’argent, ils ont demandé du pouvoir, des gouvernements régionaux, pas un gouvernement ne leur a accordé un brin de pouvoir régional.

Des Gaspésiens stigmatisés

Selon lui, ce manque d’implication politique dans la région peut s’expliquer par la perception populaire que les différents gouvernements ont alimentée à l’endroit des Gaspésiens au cours des décennies.

La région de la Gaspésie a été stigmatisée. C’est une région pauvre, peu peuplée, farcie de gens non instruits et qui vivent de l’assurance-emploi ou de la sécurité du revenu, mais ce que j’ai découvert, avec mes recherches, c’est qu’aujourd’hui, il y a de la matière grise en Gaspésie.

Matthias Rioux, ex-ministre péquiste et député de Matane
À 85 ans, Matthias Rioux vient de compléter un doctorat en sociologie politique et développement régional à l'Université Laval.À 85 ans, Matthias Rioux vient de compléter un doctorat en sociologie politique et développement régional à l'Université Laval. Photo : Radio-Canada

Vis-à-vis ce constat d’échec, Matthias Rioux rêve d'une prise en charge par les acteurs du milieu, pour relancer l'économie, avec l'aide d'institutions qui assureraient le capital de risque nécessaire.

« Que la Caisse de dépôt, que le Fonds de solidarité de la FTQ, Desjardins capital régional coopératif et Fondaction décident d’investir un milliard en Gaspésie et qu’ils disent aux communautés locales : "on va faire ça ensemble, on va avancer le capital de risque et vous autres, vous allez utiliser ce financement pour faire votre développement, selon votre génie". »

Celui qui a été député de Matane de 1994 à 2003 s’explique mal qu’aucun parti politique n’ait encore présenté une politique de développement régional à quelques semaines du déclenchement des élections provinciales.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Politique provinciale