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Profil de l'électorat : qui se rendra aux urnes le 24 septembre?

Une main dépose un bulletin de vote dans une urne.
Qui sont les Néo-Brunswickois qui se rendront aux urnes le 24 septembre? Photo: iStock

Âge, sexe, langue maternelle, diplôme et revenu : quel est le profil des électeurs qui iront voter le 24 septembre au Nouveau-Brunswick? La réponse en graphiques analysés par un spécialiste des sondages.

Un texte d'Anaïs Brasier

Plusieurs facteurs influencent les électeurs lorsque vient le moment de voter. Nos valeurs, nos expériences et nos besoins diffèrent. Certains de ces facteurs ne sont pas quantifiables, mais d’autres, comme l’âge, le sexe et la langue maternelle ainsi que leur influence sur les résultats, peuvent être analysés.

Langue maternelle

La grosse différence, c'est la langue, lance d'emblée Don Mills, cofondateur et président de la firme de sondages Corporate Research Associates, qui explique que le soutien de la population à l'égard des partis dépend beaucoup de la langue au Nouveau-Brunswick.

Les libéraux ont un énorme avantage auprès des francophones, dit-il. Et pas besoin de remontrer très loin dans le temps pour comprendre : aux élections de 2014, le nord de la province a voté majoritairement pour les libéraux, alors que le sud-ouest de la province a plutôt appuyé le Parti progressiste-conservateur. Dans le Sud-Est, ajoute Don Mills, c'est plus compétitif.

Les francophones représentent plus de 30 % de la population du Nouveau-Brunswick.

Si les progressistes-conservateurs ont des candidats francophones solides, ils ont plus de chances de remporter le vote francophone.

Don Mills, cofondateur et président de la firme de sondages Corporate Research Associates

Pour les progressistes-conservateurs, la seule façon de l'emporter est donc d'avoir des candidats francophones très forts, explique Don Mills. Et avec un chef unilingue anglophone, c'est un défi encore plus gros. C'est difficile de croire que les progressistes-conservateurs pourraient l'emporter sans une percée chez les francophones.

Âge

Les progressistes-conservateurs sont plus populaires auprès des personnes plus âgées, alors que les libéraux et le Nouveau Parti démocratique attirent davantage les jeunes, explique Don Mills. Ce phénomène n'est pas propre aux générations actuelles, ajoute-t-il. Il est observable depuis plus de 40 ans : C'est un peu un cycle de vie, on passe par une sorte de changement de pensée. [...] On est plus prêt à prendre des risques quand on est jeune, on est moins soucieux des enjeux économiques et financiers.

Sur ce point, la démographie du Nouveau-Brunswick pourrait être avantageuse pour les progressistes-conservateurs, puisque plus de la moitié des personnes en âge de voter a 40 ans ou plus.

Qui plus est, le taux de participation, plus précisément la proportion de personnes qui se rendent aux bureaux de vote le jour des élections comparativement aux personnes ayant le droit de voter, est plus élevé chez les personnes plus âgées, explique Don Mills.

Sexe

Les femmes ont tendance à être plus intéressées par les problèmes sociaux que les hommes, qui sont plutôt intéressés par les questions économiques, souligne Don Mills. De ce fait, les libéraux sont souvent plus populaires auprès des femmes et les progressistes-conservateurs, auprès des hommes.

À tort ou à raison, les femmes ont souvent les rôles de soignantes des enfants et des personnes âgées dans notre société, elles sont donc plus intéressées par les soins de santé, la sécurité financière et l'environnement.

Don Mills, cofondateur et président de la firme de sondages Corporate Research Associates

Au Nouveau-Brunswick, les femmes sont légèrement plus nombreuses que les hommes. Mais encore une fois, le taux de participation pourrait diminuer leur poids politique.

Revenu des particuliers et éducation

Le revenu des particuliers et le niveau d'éducation sont généralement interreliés, selon Don Mills. Ces facteurs ont peu d'incidences prouvées sur les partis pour lesquels les électeurs votent. Par contre, plus les électeurs sont éduqués et plus ils ont un salaire élevé, plus ils auront tendance à se rendre dans les bureaux de scrutin le jour du vote, ajoute-t-il.

Le revenu total s'entend des rentrées d'argent de certaines sources, avant impôts sur le revenu et autres retenues, au cours d'une période de référence donnée, peut-on lire sur le site de Statistique Canada (Nouvelle fenêtre).

De plus en plus difficile à prévoir

Il est de plus en plus difficile de prévoir le résultat des élections, parce que les taux de participation baissent depuis 20 ou 30 ans, conclut Don Mills, qui réalise des sondages depuis longtemps.

D'ailleurs, le Nouveau-Brunswick a connu un taux de participation particulièrement bas en 2014. Selon Élections NB, seulement 64,65 % des personnes inscrites sur les listes électorales se sont rendues dans un bureau de vote.

Tout le monde devrait aller voter. Nous devons participer au processus démocratique. Faites en sorte que votre vote compte. C'est trop facile de perdre nos droits et libertés si nous ne les exerçons pas.

Don Mills, cofondateur et président de la firme de sondages Corporate Research Associates

C'est pourquoi le taux de participation est si important dit-il. Certaines catégories de personnes décident de ne pas aller voter et ça change tout. C'est notamment ce qui s'est produit aux dernières élections aux États-Unis, où bon nombre de démocrates n'ont pas voté parce qu'ils n'aimaient pas Hillary Clinton. 

Les données étudiées ci-dessus datent du plus récent recensement de Statistique Canada, en 2016.

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