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Une mutation du VIH en Saskatchewan alarme la communauté scientifique

Illustration du VIH

Photo : iStock

Radio-Canada

La progression anormalement rapide du VIH en Saskatchewan est due à une mutation du virus lui permettant de résister à la réponse immunitaire déclenchée par les personnes infectées, affirme une étude menée par des universitaires de la Colombie-Britannique.

Une mutation clé a été trouvée dans plus de 80 % des souches du VIH en Saskatchewan, alors qu’elle n’est présente que dans 25 % des souches en Amérique du Nord. Elle permet au virus de résister aux défenses naturelles mises en place par le corps humain en cas d’infection, et la personne infectée présente alors plus rapidement le syndrome d’immunodéficience acquise, ou sida.

À l’instar des autres souches, le virus porteur de la mutation se transmet par certains fluides corporels uniquement.

Les résultats de cette étude sont inquiétants, mais la bonne nouvelle, c’est qu’une fois que les gens sont testés on peut immédiatement leur donner le traitement qui peut les sauver.

Dre Zabrina Brumme, auteure principale de l’étude et professeure associée à l'Université Simon Fraser

Les auteurs de l'étude affirment que les traitements antiviraux actuels fonctionnent aussi bien sur les sources de VIH immunorésistantes que sur les souches ne portant pas cette mutation.

Bien que ces résultats confirment les observations faites sur le terrain, les chercheurs sont surpris de la prévalence des mutations résistantes. Elles ont été détectées dans plus de 98 % des échantillons collectés récemment, et leur présence augmente avec le temps.

Les analyses faites entre 2015-2016 contenaient au moins une mutation majeure.

L'urgence chez les Autochtones

Près de 80 % des personnes infectées se réclament de lignée autochtone, affirme l’étude.

Ces résultats ajoutent à l’urgence de résoudre l’épidémie en Saskatchewan, où le fardeau de l’infection se concentre chez les plus marginalisés.

Dr Julio Montaner, directeur, centre de Colombie-Britannique pour l’excellence en VIH/sida

Pour la Dre Alexandra King, qui occupe la chaire inaugurale de Cameco en santé autochtone à l’Université de la Saskatchewan, ces résultats démontrent l’importance de travailler en partenariat avec les communautés autochtones, pour mieux répondre aux « besoins complexes des personnes touchées par l’épidémie ».

On sait que le VIH ne reste pas confiné à une zone géographique, il se répand. Nous devons travailler ensemble pour faire des tests VIH une routine, exempte de honte.

Dr Jeffrey Joy, coauteur de l’étude

Les auteurs insistent sur l’importance de se protéger sa santé, de faire des tests et d’accéder à un traitement anti VIH dès que le diagnostic est posé.

Adapter les politiques de santé

La Saskatchewan compte le taux d’incidence le plus élevé d’Amérique du Nord. Il atteint plus de 10 fois la moyenne nationale, dans certaines régions.

Cette meilleure compréhension va améliorer le ciblage et l’évaluation des stratégies de prévention pour aider à lutter contre la propagation du virus.

Dr Paul Sandstrom, coauteur de l’étude

Le budget provincial 2018-2019 de la Saskatchewan attribue 600 000 $ d’investissement pour les frais de médicaments contre le VIH, dont la thérapie antivirale et les traitements préventifs à l’exposition.

Le Dr Julio Montaner cite en exemple le succès de la politique mise en place en Colombie-Britannique. La province offre un accès universel au traitement immédiatement après le diagnostic. La stratégie est efficace et économique, et mène à une baisse régulière de la morbidité et de la mortalité de VIH/sida, affirme le Dr Montaner.

L’analyse a été menée sur plusieurs années. Plus de 2300 échantillons anonymes prélevés en Saskatchewan ont été comparés avec des données provenant des États-Unis et du Canada.

Saskatchewan

Recherche médicale